De Nervo, Isabelle la Catholique, p
proportions d'une insurrection où l'armée espagnole, un moment, eut le dessous. Mais les révoltés, embarrassés de leur victoire sans lendemain, se rendirent à merci ^.
Une deuxième fois, les étrangers eurent à se prononcer entre le bannissement ou le baptême. L'intérêt l'emporta sur la conscience : ils se firent chrétiens en masse.
Mesure néfaste, qui suffit à dompter la crise, sans guérir le mal. Non seulement les Moriscos et les Maranos (maudits) — c'est ainsi que leurs congénères appelaient ces nouvelles recrues — Arabes et Juifs grimés Bn catholiques, contamineront les populations chrétiennes, comme un ferment mauv^ais; mais, dans les veines des enfants, le sang des ancêtres aura de terribles réveils.
Ces oppositions sourdes, tenaces, souvent violentes, se heurteront à l'Inquisition Ljue le gouvernement espagnol avait dû ièjk opposer aux judaïsants, agents sournois d'hérésie et d'anarchie.
1. J. H. Mahikjol, op. cit., 53-58. — G. Briand, His- 'oire d' Espagne, T. Il, p. 125.
Depuis longtemps les Juifs, installés a l^' siècle dans la Péninsule^ jouaient cet comédie de la conversion. Dès avant conquête musulmane^ l'Eglise, aussi bie que l'État, avait dû se défendre. Mais^ site que les rois Goths et les évêques songèrei à les mettre à la raison et à les tenir à l'éca; des affaires^, ils exécutèrent un mouvemei tournant et rentrèrent dans la place^ par 1 baptême.
L'appui qu'ils donnèrent aux Mores leu valut certains privilèges, sous le gouverne ment des Kalifes^. Et, au lieu de reculei d'abandonner le terrain, à chaque étape d la conquête, avec les Sarrasins battus, il restaient sur place, au service des nouveau maîtres.
En Espagne, comme ailleurs, argentier des Princes, ils étaient tout-puissants. L haute aristocratie ruinée se mésalliait ei
1. Cf. Leg. Wisigolhor., L XII, tit. 2 et 3. — Concile d'Elvire (303); 3% 6% W et 17e de Tolède (589, 633, 65( 694), — Décrets cités par Balmès, op. cit., T. I, p, 39^ — Héfélé, Ximenès, p. 281 .