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Le pouls, sous l'influence de l'injection de digitaline de la veille est tombé à 124. Ilest régulier, bien frappé.
Au cœur, bruits normaux, un peu sourds.
Urines 1900 grammes T. vespérale — 39°9. Respiration, 20.
Une seconde injection de 1/4 de milligramme de digitaline.
7 juillet. — Nuit calme, pas de délire. Une selle invo- Jontaire.
T. matinale — 39°7. Le pouls est à 118. Taches rosées abondantes sur tout l'abdomen qui est douloureux et toujours météorisé,.
Quatre selles liquides, d'odeur infecte.
Urines 1700 grammes, T, vespérale — 40°2.
8 juillet. — Nuit tranquille.
T. matinale — 40 degrés. Pouls. 114. Deux selles en diarrhée. Le malade se plaint d’un violent point de côté à droite sous l’aisselle, à l’auscultation légères sibilances.
Urines 2200 grammes. T. vespérale — 40°3.
9 juillet. — Après une nuit calme pendant laquelle le malade a dormi trois heures consécutives, la température atteint à peine 39°5. Mais, le pouls monte rapidement à 130 et s'affaiblit,
Au cœur, les deux silences et les deux bruits sont égalisés, le rythme fœtal est perçu distinctement.
Injection de 1/4 de milligramme de digitaline.
Urines 2400 grammes.
La température vespérale atteint 4o°r.
10 juillet. — Nuit calme : léger délire, carphologie.
Ce matin pour la première fois, on s'aperçoit que le malade a l'ouie tres dure. T. — 39°8. Rythme fœtal persistant : le pouls est tombé à 118.
Un vomissement, trois selles peu abondanles.
T. vespérale — 40°4. Urines 2600 grammes.
11 juillet. — Nuit calme. Le malade est sorti &e sa torpeur et répond assez bien aux questions posées à voix haute à cause de l’ouïe.
FT, matinale — 39°.
OR à
Persistance du rythme embryocardique. Pouls à 112.
Urines 3600 grammes, assez claires. T. vespérale — 4o°2.
Une injection de 1/4 de milligramme de digitaline.
12 juillet. — Nuit calme. T. matinale — 39°6. L'embryo cardie existe toujours mais à un moindre degré et l’on sent facilement que le cœur tend à recouvrer son rythme normal. Le grand silence est soupçonné. Pouls, 110.
Ürines 3400 grammes. T. vespérale — 39°9.
13 juillet. — T. matinale — 39°4. Disparition du rythme fœtal.
Le pouls est à 112 UÜrines 3800, T. vespérale == 3926.
14-15 juillet. — La température oscille entre 39 et 39°8, le pouls entre r10 et 120. Disparition complète de l'embryocardie.
Deux selles moins aqueuses. Urines 3400 à 4300 grammes,
16 juillet. — T. matinale — 38°8. Pouls à 116. Une selle moulée. Urines 3800 grammes.
Bruits du cœur faible, mais réguliers. T. vespérale — 39 degrés. Dyspnée moins vive : 18 respirations.
17 juillet. — T. matinale = 3709. Le soir 38°2. Pouls à 110.
Urines 3600 grammes.
18 juillet. — T. matinale — 37%. Le soir 38°4. Pouls, 100. Ürines 3100 grammes.
19 juillet. — T. matinale — 37°4. Le soir 38 degrés. Pouls, 106. Cessation des grands bains. Urines claires 3600 grammes. Pas d’albumine.
20 juillet. — T. matinale — 37°7, le soir 38 degrés. Pouls, 96. Urines claires et abondantes 3700 grammes.
Les jours suivants, le pouls se ralentit de plus en plus et est bien frappé. Le malade entre en convalescence,
12 août. — Le malade sort guérit, sans complications,
Voici les différents tracés recueillis pendant la maladie.
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ns Courbe de l'urine.
——{y7— Courbe du pouls.
—#g— Courbe de la température.
OBSERVATION VII (personnelle).
Veuve S..., tisseuse, âgée de soixante-huit ans, entrée le 5 novembre 1903, salle Sainte-Marie, lit n° 13, dans le service du D' Lyonnet. hospice de l'Antiquaille.
A. I, — Rien d'intéressant dans ses antécédents héréditaires.
La malade a eu quatre frères et sœurs morts en bas âge.
A. P. — Jamais de maladie grave avant l'affection actuelle.
Elle fait remonter celle-ci à un an environ. Elle eut, au début, de la dyspnée d'effort, puis de la dyspnée au repos.
En mème temps s'installaient de la toux, une sensation de barrement à la région précordiale, de l'angoisse.
Ces troubles augmentant d'intensité l'obligérent, 1l y a cinq
tu
mois, à cesser son travail, Malgré le repos, la dyspnée persistait et, il ya un mois, apparaissait de l’æœdème des membres inférieurs.
Cet ædème s'étendit aux cuisses et aux lombes.
Les urines devinrent rares et foncées.
Ces troubles s'étant aggravés ces derniers jours, la malade entra, pour ces motifs, à l'hôpital.
Actuellement, les renseignements que donne la malade sont peu précis à cause de l'état grave dans lequel elle se trouve.
