‹ L'Inquiétude religieuseChapitre 27 sur 108 · Ihid., p · texte numérisé non relu

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sera toujours ^ soit en lui-même, soit pour l'immense foule des âmes qui vivent encore de lui.

D'ailleurs la religion nouvelle — tout humaine celle-ci — qui s'élaborait parmi les ruines de sa foi chrétienne, lui commandait non seulement plus de réserve et de respect, mais plus d'intelligente sympathie. « Quel qu'ait pu être mon développement, dira-t-elle un jour, il ne m'a jamais conduit au manque de respect et au mépris pour ce que les autres intelligences pourraient m 'offrir 2. » Vite revenue de ces accès où tantôt nous ne voulions pas la reconnaître, elle entrevoyait — toujours au-dessus des dogmes, mais maintenant sans plus les exclure, — un terrain d'entente où les âmes de bonne volonté pourraient se rencontrer.

C'est le sort de presque tous ceux qui modifient leurs idées religieuses dans leur jeunesse. Le premier élan d'un esprit jeune et ingénu le porte à se détourner violemment (le tout ce qui lui paraît garder la moindre trace d'erreur. Knthousiasme et magnifiques espoirs de celui qui vient à peine d'être arraché au lit de Procuste des dogmes où il était torturé depuis ses premières pensées ! Une fois pleinement libres de nos membres, nous nous promettons des courses splendides à ce grand air fortifiant de l'indépendance. Nous découvrirons bientôt, pensons-nous, quelque chose de positif, non seulement qui compense ce que nous avons perdu, mais encore que nous puissions répandre autour de nous dans le plus fervent des prosélytismes. Un an ou deux de réflexion et l'expérience de notre lamentable faiblesse qui a tant de peine à se passer des béquilles de la

1. Elle détestait les rues trop bruyantes et disait qu'elle ne consentirait à se mêler à cette foule que pour voir un second Jésus. Cross, p. 64.

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