VI AVANT-PROPOS
ce que rinqiiisition de Calvin et dea Ter?'oristes appelle la réprobation de l'histoire^ il ne s'ensuit pas que i Inquisition ecclésiastique échappe à tout reproche. La comparaison maladroite qu'on établit entre rune et l'autre tfivite, au contraire^ à penser que toutes deux méritent une égale flétrissure. Si donc Von désire vraimei^t justifier l'institution dont l'Ecjlise catholique a pris la responsabilité au moyen âge., il faut, de toute nécessité, rexami?ier en elle-même et la juger., non plus par comparaison avec des gestes que l'on réprouve, mais simplement au regard de la morale, de la justice et de la religion.
L'entreprise n'a pas encore tenté d'historien vraiment digne de ce nom. Dès le xvii'^ siècle, un prêtre érudit, Jacques MarsoUier, chanoine d'Uz-ès, fit paraître à Cologne [Paris], i693, une Histoire de l'Inquisition et de son origine. Mais son livre, comme on l'a remarqué, est « bien moins une histoire de l'Inquisition qu'une dissertation canonique, ou même et avant tout un pamphlet gallican -11, où sont narrées avec complaisance les t< cruautés « du Saint-Office, illustrées de vignettes terrifiantes e?npruntées à /'Historia Inquisitionis du protestant Philippe Limborch (1).
(1) Cf. Paul FRKDÉRir.Q. Historiographie de l'Inquisition [Introduction à l'ouviaiïe de M. Lea (traduction française^ dont nous allons parler], p. xiv. L'ouvrage de MarsoUier