‹ L'insecteChapitre 29 sur 29 · ÉCLAIRCISSEMENTS · texte numérisé non relu

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un curieux tableau de ces migrations de fourmis. Elles sont terriblement guerrières, et l’on s’amuse en Amérique à faire combattre en duel la fourmi de visite (Atlaj avec la fourmi Âraraa. Celle-ci, moins forte, prévaut par la force de son venin.

Quant à nos fourmis d’Europe, mon beau-frère, M. Hippolyte Mialaret, me transmet un fait curieux, qui, je crois, n’a pas été observé. Il leur donnait pêle-mêle des grains de diverses espèces, froment, orge, seigle, qu’elles employaient dans leurs constructions. Ayant ouvert la fourmilière, il trouva les grains classés soigneusement et distribués à différents étages, le froment par exemple au second, l’orge au troisième, etc., sans mêler jamais les espèces.

Une fort bonne dissertation italienne de M. Giuseppe Gêné, qu’a bien voulu me donner le docteur Valerio, de Turin, ferait croire qu’Huber, si exact, s’est trompé en disant que la mère fourmi peut fonder seule une cité. Après sa fécondation, elle va seule tomber dans quelque coin où elle s’arrache les ailes, et attend. Là, des fourmis rôdeuses la trouvent, la palpent, la reconnaissent, elle et ses œufs semés à terre , avec beaucoup de prudence, même de défiance visible. Elles explorent ensuite les lieux d’alentour avec une circonspection infinie, revenant toujours à la mère , et tardant à se décider. Enfin,

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leur nombre croissant, elles l’adoptent définitivement et se mettent au travail.

La persévérance indomptable des fourmis est célébrée dans une belle légende orientale de je ne sais quel prince d’Asie, Tamerlan, je crois. Battu, repoussé plusieurs fois dans une guerre, et presque désespéré, il était au fond de sa tente. Une fourmi montait aux parois. H la fit tomber plusieurs fois; toujours elle remonta. Il fut curieux de voir jusqu’où elle s’obstinerait, et la fit tomber quatre-vingts fois sans pouvoir la décourager. Lui-méme était las, et d’ailleurs plein d’admiration. La fourmi vainquit. Il se dit : « Imitons-là. Nous aussi, nous vaincrons de môme. » Sans la fourmi, le conquérant eût manqué l’empire de l’Asie.

Note 14, chap. xx. Troupeaux des fourmis. — Presque toutes les plantes nourrissent des pucerons. Us ont les couleurs les plus variées, souvent les plus éclatantes. Celui du rosier, vu au microscope, me parut d’un vert clair, fort agréable. Jeté sur le dos, il étalait un ventre très-gros, une très-petite tête informe qui ne semble qu’un suçoir, et remuait toutes ses pattes qu’on eût dit plutôt de longs bras d’enfants. Au total, un être innocent,

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et qui n’inspire aucune répugnance. On comprend que les fourmis prennent la miellée sur son corps. (Voir Bonnet, etc. , sur leur fécondation prodigieuse.) ' •

Note 15, chap. xxn. Les guêpes. — Avant de parler de cette espèce terrible, où se voit peut-être la plus haute énergie de la nature, j’aurais dû parler de ses humbles voisins, les pacifiques bourdons. Réaumur, qu’on ne connaît pas assez comme écrivain, et qui a souvent de la grâce, dit fort joliment que ces pauvres bourdons, en petites sociétés grossières, si on les compare aux royales cités des guêpes et des abeilles, sont des rustiques , des sauvages , et leurs nids des hameaux , mais qu’on peut prendre plaisir, même après avoir visité de grandes capitales, à se reposer les yeux en voyant de simples villages et des villageois (Réaumur, Mèm., t. VI, p. ni de la préface, et 4 du texte). Les bourdons, dans leur simplicité, ne sont pas sans industrie ; ils ont des mœurs et des vertus. Les pauvres mâles, si méprisés ailleurs, s’emploient mieux ici dans une société où la haute spécialité d’art, moins frappante dans les femelles, les humilie moins; ils sont à peu près égaux à leurs

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dames, qui ne les massacrent point, comme font les guêpes et les abeilles des maris destitués.

