‹ L'inquisition aux Indes espagnoles: a la fin du dix-huitième siècleChapitre 35 sur 59 · Id., ibid · texte numérisé non relu

Id., ibid

G. DESDEVISES DU DEZERT

Au xvr siècle une pareille confession aurait eu sans doute pour Maria Brabo les plus terribles conséquences ; les inquisiteurs du XVIII" siècle étaient gens plus avisés ; un jésuite se chargea de les éclairer pleinement sur ce cas inouï. Beaucoup plus sage que le moine augustîn, le jésuite reconnut que Maria Brabo n'était qu'une simple hystérique et s'accusait de délits imaginaires, qu'elle n'avait jamais commis ni pu commettre, 11 lui enjoignit de se surveiller et de ne plus s'abandonner à de si abominables pensées, i! lui donna l'absolution pour le passé et recommanda à ses sœurs de l'accompagner continuellement et de veiller sur elle. La pauvre malade revint peu à peu à la raison et priait avec ferveur devant cette image du Christ qu'elle s'accusait d'avoir frappée jadis. Le fiscal du Saint-Office adopta les conclusions du Père jésuite et l'affaire n'eut point de suites fâcheuses pour Maria Brabo '.

Bigamie. — Les attentats contre la sainteté du sacrement de mariage ressort issai en t au Saint-Office, qui les punissait avec une grande sévérité. Parmi les coupables, on trouve un métis de Riobamba, appelé Bernard Ydobro, surnommé«Tète de Vache'», un Espagnol, Joaquim Vincent Serbera, dit Antonio Guzman, né à San Juan au roj-aume de Valence ', un créole de Chiloé, Antonio Moreno. Ce dernier est condamné i» cinq ans de bagne au pénitencier de Chiloé ■". Domingo José Gonzalez est plus sévèrement frappé, probablement parce que quelque erreur dogmatique se mêlait chez lui au délit de polygamie. Il doit abjurer de levi, on lut épargne l'exposition publique « parce qu'il est atteint du mal français » mais on l'exile d'Amérique, on le déclare banni de Madrid à perp

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