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Le Saint-Office ne tirait donc pas d'avantages directs des fonds déposés entre ses mains par les prétendants au titre de familier, mais ses subalternes y gagnaient d'assez notables suppléments de gages.
Créances recouvrées, — Pour avoir une idée complète de toutes les ressources du Tribunal, il faut encore faire entrer en ligne de compte les recouvrements de créances arriérées (concursos), qui venaient de temps à autre enrichir les Caisses du Saint -Office. En voici un exemple. En 1763, D, Manuel de Ilarduy, ancien économe du Saint-Office, vint régler ses comptes entre les mains de son successeur. La ferme d'Oquendo avait été louée 900 pesos par an à José de Esquibel, et celui-ci se trouvait devoir 950 pesos d'arriéré le 19 juin 1756; de ce jour au 29 décembre 1758, il avait dû payer pour deux ans et 190 jours de jouissance la somme de 2.268 pesos 4 réaux, laquelle, jointe aux 950 réaux précédemment dus, donnait un total de 3.218 pesos 4 réaux, dont Ilarduy se trouvait redevable à la Caisse du Saint-OfSce, Il paya, mais en vrai Espagnol ne s'acquitta pas complètement ; il lui manquait 50 pesos pour obtenir une quittance définitive et il remît leur versement à plus tard : 3.168 pesos tombèrent cependant ce jour-là dans la caisse du Tribunal '.
Voici une espèce plus compliquée encore. En 1795, Francisco Garredo, receveur général intérimaire, reçut à titre de dépôt, de Damiana Mollinedo et d'Antonio Basombrio, son fils, la somme de 6,952 pesos 4 réaux, pour rachat d'un capital égal qui grevait leurs domaines, au profit des Cou\ents de Saint-François et de Saint- Augustin, de la communauté indienne de la Confrérie de la Purissime Conception et de l'Hôpital de Saint-Léandre en la ville de Caiiete. Leur dette se trouva ainsi éteinte, mais comme ces mêmes établissements étaient débiteurs envers le Saint-Office de 15.000 pesos, les
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l'inquisition aux INUES ESPAGNOLES 21
6,952 pesos 4 réaux de Damiana et d'Antonio furent, en définitive, inscrits à l'avoir du Tribunal '.
La Caisse de l'Arriéré fonctionnait aussi comme trésorerie et payait les sommes dues par le Tribunal sur l'ordre de l'Inquisiteur président. On voit le receveur concéder une remise de loo pesos sur le prix d'un loyer, délivrer 39 pœsos au secrétaire pour frais faits par lui, solder une note de 462 pesos pour frais de nettoyage d'un aqueduc, passer en compte, en 1763, un peso donné en 1760 pour l'empierrement de la rue devant la porte du Tribunal. On remarque au passage quelques traits curieux. La caisse distribue à différents ecclésiastiques les messes que le D' Francisco de Escobar y Zoloaga s'était engagé à dire et n'avait pu célébrer avant sa mort; la caisse verse 315 pesos au fisc, pour une année de l'impôt qui grève à son profit une propriété du Saint-OfBce ; la caisse paie 373 pesos à Maria Ventura Farfan, religieuse de voile noir au monastère de Notre-Dame de l'Incarnation de Lima, pour sa part d'usufruit de deux anniversaires, au capital de 8.000 pesos, converti en cens sur une propriété du Saint- Office '. On a l'impression de dettes bizarres, d'intérêts enchevêtrés et inextricables ; on devine les lenteurs de cette administration régulière et scrupuleuse, mais routinière et formaliste, que personne ne s'avisa jamais de simplifier.
Si l'on cherche à se faire une idée nette des ressources dont disposait le Tribunal de Lima, on remarquera qu'il était réellement fort riche, mais que de cette richesse, il ne savait tirer qu'un médiocre parti. Le règlement des créances arriérées n'était pour lui qu'un revenu aléatoire. Les dépôts effectués par les prétendants au titre de familier ne donnaient de bénéfices qu'à l'économe chargé de les administrer et à l'État. La vente de l'Index ne profitait guère qu'à la Suprême, Les
I. Arch. hist. nat. Inquisition. Lima. Dépôts. 1. Id-, tiid. Dépôts. 307, 1763.
G. DESDHVISES DU
patronages constituaient des œuvres de bienfaisance dont le Tribunal n'avait que l'administration. Les fondations et les ■chapellenies n'intéressaient que certains membres du Tribunal et quelques ecclésiastiques étrangers. Les canonicats ■et les revenus des biens confisqués formaient, en somme, le plus clair des ressources du Saint-Office, et leur produit total était estimé en 1764 à 39.009 pesos et en 1792 à 32,317 pesos 3 réaux 17 maravédîs, en diminution de 6.692 pesos sur le premier chiffre'. C'étaient 586.135 réaux dans le premier cas ou 484,758 réaux 17 maravédis à la seconde; en monnaie actuelle 148.533 ou 121.189 francs de revenu.
DÉPENSES. — Le Saint-Office devait payer les gages des membres du Tribunal et de ses employés, en activité ou en retraite, ce qui représentait pour l'année 1763 une somme totale de 25.463 pesos. Les traitements > étaient calculés en pesos ■ensayados, valant chacun i peso 654 millièmes en monnaie ■courante, ou 450 maravédis d'argent, nu goo maravédis de billon, ou 26 réaux 16 maravédis. Le peso ordinaire, monnaie de compte aux Indes, valait 15 réaux et 2 maravédis'. Les
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