LA DISSOCIATION DE PERSONNALITÉ HUMAINE PENDANT L'INITIATION
Pendant le sommeil, l’âme consciente n’enre- “gistre plus les données des sens physiques et les perceptions des mondes extérieurs ne l’attei- | gnent pas. Elle réside en dehors du corps grossier et ne communique qu'avec les corps subtils, éthérique et astral, lesquels échappent à l’obser- Lvation physique. Or l’activité de ces corps Msubtils ne s'arrête pas pendant le sommeil, et de “même que le corps physique en relation avec les kchoses et les êtres du plan physique est impres- “sionné par leur action, de même l'âme vit intégralement dans le monde supérieur et cette lvie se continue durant le sommeil. Des exemples léclaireront le mode d’activité de l’âme humaine par le moyen de ces véhicules subtils pendant | 16
le sommeil. Il s’agit d’un cas scientifiquement étudié avec tous les moyens d’investigation dont dispose la clairvoyance. Il illustrera le sujet dont nous parlons.
Un jeune homme était sur le point de passer“ un examen décisif pour son avenir, il avait, pendant longtemps travaillé avec application 4 se trouvait à la veille de l'épreuve très affaibli: Le jour suivant il lui fallait paraître à huit heures précises devant ses examinateurs. Il voulait s'ac-s corder une nuit de bon repos, mais à cause dew son épuisement, il redoutait de ne pas s'éveiller à temps, c'est pourquoi il prit la précaution de prier un voisin de frapper à sa porte à six heures Il put ainsi s'endormir sans arrière-pensée. Les matin il s'éveilla, non par l'intervention de cette! personne, mais à la suite d’un songe. Il entendit. six coups de feu violents et au sixième, ils 'éveilla Sa montre qui n'avait pas de sonnerie marquaits six heures, il s’habilla et une demi-heure plus tard le voisin frappa à sa porte. Il était alors effectivement six heures, car sa montre, pan hasard, avait dans le cours de [a nuit avancé d’une demi-heure. |
Ainsi le songe qui l’avait éveillé s’était réglé sur les indications fausses de cette montre. Or qu’était-il arrivé ? L’âme de ce jeune homme
son sommeil. Cette activité intérieure avait le - soir précédent pour objectif l'heure, de sorte qu'un lien s'était établi entre l’âme et la montre, et le matin l’âme marquait six heures comme la … montre. Et cette activité de l’âme se manifestait pour l’homme par le songe symbolique grâce auquel il s’éveilla. Il ne saurait être question d’un réveil fortuit dû à la clarté du jour ou à toute autre cause, puisque l’âme s'était réglée non sur l'heure véritable, mais sur l’heure erronée indiquée par la montre. Ainsi, elle avait fidèlement veillé pendant que l’homme physique se reposait,
“était naturellement restée en activité pendant
car ce qui caractérise le sommeil n'est pas l'inactivité, mais bien l’inconscience de l'activité.
… Lorsque la pratique de l’occultisme a transformé le caractère du sommeil dans le sens que | nous avons précédemment indiqué, il se trouve en état de suivre consciemment tout ce qui se passe autour de lui, et il peut se diriger dans le “monde environnant tout comme s’il s'agissait de ses expériences à l'état de veille. Il est bon toute- Mfois de remarquer que la perception consciente kde l'entourage physique représente déjà pendant Mle sommeil un degré supérieur de la clairvoyance. “ Les caractères particuliers du songe et du som- “meil se perpétuent à partir de ce moment sans
ENPFEY
discontinuer dans tout le cours de l'existence. « L'âme vit sans interruption en contact avec les mondes supérieurs, elle y exerce son action, elle y puise les mobiles qui l’influencent dans son existence normale. Mais chez l’homme ordi- « naire ce contact avee le monde spirituel est in-" conscient. Aussi longtemps que les yeux de son « âme ne sont pas ouverts, des forces supérieures la dirigent à leur gré, et de même qu’un aveugle « né, guéri par une opération voit son existence” se transformer et devenir tout autre depuis qu'il“ peut se conduire sans guide, de même l’occul- ; tisme métamorphose