‹ L'infortune du Poète GilbertChapitre 7 sur 19 · AYANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AYANT-PROPOS

J'aurais voulu, dans une thèse de médecine, exposer ce qu'un médecin doit penser du poète Gilbert. Il ne nous est pas fout à fait étranger, puisqu’un tableau de Sélim, le montrant sur son lit d'hôpital, et quelques-unes de ses strophes, inscrites sous les galeries de la Cour d'honneur, conservent son souvenir à l’Hôtel-Dieu. Il me l’est moins encore : Ma mémoire a souvent retenti de ses vers, comme celle de tant de peintres et d'écrivains qui se sont attendris publiquement sur sa misére. Fe

Le travail que j'apporte est loin d’être complet. C’est le début d’une étude, Plus d’une fois j'aurai l’air d’un profane, en parlant. Mais c'est toujours en profane qu'on aborde un problème, C'est toujours avec des idées plus ou moins bizarres en tête, quand on en a plusieurs, et, pas toujours avec la bonne, quand on en a qu'une. Le nom d'hypothèse peut les annoblir, il ne les rend pas meilleures. Tout est dans la méthode avec laquelle on en fait l'examen. Il n’est même pas exigé d'aboutir : La route est parfois trop longue. Comme on n'est pas plus maître du point où l’on va que de celui d'où l’on part, il suffit d'avancer, et la vérité qui se livre un peu plus à chacun des pas accomplis, justifie ceux qui marchent vers elle, sans jamais pouvoir servir à les condamner.

Quant à l'essai que voici, n’a-t-il pas son utilité, s’il permet à quelqu'un de poursuivre mes bien modestes recherches ?

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