Note 16, p. 330. Les abeilles cirières. Une aristocratie d'artistes. — Je suis ici principalement l’autorité de M. Debeauvoys ( Guide de l'apiculteur , 1853). Dans ce petit livre si important, il a fait la distinction capitale qui avait échappé à Huber, séparé les grosses cirières architectes des petites moissonneuses et nourrices. Mais je lui demande la permission d’en croire plutôt M. Dujardin sur le caractère général des abeilles. Elles sont colériques sans doute, très-adustes de tempérament ; les liqueurs et les parfums des fleurs les irritent et les obligent de se désaltérer souvent. Mais d’ elles-mêmes, elles sont assez douces et peuvent s’humaniser. M. Dujardin, ayant renouvelé tous les jours les provisions d’une ruche pauvre, était fort bien reconnu des abeilles, qui volaient à lui et couraient sur ses mains sans le blesser. La destruction qu’elles font, tous les ans des mâles leur est commune avec les guêpes et autres tribus nécessiteuses qui craignent la famine, à l’époque où les fleurs deviennent plus rares. En Amérique, on les regarde comme le signe de la civilisation. Les Indiens voient dans les abeilles les

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avant-coureurs de la race blanche, et dans le buffle celui de la race rouge. (Washington Irwing, Voyage dans les prairies.)

Les abeilles, tantes et sœurs, font penser à la Germania de Tacite : s La tante y est plus que la mère. » C’était comme un pays d’abeilles.

M. Pouchet, que j’ai déjà cité plusieurs fois, a bien voulu me transmettre un détail fort intéressant sur les abeilles maçonnes. « Dans l’Égypte et la Nubie, que je parcourais il y a quelques mois, ces hyménoptères et leurs constructions sont tellement abondants, que les plafonds de certains temples et ceux de quelques hypogées én sont totalement couverts, et qu’ils masquent absolument les sculptures et les hiéroglyphes. Ces nids forment Souvent là plusieurs couches qui se recouvrent, et dans certains endroits, superposés les uns au-dessus des autres en nombre assez considérable, ils forment des espèces de stalactites qui pendent aux voûtes des monuments. L’abeille n’emploie pour leur construction que du limon du Nil, et quand elle y a déposé sa progéniture elle les bouche avec un opercule d’un travail délicat, que la jeune mouche, après avoir subi ses diverses métamorphoses, soulève pour s’envoler. Mais ces nids sont assez souvent brisés par une espèce de lézard qui, à l’aide de ses ongles infiniment acérés, court sur les plafonds. Là, il fait une

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guerre incessante aux abeilles maçonnes, tandis qu’elles construisent leurs nids, ou bien on le voit en défoncer les parois pour dévorer leur jeune progéniture. » (Lettre de M. Pouchet,Z2 septembre 1857.)

Note 17, page 363. Une intuition féminine. — Une grande question de méthode qu’éclaircira l’avenir, c’est de savoir jusqu’à quel point les femmes entreront un jour dans les sciences de la vie, et comment l’étude de ces sciences se partagera entre les deux sexes. Si la sympathie pour les animaux, la longue et patiente douceur, la persévérante observation des objets les plus délicats, étaient les seules qualités que demandât cette étude, la femme semblerait devoir être le premier naturaliste. Mais les sciences de la vie ont un autre aspect plus sombre qui l'éloigne et l’effraye : c’est qu’elles sont en même temps les sciences de la mort. *

Cependant, en ce siècle même, la découverte importante, capitale, pour la connaissance des insectes supérieurs, appartient à une demoiselle, la fille d’un savant naturaliste de la Suisse française, Mlle Jurine. Elle a trouvé que les ouvrières des abeilles, qu’on croyait neutres (n’ayant ni l’un ni l’autre sexe, étaient des femelles, atrophiées par leurs ber-

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ceaux plus étroits et leur nourriture inférieure. Or, comme ces ouvrières forment à peu près tout le peuple (moins cinq ou six élevées pour devenir mères, et quelques centaines de mâles), il en résulte que la ruche de vingt ou trente mille abeilles est femelle. La prédominance du sexe féminin, loi générale de la vie des insectes, a trouvé là sa plus haute confirmation. Point de neutres, ni dans les abeilles, ni dans les fourmis, ni dans toutes les tribus supérieures des insectes. Les mâles sont une petite exception, un accident secondaire. J’ai cru pouvoir dire : Au total, l'insecte est femelle. — La découverte de Mlle Jurine nous a révélé aussi le vrai caractère de la maternité d’adoption, admirable originalité de ces insectes, la haute loi de désintéressement et de sacrifice qui est la dignité de leurs cités.

Un mérite inférieur sans doute à celui des grandes découvertes, mais très-haut encore, est celui de nous représenter les êtres par le style ou par le pinceau dans la vérité de leurs formes, de leurs mouvements, et dans l’harmonie générale des choses auxquelles ils sont associés. Nul art ne semble devoir appartenir plus naturellement aux femmes. Une femme l’a commencé.

