CHAPITRE II
En effet la formation et la mise en mouvement « des fleurs de lotus ne suffit pas. L’homme doit être en mesure de régler et de contrôler librement et en pleine conscience l’activité de ses organes astrals, sinon il deviendrait un jouet des influen-" ces extérieures. Pour éviter cet écuei!, il faut qu’il acquière le pouvoir d’entendre le « verbe intérieur », et qu’il développe à cette intention non seulement le corps astral, mais aussi le corps éthérique, c’est-à-dire cet organisme subtil qui apparaît aux clairvoyants comme une sorte dem doublure du corps physique. Il sert en quelque sorte d’intermédiaire entre le corps et levéhiculem astral. Si l’on est doué de clairvoyance, on peut , très consciemment faire abstraction en considé-« rant un homme de son corps physique. Il n’y a
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là qu’un effet de l’attention transposée dans un monde supérieur. De même que l’homme normal peut détourner son attention d’un objet qui est devant lui de façon à perdre de vue son existence, de même le clairvoyant peut en quelque sorte éteindre le corps physique pour ses facultés de perception de façon à le rendre positivement transparent : de la sorte son œil astral ne perçoit plus que le corps éthérique et le corps astral qui pénètre et dépasse les deux autres.
Le corps éthérique a, à peu près la grandeur et la forme du corps physique, de sorte qu’il remplit approximativement le même espace que lui. C’est un organisme particulièrement subtil et délicat, sa couleur fondamentale ne ressemble à aucune des sept couleurs de l’arc-en-ciel. Celui qui peut le percevoir apprend à connaître une couleur nouvelle qui n’existe pas pour l'œil physique. Elle ressemble de loin à la nuance de la fleur nouvellement éclose du pêcher. Si l’on veut borner son observation au corps éthérique, il faut également supprimer le corps astral du champ de sa vision par un exercice d’attention analogue à celui que nous avons décrit plus haut, car si l'on ne peut réaliser cette abstraction, l'aspect du corps éthérique se modifie très sen-
blement par suite de la pénétration de la subs- | tance astrale.
Or, chez tout homme, les particules qui composent le corps éthérique sont en état de mou-« vement perpétuel. D'innombrables courants le“ parcourent en tous sens. Ces courants alimentent et réglementent la vitalité. Tout être vivant possède un corps éthérique de cette nature. Les plantes et les animaux en ont un, et l'observateur attentif en découvre des rudiments jusque chez les minéraux.
Les courants et les mouvements en question échappent au début à la volonté et à la conscience ” humaine, de même que dans le corps physique “ les fonctions du cœur et de l’estomac sont indépendantes de la volonté. Aussi longtemps que! l’homme n’a pas pris en mains son développement en vue de l’acquisition des pouvoirs supérieurs, cet automatisme persiste, et l’évolution occulte consiste dans un certain stade précisément à remplacer ces courants et ces mouvements éthériques involontaires par d’autres soumis à l’action de la volonté humaine. ;
Lorsque l'étudiant en est arrivé au point où les fleurs de lotus décrites dans le chapitre précédent commencent à se mouvoir, il reçoit de son instructeur des directions qui ont pour but
d'éveiller dans son corps éthérique des mouvements et des courants déterminés. Le but de ces prescriptions est de constituer dans le voisinage du cœur physique une sorte de centre qui serve de point de départ aux courants et aux vibrations dans toute l’infinie variété de leurs formes et de leurs couleurs. Ce point central n’est en réalité nullement un simple point, mais bien une formation très complexe, un organe prodigieux. Il brille et scintille de mille couleurs éclatantes et engendre sans interruption des formes d'une régularité géométrique qui se modifient rapidement. D’autres formes, d’autres courants colorés partent de cet organe pour parcourir toutes les les autres parties du corps éthérique et le dépassent même pour circuler à travers le corps astral qu'ils illuminent. Les plus importants de ces courants aboutissent aux fleurs de lotus; ils circulent dans chaque pétale et contrôlent les mouvements de rotation, puis ils fusent au dehors par les pointes des pétales pour se perdre dans l'espace. Plus un homme est évolué et plus le champ est vaste où ces courants se propagent.
