Arch. hist. nat. Inquisition de Tolède
io G. DESDEVISES OU DEZERT
à autre, quelque cause exceptionnelle, qui mettait en valeur toute la science et toute la subtilité du Tribunal.
Bi-ASPHÈMES. — Le catholicisme du peuple des Indes n'était qu'un vernis superficiel qui s'écaillait aisément et laissait voir le fond persistant du vieux paganisme toujours vivant. Dans l'ivresse, l'homme oubliait son habituelle prudence et s'échappait en propos inconsidérés, ou en exclamations hardies. Le plus souvent, les choses en restaient là, mais quand le blasphème avait été particulièrement grave, et qu'il avait été entendu par quelque personne dévouée au Saint- Office, le blasphémateur était poursuivi, comme il arriva au tailleur nègre Pedro Josef Zavala, natif de Guayaquil, et au tisserand irlandais Guillerrao Miquena, en 1780 '. La cause la plus curieuse que nous ayons rencontrée en cette matière est le procès du soldat andalous Joseph Corrales, accusé d'avoir donné un coup- de poignard à une image du Christ à la caserne et d'avoir profané une image de la Vierge. Il y eut à son sujet conflit entre le Saint-Office et la juridiction militaire, qui finit par retenir le coupable, le règlement punissant spécialement le blasphème et la profanation : « Le blasphème chez le soldat est puni de la peine de la muselière portée pendant huit jours à la caserne, deux heures le matin, deux heures le soir. En cas de récidive, le coupable a la langue percée d'un fer rouge et est chassé du régiment (Titre X. — Art. I). — Tout attentat contre les images de Dieu, de la Vierge ou des saints entraîne la condamnation à la potence (art, 4.) '. »
Sorcellerie. ^ « Le sommeil de la raison, dit Goya^ enfante des monstres, » Dans les sociétés ignorantes fleurissent les croyances superstitieuses et les pratiques de sorcellerie; les Indiens montraient à cet égard une crédulité san&