‹ L'InquisitionChapitre 3 sur 14 · VIII AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

VIII AVANT-PROPOS

sa plume les préjugés et les défiances qiiîl iiour' rit à regard de rEglise catholique. Sa critique s'en trouve parfois gravement faussée (1).

M. TanoUy président à la Cour de Cassation, fait sûrement preuve d'une ijnparlialité plus grande dans son Histoire des tribunaux de l'Inquisition en France (2). Non seiilemeiit son érudition est de bon aloi, mais encore il a une compréhension généralement très saiîie de la législation ecclésiastique. Le droit canon na pas pour lui plus de secrets que le droit civil. Toutefois^ nous devons observer que son horizon est borné. Il a délibérément laissé de côté les faits qui se déroulent en dehors des limites de la France. Et, par ailleurs, les questions de théologie que soulève r établissement de r Inquisition ne F intéressent Ir plus souvent qii au point de vue du droit.

Alt total, r histoire de l'Inquisition est encore à écrire. Nous ii avons pas dessein de fcntreprendre; notre ambition est plus modeste. A^ous voudrions placer celte institution dans son cadre historique, faire voir comment elle est née, indiquer surtout comment elle se rattache à ridée que

(1) Par les emprunts que nous lui ferons et par les critiques de détail que nous lui adresssrons, on verra, au cours (le cette étude, le cas que nous faisons de son ouvrage.

(2) Paris. 1893. le D"" Camille Henner avait déjà publié un ouvrage du même génie : Bcitrage zur Organisation und Competenz der papstlechen Kelzergerichte, LeiT^zig, 1890.

AVAM-PIIOI'OS I\

lEf/lke se faisait a/ors de son pouvoir coercitif. Ainsi que l'a remarqué lui-même M. Lea, i^T Inquisition n'a pas été une organisatioji arbitrairement eonçue ou imposée au inonde chrétien par l'ambition et le fanatisme de l'Église. Elleajilutôt été le produit d'une évolution natureile, on dirait presque néce'^saire [?), des diverses forces en action au xiii* siècle. Personne n'en peut justement apprécier ni le mode de développement, ni les effets, sans considérer d'abord avec quelque attention les idées qui gouvernaient les dynes vers l'époque où s'élaborait la civilisation moderne » (1). // faut même remonter plus haut que le xiii^ siècle et rechercher de quelle façon s'est accru, à travers les âges, ce pouvoir coercitif dont l'Eglise a finalement confié l'exercice à l'Inquisition et au Saint-Office. Tel est l'objet du présent travail. Ce sera à la fois une œuvre d'histoire et de critique. Nous ferons a' abord un large exposé des faits et des doctrines qui concernent la répression de l'hérésie, depuis les origines du christianisme jusqu'à la Renaissance ; puis nous examinerons si la conduite, assez facilement explicable, de l'Eglise envers les hérétiques peut être justifiée.

(t) Histoire de Vlnquisition, (trad. fr.), préface, t. [, p. XXIX. Nous citerons cette édition, dont la pagination est d'ailleurs accordée, en manchette, par les soins du traducteur avec celle du texte anglais.

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