‹ L'Injection Hypodermique de DigitalineChapitre 8 sur 21 · LD · texte numérisé non relu

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RE Est-on jamais sûr, en effet, quand on administre un médicament par la bouche, qu'il soit dégluti, sans parler des cas où le malade ne remplit pas la prescription ? En outre, par la voie hypodermique, plus n'est besoin de l'intervention du malade, point à considérer chez les enfants qui se refusent à prendre les remèdes pour si peu que l’odeur en soit désagréable.

Dans tous les cas, enfin, la porte est 1c1 ouverte lorsque les voies gastrique ou rectale ne peuvent être uti-

hsées.

2° Intégrité de l'absorption.

C'est une condition aussi importante que la précédente car, la dose d'un médicament étant calculée d'après son action probable, comment celle-ci seraitelle efficace si une partie du médicament n’était pas absorbée ?

Par la voie hypodermique, l'agent thérapeutique pénètre intact dans le courant sanguin, aussi, n’a-t-on Jamais à redouter des irrégularités dans les effets physiologiques et cette constance est-elle une particu-

larité digne d'intérêt.

3’ Absorption pure et simple.

S1, pendant son absorption, un médicament éprouve des modifications chimiques, 1l deviendra un corps inerte el, par conséquent, inutile, ou bien un corps toxique et, par conséquent dangereux. Le calomel, par exemple, en présence des chlorures et de NaCI, en particulier, ne se transforme-t-il pas en sublimé ?

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Etudions donc l’absorption dans le tractus intestinal et, supposons les substances médicamenteuses dissoutes dans l'estomac et aptes à être absorbées immédiatement dès leur arrivée dans l'intestin grêle.

S1 l'estomac est libre, absolument sain, tolérant, ce qui, en réalité ne se réalise pas fréquemment, la voie gastrique peut être utilisée. Mais peut-on être sûr de la vacuité complèle de cet organe, même après huit ou dix heures d’abstinence ? Cela est impossible, surtout dans les cas où une dilatation stomacale ou une sténose du pylore s'ajoutent à l'affection traitée par le médicament.

Si donc la cornue gastrique n’est pas absolument débarrassée de son contenu, il se fera, dans son intérieur, un mélange extrêmement complexe qui, ne passant dans le duodénum que par fractions, retardera forcément l'absorption.

L'effet produit s’en ressentira, pourra se trouver amoindri et même supprimé; en tout cas, le degré de concentration du médicament ne sera jamais connu. ‘

Comme autre cause défavorable à l'absorption, c1- Lons la présence des sucs digestifs. Il est un fait certain, c'est qu’un grand nombre de substances — la digitaline en particulier, d’après Gubler — sont singulHèrement modifiées sous l'influence de leurs ferments, à tel point que dans l'administration de certaines d’entre elles on compte sur l'efficacité de ces sucs: les anilides qui agissent comme amido-phénols ont besoin, pour celte transformation de l'acide chlorhydrique du suc gastrique. Leur action variera, par conséquent avec la production de HCI. Il en est de même pour le salol

dont le dédoublement plus ou moins complet en acide salicylique et en phénol est subordonné à la sécrétion du suc pancréatique.

Aussi, pour toutes ces raisons, que d'irrégularité dans l’action des médicaments !

Avec l'injection hypodermique, au contraire, la substance active est introduite dans le sang avec autant de pureté que si elle était directement versée dans les veines : les vaisseaux baignant dans la solution 1njectée, l’endosmose est immédiate.

4° Rapidité de l'absorption.

La rapidité de l'absorption par le tissu cellulaire est

extraordinaire : elle n’est inférieure qu'à celle des médicaments injectés directement dans le système veineux ou dans la trachée. C’est ce que démontre l'expérience d'Eulemburg : il injecte sous la peau d'un cobaye du bleu de Prusse. Après cinq minutes, on .retrouve cette malière colorante dans l’urine, alors qu'introduite par l'estomac elle ne fait son apparition que quatorze minutes après dans le même liquide d’excrétion.

Donc, dans un délai de einq minutes, 1l y a eu absorpon, circulation et même élimination puisque les urines renferment une quantité notable de principe injecté.

Par conséquent, toutes les fois qu'il y aura urgence, toutes les fois qu’on désirera une action rapide, c'est à la voie sous-culanée qu'on devra s'adresser.

C’est donc à l'absence de toutes les conditions que

HUE nous venons de passer en revue, plus encore qu’à l'inefficacité des remèdes, que l’on doit attribuer les varialions si étonnantes observées dans l'administration de tous les médicaments: leur absorption par le tubedigesüf est d’une infidélité si souvent éprouvée que l’on devrait hésiter de plus en plus à lui confier des substances douées d’une extrême activité, telle que celle des alcaloïdes notamment.

Pour confirmer l'excellence de la méthode hypodermique, nous conclurons en disant avec Gubler que «toutes les fois qu'elle sera applicable, 1l faudra

l'apphiquer ».

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