la vie humaine. Les guides que l’homme avait auparavant l’abandonnent à | ses propres aspirations. Il est compréhensible“ que dans les débuts il soit sujet à bien des erreurs que la conscience ordinaire ne soupçonne pas, « car il agit à présent indépendamment, du haut d’un plan où jusqu'ici il obéissait à des puissances supérieures, et ces puissances supérieures font partie du système mondial. Le disciple s’af-M franchit donc de cette hiérarchie et maintenant c’est par lui-même qu'il doit se décider à des actions que l'univers accomplissait auparavant . pour lui, à son propre insu. / C'est pour ces raisons que dans les écrits qui traitent de l’occultisme, il est si souvent parlé des È
dangers liés à l’entrée dans les mondes supé- | rieurs. Ces descriptions sont de nature à intimi- . der les courages et à remplir les esprits d’effroi à l'égard de cette nouvelle vie. Mais il faut dire bien haut que des dangers n'existent que pour celui qui a oublié les règles de la prudence élékmentaire. Quand ces règles ont été observées et bque le disciple a suivi de point en point les avis hdu véritable occultisme, alors, s’il est vrai que son Messor soit marqué par des événements qui dépasksent en grandeur tragique tout ce que l'imagina- | tion la plus hardie peut concevoir, on ne saurait | cependant parler d'un danger réel pour la santé bni pour la vie. Certes l’homme apprend à conbnaître des puissances terrifiantes qui l’envelopkpent de leurs menaces, mais il connaît en même btemps les moyens d’utiliser ces forces pour le bien. La tentation est grande de les faire servir à l'intérêt personnel ou de les employer par “ignorance pour des buts illicites. Nous décri- |rons plus loin quelques-unes de ces forces hos- Mtiles, mais n'oublions pas qu’elles existent aussi bien pour celui qui les ignore ; il est vrai que dans ce cas leur relation avec l’humanité est soumise là des lois impérieuses et que cette relation se modifie quand l'homme pénètre dans leur univers “autrefois inconnu, mais il exalte ainsi sa propre
individualité et enrichit dans une mesure incroyable le cercle de son action. Il n'y a de vrai danger que si le disciple par impatience ou par orgueil veut affronter trop tôt certaines expériences sans attendre d’avoir suffisamment pénétré dans le secret des lois spirituelles. L'humilité et la modestie sont dans ce domaine une qualité réelle bien plus encore que dans la vie quotidienne, mais quand le disciple les possède vraiment, il peut être assuré que son initiation ne comportera ni pour sa santé ni pour son existence aucun danger réel.
Avant tout il ne faut pas qu'une dissonance s'établisse entre les expériences supérieures et les réalités de l’existence quotidienne, les devoirs de l’homme le retiéennent sup Alastenrmenern;ce serait manquer à sa destinée que de vouloir échapper à ces devoirs sacrés pour s'évader dans un autre monde. Mais ce que les sens perçoivent n’est qu’une partie de l'univers, et c'est l'essence spirituelle qui renferme les causes des phénomènes sensibles. Il faut participer soi-même à l'esprit pour comprendre ses manifestations en ce monde. L'homme transforme la terre en y semant la semence de l'esprit, c’est là son devoir, et la raison pour laquelle nous devons nous élever jusqu’au monde spirituel est précisément
que le monde sensible en dérive et qu’on ne peut agir efficacement sur cette terre qu’en cherchant ses mobiles dans la région de l’univers qui contient toute force créatrice. C'est dans cet esprit qu'il faut aborder l’occultisme sans dévier un seul moment de la direction que l’on s’est . fixée, alors on n'a pas à redouter le moindre danger. Les dangers qui peuvent survenir en cas d'imprudence ne doivent détourner personne du sentier mais uniquement être un encouragement constant pour l'acquisition des qualités indispensables au véritable disciple.
Après ces observations préliminaires destinées \ à bannir toute crainte, nous allons décrire quelques-uns de ces prétendus dangers.