Il existe des rapports particulièrement étroits entre ce centre et la « fleur à douze pétales ». C'est «là que la circulation des courants les porte tout | d’abord et c’est là qu’ils se ramifient pour aboutir
six et quatre pétales. C’est à cause de cette dispos sition que le développement de la fleur à douze pétales réclame les soins les plus attentifs da 1s la discipline occulte. Si une erreur s'y glissé organisme tout entier s’en ressent. Par ce qu nous venons de dire on peut se rendre compte combien le développement occulte est de nature délicate et intime et avec quelle exactitude 4 faut procéder pour que tout évolue normalement Et sans aller plus loin il est aisé de comprendi également pourquoi ceux-là seuls peuvent donne des instructions en vue de la culture des pou voirs occultes qui ont expérimenté personnelle ment toutes les phases du progrès qu’ils veulent réaliser chez autrui et qui, par suite, sont plei ment en mesure de reconnaître si leur enseigne ment produit les résultats voulus.
Lorsque le disciple accomplit rigoureusemen!
toutes les prescriptions données, il produit dans son organisme éthérique des courants et dé vibrations qui sont en harmonie avec les lois l’évolution de l’ensemble cosmique aug l'homme appartient. C’est pourquoi, ces pr
de l’évolution universelle. Elles consistent
es
exercices de méditations et de concentration sur des sujets déterminés, capables de produire les effets attendus. Le contenu de ces prescriptions n’est communiqué qu'individuellement au cours de la discipline occulte. L'étudiant doit à de certains moments pénétrer profondément son âme de ce contenu et en baigner en quelque sorte sa vie intérieure. Au début, les sujets sont simples et choisis pour rendre plus profonde, plus concentrée l’activité pensante dans la tête. Ainsi la pensée se libère et s’affranchit vis-à-vis des impressions extérieures. Elle est en quelque sorte, concentrée sur un point du cerveau où Phom me exerce souverainement sa volonté. Ce point constitue pour les courants qui parcourent le corps éthérique un centre provisoire, lequel est situé non dans la région du cœur, mais bien dans la tête.
Seule la discipline occulte qui commence par constituer ce centre provisoire a des chances de plein succès. Si, dès l’abord ce centre se constituait dans le cœur, le clairvoyant pourrait bien percevoir certains détails des mondes supérieurs, “mais il lui manquerait la faculté de relier ses perceptions astrales à ses perceptions physiques, ce qui est pour l'homme dans la phase actuelle de Pévolution une nécessité absolue. Le clairvoyant
ne doit pas devenir un rêveur : il faut qu’il cont# nue à fouler aux pieds le terrain solide de la réæ lité. |
Ce centre, situé au début dans la tête, se dépla@ vers le bas lorsqu'il est suffisamment consolidée émigre tout d’abord dans la région du larynx. G déplacement est obtenu par certains exercices d concentration. À partir de ce moment, c'est cette région que partent les courants vibratoï du corps éthérique pour aller éclairer l’espa astral tout autour de l’homme.
Un exercice ultérieur rend l’étudiant capabl de déterminer par lui-même la position de sol corps éthérique. Auparavant, cette position dé pendait de forces venant de l’extérieur ou issuê du corps physique. L'évolution occulte ren l'homme capablede tourneren tous sens son corp éthérique. Cette faculté s'exerce grâce à des cok rants qui circulent le long des mains et qui of leur centre spécial dans la fleur de lotus à deu pétales située entre les yeux. Elle s'acquiet lorsque les émanations issues du larynx revêten la forme d'ondes circulaires qui aboutissent ; partie à la fleur à deux pétales d'où elles se pro pagent en deux vagues vibratoires jusqu’au a | des mains. Une autre conséquence de cet exerciét est que ces courants éthériques donnent nais
sance à des branchements, puis à des ramifications infiniment délicates qui s’entrelacent pour former une sorte de réseau s'étendant jusqu'aux limites du corps éthérique. Auparavant, celui-ci ne possédait en quelque sorte aucune clôture du côté du monde extérieur, de sorte que les courants vitaux entraient et sortaient sans contrôle en communiquant librement avec le réservoir universel des forces vitales. À présent les influx extérieurs sont forcés de passer à travers ce réseau, de sorte que l’homme devient sensible à ces courants extérieurs et capable de les enregistrer avec précision.
