AVANT-PROPOS
L'e^iprit dans lequel nous abordons cette élude est celui dune entière sincérité. Le sujet est sans doute des plus délicats. Mais nulle considération ne saurait nous empêcher de l'envisager sous toutes ses faces. Newman s'élève quelque part contre « le scrupule éternel» de certains historiens que F histoire effarouche. « Par peur du scandale, ils suppriment des faits importants, ils noient sous leurs gloses des événements mémorables. Cela n'édifierait pas, pensent-ils. Mais, de vrai, il Jiest pire scandale que ces omissions et que ces gloses (1). » Nous essayero7is d'éviter a ce pire scandale ».
Le temps 71 est plus où l'on pouvait se borner à faire de l'apologétigue d'édification. Quand l'histoire de l'Inquisition recèlerait des choses qui seraient de nature à déconcerter nos préjugés, il n'en faudrait pas moins l'aborder résolument. Le plus grave reproche qu'on puisse nous adresser et que nous devions redouter désormais, c'est de fuir la lumière. « L'on peut comprendre, dit justement un critique (2), que nos anciens n'aient pas voulu s'exposer à troubler les esprits en posant devant eux, hors de propos, certaines questions. J'estime qu'ils ont eu tort, car tous les problèmes qu'il est possible de poser, le seront une
(1) Historical sketchcs, t. 11, p. 231.
(2) Yves Le Querdec, dans VVnivers n» du 2 juin 1906.