On a justement admiré l’illustre Audubon pour ‘avoir représenté l’oiseau dans ses harmonies complètes, dans son milieu végétal, animal, sur les

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plantes qui le nourrissent, près de l’ennemi qui lui fait la guerre. Mais on a trop oublié que le modèle de ces peintures harmoniques qui font si bien sentir la vie, a été l’ouvrage d’une femme, Sybille de Mérian. Son beau livre ( Métamorphose des insectes de Surinam), in-folio, en trois langues, 1705) est le premier où cette méthode admirable ait été inventée et appliquée avec talent. - / ...

On l’appelle mademoiselle, quoiqu’elle ait été mariée. Le nom de dame était encore réservé aux femmes nobles. Et elle reste demoiselle ; on ne la cite pas autrement que sous ce nom virginal. Ses livres de si grande science, de si grande persévérance, donnent l’idée d’une personne hors du monde des passions, toute dans L’art et dans la nature.

J’en ai dit un mot , mais sans parler de sa vie. Originaire- de Bâle, fille, sœur, mère de graveurs célèbres, et elle-môme excellent peintre de fleurs sur velours, elle avait longtemps travaillé à Francfort et à Nurenberg. Elle avait eu.de grands malheurs, son mari s’étant ruiné et séparé d’elle.; Elle avait cherché un refuge dans une société mystique, analogue à celle qui avait jadis consolé Swammerdam. L’étincelle religieuse de la science nouvelle, la théologie des insectes, comme l’appelle un contemporain, vint la frapper là. Elle connut la grande iiée de Swammerdam, l’unité de métamorphoses,

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et celle dont Malpighi avait étonné l’Europe dans son livre du Ver à soie : « Les insectes ont un cœur. »

Quoi 1 ils ont un cœur, comme nous 1 Comme le nôtre, il bat et s’agite, au mouvement de leurs désirs, de leurs craintes, de leurs passions ! Quelle idée touchante et propre à émouvoir une femme I... Mais cela est-il bien sûr? Beaucoup l’ont nié longtemps. 11 n’est plus permis d’en douter depuis qu’en 1824 la chose a été démontrée dans le Hanneton de M. Strauss.

Mme de Mérian partit donc du ver à soie. Mais sa curiosité, son avidité d’artiste s’étendit à tout. De son Allemagne, morne et terne, la Hollande, avec ses riches collections américaines, orientales, lui apparaissait comme le grand musée des tropiques. Elle alla s’y établir et s’appropria ces collections par le pinceau. Ces féeriques nécropoles, parées de la beauté des morts, ne firent qu’aiguiser en elle le désir d’observer la vie au pays où elle triomphe. A l’âge de cinquante-quatre ans, elle partit pour la Guyane , et , dans un séjour de deux ans sous ce dangereux climat, elle recueillit les dessins, les peintures qui devaient inaugurer l’art dans l’histoire naturelle.

L’écueil, en ce genre d’ouvrage, pour l’artiste qui n’est qu’artiste , c’est de faire trop bien , de faire la

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nature coquette, d’ajouter au beau le joli, les grâces et les mignardises qui feront qu’un livre de science trouve grâce devant les belles dames. Rien de tout cela dans l’ouvrage de Sibylle de Mérian. Partout une noble vigueur, une simplicité forte, une gravité virile. En même temps, à bien regarder, surtout dans les exemplaires qu’elle a coloriés elle-même, la douceur, la largeur et le gras des plantes, leur fraîcheur lustrée, veloutée, les tons ou mats ou émaillés et quasi fleuris qu’offrent les insectes, font sentir une main de femme, consciencieuse, tendre, qui n’a touché à tout cela qu’avec un respect plein d’amour.

Nous avons vu (page 162 ), au chapitre des Mouches de feu , les étonnements de la timide Allemande dans un monde si nouveau, quand les sauvages lui apportaient ses matériaux vivants, herbes vénéneuses, lézards et serpents, insectes bizarres. Mais l’étrangeté même de cette nature, les émotions du peintre tremblant devant ses modèles, l’inquiète attention qu’elle mettait à en saisir la physionomie changeante et les allures mystérieuses, en troublant fortement son cœur, éveillèrent son génie. Insatiable, jamais satisfaite dans ses représentations des réalités fugitives, elle ne crut faire connaître chaque insecte qu’en le peignant sous toutes ses formes (chenille, nymphe et papillon). Puis, cela ne lui

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suffisant pas encore, elle mit dessous le végétal qu’il mange, et, à côté, le lézard, le serpent, l’araignée qui le mangera. Ainsi la mutualité, l’échange de la nature apparaît; on touche au doigt sa circulation redoutable, si rapide en ces climats. Chacune de ces belles planches, si harmoniques et si complètes , n’instruit pas seulement par des détails vrais, mais par l’ensemble elle donne un sentiment profond de la vie, ce qui est une bien autre et plus forteinstruclion.