Dyspnée intense, 40 respirations à la minute. Mouvements respiratoires superficiels, accélérés et accompagnés de bruits et de sifflements trachéaux : la malade reste assise sur son lit, arcboutée sur les coudes.
La dyspnée est plus accentuée la nuit. Les ailes du nez sont cyanosées ainsi que les extrémités digitales.
Cœur. — Choc de la pointe faible, donnant au-dessous du mamelon une sensation de soulèvement léger, Il bat dans le cinquième espace intercostal à égale distance de la ligne mamelonnaire et de la ligne axillaire, il n’y a pas de battements à l'épigastre.
La matité précordiale est augmentée dans le sens transversal et atteint, en hauteur, le deuxième espace intercostal. Elle suit, à droite le bord du sternum et se confond avec la matité hépalique,
Les bruits sont sourds, mal frappés, arythmiques avec nombreuses intermittences. Ils ont un timbre soufflant, variable avec chaque contraction et sont mieux perçus au niveau de la pointe qu'à l’appendice xiphoïde, Il n’y a pas de souffle orificiel.
Le pouls est petit, inégal, très irrégulier ; il y a également de la tachycardie. P. — 144.
Les veines du cou sont turgescentes et les deux jugulaires externes se remplissent de bas en haut quand on chasse le sang par compression. Pas de pouls veineux.
Foie, — Très hypertrophié. A la palpation, on délimite son bord inférieur, siégeant à sept travers de doigt au-dessous des
mn MS ns fausses côtes. Oblique en haut et à gauche, ce bord passe audessous de l'ombilic puis remonte pour passer sous les faussescôtes gauches.
La percussion confirme les données fournies par la palpation : à gauche, la matité hépatique se confond avec la matité cardiaque. Il n'y a pas de battements hépatiques.
Poumons. — Sonorité diminuée sous les deux clavicules et en arrière dans les fosses sous-épineuses ainsi qu'aux bases.
Dans les deux fosses sus-épineuses, inspiration rude avec quelques sibilances. Expiration prolongée.
Le murmure vésiculaire s'entend jusqu'aux bases, mais la respiration est obscure. Pas de râles sous-crépitants. Expectoration muco-purulente.
Tube digestif. — Appétit très diminué depuis longtemps. Pas d'hématémèses ni de vomissements. Pas de diarrhée. Les selles sont régulières.
Le ventre est souple, non ballonné. [l ne paraît pas exister d’ascite,
OEdème des membres inférieurs, de la face interne des cuisses et de la région lombaire. Cet œdème garde l'empreinte du doigt. Pas de troubles trophiques.
Quelques troubles cérébraux caractérisés surtout par de l'agitation, des paroles incohérentes et de l’amnésie.
La malade parle sans qu'on l'interroge et se contredit à plusieurs reprises. Pas de délire aigu. Pas de vertiges.
Urines. — Rares 400 grammes, hautes en couleur. Elles renferment quelques flocons de mucus et présentent un disque d'albumine assez épais.
6 novembre. — Injection de 1/4 de milligramme de digitaline.
7 novembre. — Le pouls est tombé à 116, La malade a uriné
1200 grammes d'urines foncées et épaisses. La respiration est toujours pénible.
Deux injections de 1/4 de milligramme de digitaline.
8 novembre. — Pouls à 100, encore arythmique. La malade se trouve légèrement soulagée.
La dyspnée est toujours accentuée, R. — 26.
Urines : 1600 grammes,
9 novembre. — Pouls à 96. Dyspnée persistante. Urines : 1500 grammes.
10 novembre. — Injection de 1/4 de milligr. de digitaline.
Amélioration assez sensible: la malade a reposé cette nuit. Malgré la respiration encore fréquente (20), la malade éprouve un léger bien-être.
Le pouls est à 92; les urines à 1700 grammes. Tension artérielle : 16.
Malgré cette amélioration passagère, qui dura quelques jours, la malade meurt le 21 novembre,
Autopsie le 22 novembre.
Appareil respiraloire. — A gauche, épanchement de 600 grammes. environ. Cet épanchement est récent : blocs gélatineux entre les lobes.
A droite, la plèvre à conservé sa souplesse et se décortique facilement.
Les deux poumons sont congestionnés, de couleur rouge très foncé. Ils crépitent tous deux et ne vont pas au fond de l’eau. La congestion est uniformément répartie.
A la coupe, on fait sourdre un liquide spumeux mais seulement à la pression. Pas de pus.
Pas de foyers anciens de tuberculose.
Appareil circulaloire. — Aorte dilatée, mais souple, sans plaques d’athérome.
Congestion de tout le système veineux : gros caillots noirs dans les veines caves.
Cœur. — 600 grammes, Pas de rétrécissement des orifices : orifice mitral suffisant. Légère insuffisance tricuspidienne.
Le cœur est très hypertrophié et cette hypertrophie porte exclusivement sur le cœur gauche. Le ventricule est énorme et fait saillie dans le ventricule droit dont il diminue la capacité. Sur la coupe, sa paroi a une épaisseur cinq fois plus grande que celle du ventricule droit. Les deux piliers de la mitrale sont
très gros : à l'œil nu, on ne voit aucun foyer de myocardite.