‹ L'Inquiétude religieuseChapitre 60 sur 108 · Middlemarch, ch. LXXIV · texte numérisé non relu

Middlemarch, ch. LXXIV

qui suivent une première chute, tant qu'enfin dans le cœur de ce pharisien agenouillé devant Dieu elle nous fait entrevoir une vraie prière '.

Elle sait, d'ailleurs, qu'il pourrait se glisser quelque exagération dans ce parti pris dindulgence et elle nous met en garde contre une outrance de sympathie qui risquerait de desserrer à la longue les ressorts de toute vertu. Mais ce n'est pas là un danger bien redoutable et, sans le négliger tout à fait, il est autrement nécessaire de se persuader que la sympathie est un des fondements essentiels de la morale. Elle avance à ce sujet une de ces lourdes petites phrases où d'ordinaire elle entasse tant de choses et qui prêtent à de longues méditations.

Il n'y a pas, écrit-elle, de doctrine générale qui ne soit capable d'engloutir notre moralité si, comme contrepoids à cette doctrine, nous n'avons au plus profond de nous l'habitude d'une sympathie directe et individuelle pour nos semblables '^.

En tout cas l'expérience montre combien la sympathie peut devenir féconde. Croire que quelqu'un est capable de faire le bien, c'est déjà lui faire faire un premier pas, lui donner l'élan vers le bien.

C'est un mot profond et partout répandu qu'il n'y a pas

1. Middlemarch, eh. LXI. Voir aussi le chapitre — un des plus extraoïdinaires de toute son œuvre — où elle raconte le dernier crime de Bulstrode.

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