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LA MUTUALITÉ CHEZ LES INSCRITS MARITIMES

Le xx° siècle est appelé à voir se développer de plus en plus les institutions de prévoyance sociale. Parmi celles-ci, la mutualité est celle qui a déjà acquis le plus grand développement. Par son principe d'union, parla force qu'elle puise aux racines mêmes de la société, elle lui permet de préparer un avenir exempt d’inquiétudes pour ceux qui n'avaient eu jusqu’à présent d’autres soucis que de vivre au jour le jour.

Cependant la corporation des gens de mer, avec son insouciance habituelle, avait été jusqu'ici une de celles demeurées les plus réfractaires à l’idée mutualiste.

Depuis quelque temps, la mutualité a fait chez les inscrits de grands progrès ; mais, la prévoyance rencontre des difficultés plus grandes dans les populations maritimes que chez les populations ouvrières.

L'insouciance constitue le fond du caractère du marin qui, habitué dès son jeune âge à lutter contre les éléments et à accomplir tous les jours les actes les plus

dangereux, est généralement doué d’un caractère fata

liste qui l'empêche de s’occuper du lendemain. Il se désintéresse surtout de toutes les associations et M. Testard, Commissaire de l'inscription maritime, Président de la société de secours mutuels de Carentan, constatait qu'il n'était fait par sa société ni recettes ni dépenses et que si l’état de la caisse se maintenait à niveau, ce n'était que grâce à des dons volontaires.

L'Amiral de Marquessac, Préfet Maritime (1) du troisième arrondissement constatait la difficulté qu’il y avait à créer des sociétés de secours mutuels pour les marins, et il disait dans une dépèche du 6 octobre 1891 : «les difficultés de ces créations de sociétés mutuelles ont pour cause les habitudes de la population maritime, le caractère des gens de mer et la modicité des gains ; mais l'obstacle le plus sérieux provient de ce que l’esprit d'association fait généralement défaut aux pêcheurs et qu’ils manquent de direction à ce point de vue. »

Il y a donc trois causes qui expliquent le peu de développement de la mutualité maritime : la modicité des salaires, l'indifférence mutualiste, et surtout ce fait : les secours trop abondants donnés par l'État sans passer par l’intermédiaire des sociétés existantes.

D’ailleurs, il y avait un certain nombre de sociétés

créées depuis longtemps, et dont le fonctionnement

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