A ce moment il est temps de déplacer vers la région du cœur le centre de tout ce système circulatoire de courants et de vibrations. On y par- Ment de nouveau par un exercice déterminé de concentration et de méditation et l'homme atteint ainsi le niveau d'évolution auquel lui est conféré le don de percevoir la parole intérieure. Toutes les choses acquièrent pour lui un sens nouveau. ju perçoit en quelque sorte leur essence profonde par l’audition spirituelle, elle lui parle pour lui révéler leur être. Les courants en question le mettent en relations avec la face interne de l’univers dont il fait partie. Il commence à vivre la ‘vie des choses qui l'entourent et ses expériences
se reflètent dans les mouvements de ses fleurs de lotus.
L'homme pénètre ainsi dans le monde spir# tuel. Quand il en est là, il acquiert une compré hension toute nouvelle des paroles prononcé par les grands instructeurs de humanité. Le
discours de Bouddha, par exemple, agissent sui
d'une félicité jusqu'alors inconnue, car la stru€ ture musicale de ces discours correspond au rythmes et aux vibrations qui se sont développé dans son organisme, et il vérifie maintenant pa une expérience immédiate qu’un homme tel qui Bouddha exprime non pas ses propres révéla tions, mais celles que l’essence même des chose déverse en lui.
Et c’est ici le lieu de signaler un fait que le réflexions qui précèdent rendent à vrai dire dé compréhensible. Les hommes uniquement for més par la culture contemporaine sont étonné
intérieur se repose délicieusement, car ces pause répondent à certains rythmes du corps éthériqu
rieur complet, on jouit de l’harmonie parfait
qui les reflète dans les rythmes intérieurs. Et comme ces rythmes intérieurs reproduisent euxmêmes certaines cadences universelles, qui, elles, se répètent périodiquement en certains points, ns Je style du Bouddha fait jouir l’homme qui sait l'écouter d’un état de concordance mer- Veilleuse avec l'univers entier.
L On définit, dans la littérature théosophique, les quatre qualités que l’homme doit développer
Cette phase de l’évolution qu'on appelle « le sentier de l'épreuve ». La première est la faculté de
Soire et la vérité de l'opinion. La deuxième est Pestimation adéquate de la valeur qu'il convient d'attribuer à l'éternel et au réel en comparaison de l'éphémère et de l’illusoire. La troisième qualité consiste dans l'acquisition des six attributs décrits dans un précédent chapitre : contrôle de la pensée, contrôle de l’action, persévérance, toléance, foi et égalité. La quatrième est le désir de la délivrance. Une compréhension de ces qualités fondée sur une simple analyse intellectuelle n'est d'aucune utilité. Elles doivent s’incorporer à l'âme même, de manière à devenir des habitudes intérieures. Prenons par exemple la première,
l’éphémère. L'homme doit se discipliner au poï de pouvoir immédiatement, dans un objet qui présente à lui, discerner spontanément les él ments transitoires de ceux qui ont une signi cation durable : mais on ne peut se disciplim ainsi qu’en renouvelant ces tentatives à chaqu observation avec un calme et une patience infa gables. A la fin, l'œil s'attache tout naturelleméer aux choses durables tandis qu'auparavant il tra vait sa satisfaction dans les choses éphémère « L'éphémère n’est que symbole ». Cette véri devient une conviction naturelle de l’âme et faut qu'il en soit ainsi des autres qualités exigé sur le sentier de l'épreuve.