Une transformation profonde se produit dans les véhicules subtils, elle est liée à une évolution nouvelle des trois activités fondamentales de [Ml'âme. volonté, sensibilité et pensée. Ces trois L forces se trouvent normalement dans une relation définie par les lois universelles. L'homme n’est | pas libre de vouloir, de sentir ou de penser à sa - fantaisie. Lorsqu'une représentation déterminée % surgit dans la conscience, la nature lui associe
Miorcément un certain sentiment ou une certaine Mdétermination en rapport avec elle. Si l’on entre “dans une chambre et qu’on la trouve obscure,
on ouvrira naturellement la fenêtre. Si l’on s’en-
tend appeler par son nom, on répondra à cet appel; si l’on voit un objet qui sent mauvais, on éprouve un sentiment de déplaisir. Ce sont là des associations très simples et automatiques entre la pensée, la sensibilité et la volonté. Si l’on regarde de haut dans son ensemble la vie humaine, on constate qu’elle repose tout entière sur des associations de cette nature. Bien plus, on appelle « normales » les existences où ces associations existent et l'on considérerait comme contraire à toute loi raisonnable qu’un homme, par exemple, n'éprouvât pas un sentiment désagréable par suite d’une mauvaise odeur et qu’il ne répondit pas à une question. Le but que l’on poursuit par l'éducation ou par l’enseignement, c'est précisément d’instituer solidement ce lien entre la pensée, le sentiment et le vouloir. Et les représentations que l’on suggère à un enfant sont destinées à évoquer plus tard certains sentiments et certaines déterminations, conformément aux lois de la raison. Tout cela vient du fait que dans les corps subtils.de l’homme les centres d’où émanent ces trois forces sont en quelque sorte associés et que cette association se reflète dans le corps physique. Dans les phases supérieures de l'évolution humaine, les liens qui unissent ces trois
facultés essentielles sont brisés. Cette rupture ne se produit d’abord que dans les corps subtils, mais elle se répercute dans le stade suivant sur le corps physique. Le cerveau d’un homme spirituellement évolué se divise littéralement en trois parties indépendantes. Cette division n'est pas perceptible à la vue physique ni vérifiable par aucun instrument, mais le clairvoyant la constate nettement comme la coexistence de trois entités bien distinctes: le cerveau — pensée, le cerveau — sensibilité, et le cerveau — volonté. Lorsque les trois centres se sont ainsi libérés
h de toute dépendance les uns vis-à-vis des autres,
c'est à la conscience supérieure éveillée en
. l'homme que revient la charge d’en régler .les rapports. Le disciple constate ce changement en Lremarquant qu'il n'existe plus chez lui aucun Llien entre une représentation et un sentiment ou
entre un sentiment et une détermination s’il ne
hcrée lui-même consciemment ce lien. Il peut maintenant rester insensible devant un phéno-
mène qui lui inspirait auparavant un sentiment
de sympathie profonde ou de violente haine.
MI] peut demeurer inerte à l'égard d’une pensée qui l'aurait auparavant rempli d'enthousiasme. MIl peut se déterminer à des actions pour lesquelles n'existe chez l’homme ordinaire aucun
mobile. Il a réalisé cette grande conquête de diriger en toute liberté l’action commune ou réciproque des trois forces de l’âme. Mais en revanche cette action est remise sous son entière responsabilité. |
C’est seulement par cette transformation de son être que l’homme peut entrer en relations conscientes avec certaines forces et certains êtres supra-sensibles. Car il existe une parenté entre les forces essentielles de l’univers et les facultés de son âme. Par exemple la force qui réside dans la volonté peut agir sur certaines manifestations de l'essence spirituelle et les percevoir. Mais elle ne le peut que lorsqu'elle s’est libérée de toute entrave à l'égard du sentiment et de la pensée. Aussitôt que l’automatisme est rompu, on peut constater l'action extérieure et indépendante de la force volontaire, etil enest de même pour les forces de la pensée et de la sensibilité. Lorsqu'un homme éprouve pour un autre un sentiment de haine, ce sentiment est visible au clairvoyant sous la forme d’un léger nuage lumineux d’une certaine coloration et ce clairvoyant peut écarter ce sentiment de haine tout comme dans le monde physique un homme ordinaire peut écarter le coup qui le menace. La haine dans le monde supérieur est un phénomène visi-m
- ble. Mais si le clairvoyant peut le percevoir, » c'est parce qu'il est capable d’extérioriser la force qui réside dans sa sensibilité, de même que l’homme physique extériorise la réceptivité de son œil, et il en est des réalités plus importantes tout comme de la haine. L'homme ne peut entrer en contact avec elles que par la libération des forces essentielles de l'âme.
Grâce à la dissociation que nous avons décrite, il peut se présenter, si on oublie les prescriptions du véritable occultisme, trois sortes de dangers de nature à troubler l'évolution normale de Pêtre humain. Le premier se produit si les liens sont . rompus avant que la conscience supérieure soit assez avancée dans la connaissance pour pouvoir par elle-même et librement établir l'harmonie … nécessaire entre les trois forces de l'âme, car, en règle générale, ces trois forces ne progressent jamais également dans une période déterminée de l'existence. Chez certains hommes, c'est la pensée qui l'emporte, chez d’autres c’est une autre des trois forces. Aussi longtemps que l'action harmonique des forces reste soumise aux lois universelles, la prédominance de l’une d’entre elles ne saurait avoir d'action perturbatrice sur l’être su- M périeur. Chez l'être volontaire, par exemple, les lois universelles donnent à la pensée et aux sen-