Arch. de Sim. Inquisition, Lima
l'inquisition aux INDES ESPAGNOLES 6l
bornes et le Saint-Office n'aurait pas manqué d'occupation, s'il avait voulu poursuivre tous les sorciers et sorcières du Pérou ; son filet à larges mailles laissait passer presque tout ; les cas les plus scandaleux étaient seuls retenus. Nous avons trouvé des procès criminels intentés par le Saint-Office à Juana Pnidencîa Echeverria de caste zamba ' pour sortilège ', à José Feliciano de la Oliva, de caste nègre, pour sortilège i,à Paula Molina, dite la Pan y Queso (pain et fromage) de caste zamba, pêcheuse de son état, pour superstition, sorcellerie et vantardise*.
Le délire de l'imagination atteignait chez certaines personnes des proportions inouïes. Une fille de Cuenca vint un jour se confesser à un moine augustin et lui donna pleins pouvoirs pour la dénoncer au Saint-OfSce. Maria Brabo s'accusait des crimes les plus horribles et les plus extravagants. En compagnie d'un Indien, Luis Sanay, du bourg de Guayracara, elle avait fustigé plus de cent fois une image du Christ ; plus de trente à quarante fois, elle avait volé d'un lieu à un autre,elle avait fait mourir plus de cinquante chrétiens en mettant des coquilles empoisonnées dans leur lit, elle avait battu le R. P. Manuel Guerrero, de l'ordre des Frères Prêcheurs et l'avait envotité, avec l'aide de l'Indien, pour que le nez lui desséchât. Elle avait parlé au démon et avait eu sa compagnie plus de cent fois ; elle avait rendu sa sœur folle à l'aide ■d'un sortilège ; elle avait incité deux hommes mariés à vivre mal avec leurs femmes ; elle avait lait du mal à de nombreuses Indiennes ; elle avait- donné du miel enchanté à ses amants. Quand elle fi^ppait l'image du Christ, elle la voyait saigner et osait pro&ner le sang qui découlait de l'image miraculeuse, etc.