Le corps éthérique de l’homme se modifie effet tivement sous l'influence de ces quatre habitude de l’âme. Le discernement entre le réel et lili soire engendre le centre éthérique dans la têt et prépare celui du larynx. A vrai dire, pour le constituer définitivement, il importe d’y ajoute les exercices de concentration dont nous avoñ parlé plus haut. Ils façonnent en quelque sont ce que la culture des quatre qualités fait seule ment mûrir. Quand le centre du larynx est prê on réalise le contrôle du corps éthérique, st revêtement et son enveloppement dans le réseä circulatoire, grâce à l'appréciation adéquate d
Sternel et du transitoire. L'homme qui s’est evé à cette appréciation exacte perçoit professivement les réalités spirituelles d'ordre anscendant, mais il ne faut pas croire qu'il n’a us à accomplir que desactions que la raison et la pique considèrent comme importantes. L’acte plus minime, le moindre geste a son impornce dans l’économie universelle et il s’agit d’aclérir la conscience de cette importance. Il ne ut pas déprécier les petites choses de la vie dinaire mais bien les apprécier judicieusement. L'ensemble des six vertus qui composent la Disième qualité a été étudié précédemment. Elles issent sur le développement de la fleur à douze tales dans la région du cœur. C’est vers cette fur, nous nous en souvenons, que le courant tal du corps éthérique doit être dirigé. La qua- (ème qualité ou désir de la délivrance sert à ire mûrir l'organe éthérique qui avoisine le ur. Quand cette disposition s’est incorporée à
| eg Ur. \ . © insidérer les choses à son point de vue parti-
lier. Les limites étroites du moi qui l’emisonnaient dans un point de vue particulier, paraissent. Les mystères du monde spirituel inètrent au dedans de lui et c’est là la vraie déli-
vrance, car ces chaînes obligent l’homme à com sidérer les choses et les êtres en les rapportanti sa personnalité et ce jugement personnel est pr cisément l’entrave dont le disciple doit se libérer -afin de pouvoir juger en toute indépendance. M On voit que les prescriptions établies par d grands occultistes agissent d’une manière précis jusque sur le tréfond de la nature humaine. Le prescriptions qui visent les quatre qualités son précisement émanées de cette Sagesse originelle Elles se retrouvent sous une forme quelconqu dans toutes les grandes religions. Leurs auteur n'ont pas été inspirés par une sorte de sentimem confus de la vérité. Ils ont bien plutôt été ame nés à les énoncer par le fait même qu'ils étaien de grands initiés. C’est la science occulte qui formulé leurs règles éthiques. Ils en avaien constaté l’action sur les éléments subtils de l nature humaine et ont voulu permettre à ceus qui les pratiqueraient de développer ces élément toujours davantage. Vivre religieusement, c'es travailler à son perfectionnement spirituel et c’ es le meilleur moyen de servir l’univers. Il n’y al nul égoïsme, car l’homme imparfaitement évo lué ne saurait être qu’un serviteur imparfait d l'humanité et de l'Univers. On joue dans l’er semble un rôle d'autant plus utile que l’on € :
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oi-même plus avancé dans l'évolution. C'est ici que se vérifie la pensée mystique : « Quand la Xose s’orne elle-même, elle orne aussi le jardin. » Les fondateurs des religions sont les plus rands mages de l'humanité. Ce qui vient d'eux lé répand dans les âmes humaines et c’est ainsi ue le monde entier progresse. On ne comprend es enseignements religieux que si l’on sait voir [uils sont dus à une connaissance des régions es plus profondes de l’âme humaine. Les guides leligieux étaient de grands « savants », et l’idéal lumain porte l'empreinte profonde de leur Cience occulte. Mais l’homme peut égaler ces ‘Fands maîtres si, dans sa propre évolution, il élève progressivement à leur hauteur.
| Lorsqu'un homme a évolué et organisé son Orps éthérique comme nous venons de le dérire, une nouvelle vie s’ouvre devant lui. Son istructeur doit alors lui communiquer à temps directions qui lui sont nécessaires pour cette louvelle existence. Lorsque, par exemple, il peroit par la « fleur de lotus à seize pétales » les ormes qui appartiennent à un monde supérieur, Lfaut qu’il se rende compte des différences qui éparent ces formes les unes des autres suivant objet ou l'être qui les a engendrées. La première Hhose qu'il constate c'est que certaines parmi ces
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formes sont susceptibles d’être fortement influens cées par ses propres pensées et sentiments, au lieu que d’autres échappent entièrement où presque entièrement à cette action. Il est, pa exemple des formes qui se modifient immédiæ tement si,en les considérant, l'observateur sk prend à penser : « Cette forme est belle »,et que: dans la suite de ses observations cette première pensée soit remplacée par la suivante : « Cell est utile ». En particulier, ies formes émanées par les minéraux ou par les objets artificiels pos sèdent la particularité de se transformer suivant chaque pensée, chaque sentiment de l’investigæ teur. Ce caractère est déjà moins accentué chez les formes appartenant aux plantes et s’atténu encore chez celles qui sont issues des animau
exercée par les pensées et les impressions l’homme, et à des causes sur lesquelles l’hom est sans action. Il existe une espèce particulière
ment soustraites à l’influence de l’homme.
