‹ L'initiation sentimentaleChapitre 7 sur 27 · LE PRINCE DE BYZANCE · texte numérisé non relu

LE PRINCE DE BYZANCE

Drame wagnerien en cinq actes,

A été refusé, au théâtre naliimal de la Con-edie-Française, le 27 mai 189i en ces termes archi-courlois par M. Jules Claretie.

Cher Monsieur,

Je ne vous conseille point de présenter officiellement le Prince de Byzancc aux lecteurs de la Comédie.

Ils vous diraient, après moi. que votre drame romanesque ne serait certainement pas rocii par le Comité.

« C'est mon Rieiizi, m'avez vous dit quand vous me l'avez api)orté, mon Rienzi en attendant mon Lohengrin. »

Eh bien, dans un drame, toute la musique du monde ne peut remplacer l'action, une action claire, précise, nettement définie.

La forme, quelque précieuse qu'elle soit (précieuse dans le bon seus) ne donne pas la vie aux êtres que le pulDlic doit et veut comprendre. Le lyrisme do vos personnages ne remplace pas l'humanité, qui, sur les planches, les misérables planches, est la grande et peut-être la senle vertu.

Je ne méconnais pas l'œuvre d'art que vous m'avez fait lire, mais je ne crois guère à la possibilité de la représealation du Prince de Byzanee sur un autre théâtre que celui que pourrait dii^iger quelque roi de Bavière.

En Frdnce, l'art dramatique ne chevauche pas encore sur un cygne.

Et maintenant, allez-vous encore me trouver lo mieux bienveillant des écrivams? Je crains que non. Mais je suis, de vos lecteurs, le plus attentif et le plus curieux, un des plus dévoués aussi, et jo reste cordialement à vous.

Jules Claretie.

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