‹ L'Inquiétude religieuseChapitre 95 sur 108 · Letiers, pp · texte numérisé non relu

Letiers, pp

une malédiction jetée en courant aux doctrines de renoncement et de tristesse.

Toujours ces oiseaux de nuit entre le soleil et notre âme. Comme si le soleil nous était mauvais ! Pauvre de moi, j'ai grand'peur de rester toujours hellénique plus que chrétien... Mais la vie, la \ie dans toute son énergie, son éclat, sa marche entraînante, la vie avec ses brusques passages du rire -aux larmes, pourquoi ces hommes en ont-ils peur, pourquoi la dénoncent-ils dans leurs prêches ? Ils la dénoncent dans leurs prêches, puis ils disparaissent et le soleil continue à briller et le monde court en riant à la liberté et à la joie ^ .

Ce n'est pas là une simple boutade, mais l'expression un peu vive d'une philosophie raisonnée et voulue.

Rappelez-vous ma théorie de la vie. Ce n'est pas un programme de paresse. J'ai travaillé dur à ce qui en valait la peine et je compte bien le faire encore. Mais je proteste contre Tascétisme pour l'ascétisme, contre cette sottise de fermer les yeux à tout ce qui est beau et délectable ici-bas, contre cette préférence donnée aux choses désagréables, comme si de soi elles valaient mieux que les autres; pardessus tout, je proteste contre toute idée de partage entre les diflérents éléments de notre être, contre le mépris de toute une moitié de la vie que nous avons à vivre comme si elle nous empêchait de \'ivre l'autre moitié. La tête, l'âme, le corps, que tout se développe de concert ! Pas d'intellectualisme, pas de spiritualisme, pas de sensualisme, mais une large et complète humanité -.

On le comprend, cette vie qui l'attire, l'intéresse, l'enchante est le plein développement de l'homme

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