disciple peut se convaincre qu’elles ne so issues ni des minéraux, ni des objets artificiels ni des plantes ou des animaux. Pour s’en rendf un compte exact, il n’a qu’à considérer à présent
… les formes dont il sait qu'elles sont générées par les sentiments, les instincts et les passions des “autres hommes. Il reconnaîtra que ses propres “pensées et sentiments exercent encore sur elles une action bien minime, mais pourtant appré- Lciable. En dernière analyse, abstraction faite de ioutes ces catégories, il restera pourtant un cer- “tain nombre de formes sur lesquelles son action | sera nulle.
Ce reste constitue même, à vrai dire, pour le “disciple débutant une assez grande part de ce qu'il perçoit. Pour analyser la nature de ce genre Mde perceptions, il lui faut s’observer lui-même. MII trouvera alors que ces formes sont sa propre création. Ce qu'il fait, veut et désire lui-même se manifeste par ces formes. Un instinct qui réside en lui, un désir qu’il a, un projet qu'il nourrit, Mout cela se concrétise sous ces apparences. Bien Lplus, son caractère tout entier s’imprime en elles. VAinsi par sa pensée et ses sentiments l’homme peut exercer consciemment son influence à des \degrés divers sur toutes les formes astrales, à Pexception de celles qui sont issues directement (de lui-même et sur lesquelles il est sans action \dès l'instant qu’elles sont émanées de lui.
M Il résulte de ce que nous venons de dire que, pour la perception supérieure, la vie intérieure
de l'homme, ses instincts, ses passions et le monde tout entier de ses représentations s’expri= ment avec précision par des figures extérieures à lui comme les autres objets ou entités. Le monde intérieur pour la connaissance supérieures n'est qu’une partie du monde extérieur. Comme dans le monde physique, un homme entouré des miroirs de tous côtés peut contempler de toute parts sa personne, ainsi dans le monde supérieur l'homme se trouve face à face avec son être animique qui se présente à lui sous forme d'image.
C'est dans cette phase de l’évolution que le disciple doit surmonter ce qu’on appelle l'illusion du Moi personnel, pour nous servir du langagé théosophique. Ce qui se passe au dedans de cette personnalité, il le considère comme réalité extérieure au même titre que les données de sa pers ception physique, autrefois la seule réalité exté rieure existant pour lui. Cette expérience le con: duit progressivement à agir vis-à-vis de lui-même comme il agissait autrefois vis-à-vis des êtres q lentouraient.
Si le regard de l'homme s’ouvrait sur les mondes supérieurs avant qu'il ne fût suffisam ment préparé à interpréter ses perceptions, cé! tableau de son âme lui paraîtrait tout d'abord
comme une véritable énigme, car ses instincts et ses passions lui seraient visibles sous des formes animales ou parfois même humaines. A vrai dire, les formes animales de ces régions ne ressemblent à celles du monde physique que de loin, mais un observateur inexpérimenté les croira semblables à ces dernières.
