‹ L'Inquiétude religieuseChapitre 75 sur 108 · Memorials, p · texte numérisé non relu

Memorials, p

2. Ces vers sont la parodie d'une pièce qui est dans toutes les anthologies anglaises.

Mais déjà, pour juger et condamner son œuvre, Tait n'avait plus besoin des conseils et des sollicitations de son ami. La lumière lui venait maintenant, abondante et cruelle, de la violence et du fanatisme où se laissaient aller les hommes de son propre parti. L'évêque de Manchester, Frazer, menait cette fougueuse avant-garde et on allait voir une fois encore, comme au temps de Wesleyetdc Newman, qu'iln'est pire danger pour FEglise anglicane que les évêques anglicans.

L'évêque de Manchester, écrivait en 18801'évèque d'Ely au doyen Lake, ne semble pas soupçonner le moins du monde qu'il vit et agit à un de ces moments critiques où les chefs d'une Église peuvent tout pour la renouveler ou pour la détruire, selon que oui ou non ils sauront tàter avec exactitude le pouls de leur temps et assouplir le mécanisme d'une loi rigide aux nécessités d'une époque de transition K

Il s'agissait bien de souplesse. L'imagination surexcitée de cet excellent homme lui représentaitqu'il y allait de toute l'Église et que sa mission, à lui, était non seulement de crier au feu plus fort que ses frères de l'épiscopat, mais d'isoler violemment le foyer incendiaire de tout contact avec le reste du bâtiment.

C'est à peine une métaphore; puisque — chose vraiment remarquable à la fin du dix-neuvième siècle — on put voir des ministres anglicans conduits en prison, sur la demande de leur évêque, pour contravention à la loi que quelques années plus tôt le primat d'Angleterre avait fait passer.

Lake, non content d'aller visiter les condamnés, les défendit généreusement dans la presse.

]. Meniorials, p. 249.

N'en déplaise, écrivait-il au Times, le 22 décembre 1880, n'en déplaise à un évêque de qui nous pensions être en droit d'attendre une vue plus large des choses, tout ritualisme n'est pas enfantillage. Le dévouement et l'abnégation des leaders de ce parti auraient pu les préserver au moins de cette accusation. Pour n'en rien dire de plus, le ritualisme est la manifestation de l'ardente piété de ces hommes, et cette manifestation est chère à plusieurs des âmes les plus religieuses i^armi nous...

On voit le progrès qu'ont fait dans sa vie intérieure des idées qui auraient étonné et gêné les premiers disciples de iNewman. Lake se garde encore d'aller aussi loin que les ritualistes, mais il les comprend, il les approuve dans l'ensemble et il est de cœur avec eux.

Tant s'en faut que je sois moi-même gagné à tontes les pratiques des ritualistes extrêmes. Plusieurs de ces pratiques ne sont à mes yeux qu'une faible imitation de l'Église de Rome, mais nous devons beaucoup à ce mouvement...

On dira que l'Église doit couper court à toute divergence qui tend à un schisme ; mais, je vous le demande, y a-t-il jamais eu dans l'anglicanisme (et je pourrais ajouter, dans l'Église de Rome) un mouvement de réforme qui, pour un temps, n'ait paru tendre au schisme. Dans l'Église romaine, l'introduction de chaque nouveau grand ordre religieux semblait toujours dangereuse. On ne les accepta jamais qu'avec beaucoup d'hésitation, et une fois cordialement acceptés, ils sont devenus les plus solides soutiens de l'Église. Je sais que la politique de notre Église a toujours été différente. Elle a rejeté de son sein les enthousiastes irréguliers, chassé les premiers puritains, chassé Baxter, chassé les wesleyens, et enfin elle n'a pas eu de cesse que le docteur Newman ne l'ait quittée. L'expérience ne nous a donc rien appris '.

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