‹ L'Inquiétude religieuseChapitre 25 sur 108 · Cross, p · texte numérisé non relu

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cessaire de la morale. Inquiétude sérieuse et profonde et qui, du moins, répondait à la lente évolution de sa propre vie intérieure. Mais, dans les fumées de ces semaines d'exaltation l'objection, démesurément gonflée, cesse d'être reconnaissable. Entre l'Évangile et la perfection, elle pense découvrir une antinomie. « Le christianisme, c'est le calvinisme, écrit-elle, et le calvinisme, c'est l'égoïsme ^ » La vertu chrétienne n'est pas assez élevée pour regarder le bien en face, craintive ou intéressée, il faut toujours qu'elle louche du côté de l'enfer ou du côté du ciel.

Les actes suivent les paroles. Marie-Anne veut rompre bruyamment avec l'anglicanisme. Malgré les instances de son père, elle n'ira plus à l'église, le dimanche. M. Evans se désole, se fâche. Marie-Anne disparaît pendant trois semaines, se calme et revient. Encore un coup, il y a du volcan dans tout cela. Essais tumultueux de ferveur religieuse, bouillonnement d'incrédulité agressive, cette jeunesse triste et comprimée, éclate ainsi par moments et nous étonne. Gardons-nous de juger sur de tels éclats une nature qui se cherche elle-même et jusqu'ici ne s'est pas encore révélée.

On se tromperait, je crois, en attribuant à la même ardeur batailleuse, une œuvre à laquelle elle se consacra vers le même temps. Une amie, forcée de renoncer à la traduction de la Vie de Jésus de Straus.s qu'elle venait d'entreprendre, lui passa la besogne à

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