Quand on pénètre dans ces régions, il faut modifier en toutes choses les bases de son jugement, car non seulement les éléments de la vie humaine intérieure apparaissent comme faisant partie du monde extérieur, mais encore ils présentent l’image renversée de ce qu’ils sont en réalité. Lorsqu'on lit dans ce monde un nombre il faut le lire en le renversant. Dans l’astral, par exemple, le nombre 265 se lit 562. De même une boule est perçue comme si l’observateur se trou- « vait à son centre. [1 faut nécessairement appren- “dre à traduire judicieusement les données de cette perception intérieure des choses. Les états “d'âme eux-mêmes sont reflétés sous une forme “renversée. Par exemple un désir qui se rapporte “à un objet extérieur se présente sous une forme “qui se meut vers l'être qui a ressenti le désir. “Les passions qui ont leur siège dans la nature “inférieure de l'homme apparaissent comme des “formes d'animaux qui se ruent avec une extrême
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violence sur leur auteur. En réalité, ces passions sont dirigées au dehors sur des objets du monde extérieur. Mais, étant donnée la propriété de la substance astrale d’agir comme un miroir, cette aspiration vers l'extérieur se manifeste sous las forme d’une attaque contre l’homme en proie à la passion.
Lorsque l'étudiant, avant de s’élever à la per= ception supérieure, a appris à connaître ses pros, pres qualités par une observation calme et appro= fondie de lui-même, il trouvera aussi la force et le courage nécessaires pour se conduire comme il convient au moment où sa vie intérieure se reflètera devant lui. Mais les hommes qui ne se sont pas assez éprouvés eux-mêmes pour COn= naître l’essence de leur vie intérieure ne se recon=« naîtront pas dans le miroir astral et considé= reront leurs perceptions comme une réalités étrangère. En outre,ce spectacle les remplira d'appréhension et comme ils ne pourront le sup porter, ils essaieront de se persuader que tou cela n’est qu’une chimère enfantée par l’imas gination et ne peut conduire à rien de bons Dans les deux cas il se produirait un arrêt fatal. dans l’évolution du disciple, arrêt dû à son acces= sion à un certain degré de la connaissance avan 7) d'avoir acquis la maturité suffisante.
Il est absolument nécessaire pour le disciple de contempler ainsi spirituellement son âme avant de monter plus haut dans l’échelle des connaissances occultes, car c'est dans sa propre individualité qu’il trouve les éléments spirituels et animiques qu'il peut le mieux apprécier. Si dans le monde physique il a acquis une connaissance assez approfondie de sa personnalité et qu'il rencontre dans les mondes supérieurs, avant toute chose, l’image de cette personnalité, il pourra comparer l’une et l’autre. Il pourra rapporter l’expérience supérieure à une donnée connue et se placer pour la juger sur un terrain solide. Au contraire, s’il rencontrait tout d’abord d’autres entités spirituelles il n'aurait aucun cri- térium pour apprécier l'essence de leur être et il sentirait bientôt le sol se dérober sous ses pas. On ne saurait par conséquent proclamer assez haut que la route la plus sûre vers le monde supérieur passe par la connaissance et l’appréciation sérieuses de la personnalité humaine.
Ainsi donc les premières apparences que «l’homme rencontre à son entrée dans le monde M supérieur sont des images, et la réalité qui répond à ces images est en lui-même.Il faut donc que le disciple soit suffisamment mûr pour ne pas s’atte- Im ler dans cette première étape à la recherche des
réalités brutales et pour reconnaître la justesse de « ces images. Mais à l’intérieur de ce monde“ d'images, il apprend vite à connaître quelque chose de tout à fait nouveau. Son moï inférieur s'étale devant lui comme dans un miroir, mais au milieu du tableau que forment ces reflets lui apparaît bientôt la réalité vraie du soi supérieur. L'image de la personnalité inférieure encadre ainsi la figure du soi spirituel et c’est de lui seul que peuvent sortir les liens qui établissent une communication avec d’autres entités spirituelles.
Le temps est venu d'utiliser la « fleur de lotus à deux pétales » située dans la région des yeux. Lorsqu'elle commence à se mouvoir, la possibilité est conférée à l’homme d'entrer en rapport avec des entités spirituelles qui lui sont supérieures. Les courants émanés de cette fleur de lotus se rendent vers les réalités supérieures. Leur mode de circulation est tel que l’homme a pleine cons-" cience de leurs mouvements et de leur parcours. De même que la lumièrerendles objets physiques visibles à l’œil, de même ces courants rendent visibles les objets spirituels des mondes supérieurs.
C'est en se plongeant dans des méditations précises, communiquées individuellement par