Id., Hid. 308, 14 juillet
^2 G. DËSDEVISES DU DKZERT
Toutes ces charges : subside, média aiiala, don gratuityJ pesaient lourdement sur le budget du Tribunal et l'obi igeaienlJi à observer une politique d'économie de plus en plus attentive; on ne sera pas loin de la vérité, si l'on conclut qu'au début du XIX'' siècle, le Saint-Office de Lima était à peu près ruiné.
Administration. — 11 eût faîlu pour le remettre à flot -des administrateurs plus actifs, plus habiles et même parfois plus intègres que ceux qu'il avait. Les détails que nous avons donnés dans les paragraphes précédents marquent tléjà quel caractère routinier et médiocre présentait le gouvernement économique du Saint-Office.
Les principes généraux sur lesquels on vivait n'étaient point mauvais en eux-mêmes. On s'accordait sur la nécessité de ne choisir comme receveurs et économes que des gens honorables; il en est qui appartiennent à de grandes familles, il se trouve même parmi eux un chevalier de Saint-Jacques', Mais il arrivait aussi que l'on agréait le premier venu, sur la simple recommandation d'un inquisiteur, et le choix n'était pas toujours judicieux '. En principe, tout administrateur devait fournir caution. Celle du receveur général n'était pas moindre de 10.853 pesos, et devait être signée du titulaire et de vingt personnes connues à Lima ^ En fait, on négligeait souvent d'exiger le versement de la caution ■et l'on se trouvait désarmé devant le comptable infidèle ou négligent.
Le Saint-Office cherchait à racheter les cens qui grevaient ses biens fonds ; on voit le receveur général racheter^ le 14 mai 1784, pour 1.483 pesos et z réaux, les cens qui pesaient sur le vignoble appelé la ^ngne de San-José-del-Car-
I. Arch. hist- nat. Inquisition. I.itr 1. Id., iiid. Divers. 311, 18 juin 17 3. Id-, /Wi/. Divers, jii. i;6o.
rizal, dans la juridiction de Pisco '. C'était un bon principe d'administration, mais le manque de fonds empêchait de l'appliquer sur une assez grande échelle.
Le Saint-Office saisissait parfois ses fermiers négligents. La vigne de San-José del Carrizal était louée pour 2.334 pesos à Domingo de Iturri, à Fray Pabto de Iturri, Père-Lecteur en retraite de l'ordre de Saint-Augustin, et à Francisco de Iturri, leur frère; ils payaient mal, les inquisiteurs les firent saisir par l'intermédiaire du curé Valenttn de Moya, et confièrent l'exploitation à un nouveau mandataire, josef de Galdora '. On ne dit pas s'ils se trouvèrent mieux servis.
Les archives du Tribunal sont remplies de plaintes sur les dégâts causés par le grand tremblement de terre de 1746 ; mais il y a quelque puérilité à déplorer encore cette catastrophe en 1797, cinquante et un ans après qu'elle avait eu lieu î. Non contents de gémir sur le désastre matériel, les juges dénoncent à la Suprême « les préjudices que leur causent les mesures du gouvernement de Lima et du Conseil des Indes, qui 'ont accordé des délais et des réductions de cens aux fermiers et aux censitaires ■• ». Ils ne veulent pas voir que c'était là une mesure commandée par les circonstances, toute d'humanité et même de bonne administration.
Le Tribunal met toute sa gloire à envoyer chaque année à la Suprême des comptes en règle. Nous savons déjà qu'au Tribunal général des Comptes de Madrid, on trouvait les comptes du Saint -Office de Lima insuffisants ; mais les archives
I. Arch. hist. nat. Inquisition. Lima. Dépôts. 307, 14 mai 1784. — On remarquera qu'il s'agit d'une vigne, culture exceptionnelle en Amérique et interdite par les lois des Indes.
î, Id., iHd. Dépôts. 307. — Le curé saisit « la referida hacienda con sus esclavos, aperos, erramientas, frutas y demas especies que en ella se