Une chose cependant me frappe, que du reste cet amour explique. Elle a peint l’un près de l’autre ces êtres qui vont se dévorer. Ils s’approchent, ils se regardent. Et vous pouvez en conclure l’imminence d’un affreux duel. Mais cette lutte dramatique, elle l’a cachée généralement. Elle a eu horreur de peindre la mort.

Combien plus lui eût-il coûté de pénétrer plus avant, d’ouvrir, d’éventrer ses modèles, et de forcer son pinceau féminin à la lugubre peinture du détail anatomique I

Telle est précisément la limite qui arrête les femmes dans l’étude des sciences naturelles. C’est qu’elles sont incapables d’en envisager les deux faces. Michel- Ange a beau nous dire : « La mort, la vie, c’est tout un. Ce sont pièces du même maître et de la même main. » Elles ne se résignent pas. Nul traité possible

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entre elles et la mort. Cela se comprend très-bien : elles sont la vie elle-même, dans tout son charme fécond. Elles sont nées pour la donner. Ce qui la rompt leur fait horreur. La mort, surtout la douleur, leur sont non-seulement antipathiques, mais presque incompréhensibles. Elles sentent qu’il ne doit venir de la femme que bonheur et joie. La douleur, infligée d’une main de femme, leur paraît (et justement) une horrible contradiction.

Trois choses leur sont possibles dans les sciences naturelles, les trois choses de la vie : l 'incubation des nouveaux êtres, je veux dire la tendresse des premiers soins; l’éducation , la nourriture (pour parler comme nos pères) des jeunes adultes ; l’observation enfin des mœurs et la fine intelligence des moyens de s’entendre avec tous. Par ces trois arts de la femme, l’homme se conciliera et s’appropriera peu à peu les espèces inférieures, même beaucoup d’espèces d’insectes. A elles reviennent tout à fait les arts de domestication. Si l’enfance n’était pas cruelle, du moins durement insensible, elle partagerait ces soins de la femme. Celle-ci, qui est un enfant tendre et doux, plein de pitié, est le médiateur de toute la nature.

Mais quant à la mort, quant à la douleur, quant aux lumières que la science en lire, n’en parlez pas

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à la femme. Elle s’arrête ici, vous quitte sur la route, et ne veut pas aller plus loin.

Elle dit, et l’observation peut paraître en effet assez grave (même aux esprits les plus rassis), que la science, dans les derniers temps, a marché par deux voies contraires : d’une part, démontrant par l’élude des mœurs et par celle des organes que les animaux ne sont pas un monde à part, mais bien plus semblables à nous qu’on ne l’avait supposé ; puis, quand elle a bien établi qu’ils nous sont tellement semblables, donc très-capables de souffrir, elle veut que nous leur infligions les plus exquises souffrances, les plus cruellement prolongées.

La science, par ces côtés terribles, se ferme de plus en plus aux femmes. La nature, qui les invite à la pénétrer, les arrête en même temps justement par le sens trop tendre qu’elles en ont, par le respect de la vie qu’elle leur inspire elle-même.

De tous les êtres, les insectes semblaient les moins dignes d’être ménagés. On n’y cherchait que leurs couleurs. Cependant , quiconque n’y voit qu’un simple plaisir, y réfléchira longtemps en sachant que les insectes piqués vivent parfois dans ce supplice des années entières! (V. Lemahoux, et spécialement l’excellent Bulletin de la Société protectrice des animaux, sept.-oct. 1856.)

A mesure que les femmes connaissent les instincts

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maternels de ces êtres, leur tendresse infinie , leur ingénieuse prévoyance pour les objets de leur amour, combien devient impossible à des mères d’immoler ces mères et de les supplicier !

Le sentiment qui fît commencer les études dont ce livre devait sortir est aussi celui qui les a suspendues. Leur premier attrait se trouva dans la révélation d’Huber, dans cette vive apparition de la personnalité de l’insecte. Mais ce qui avait semblé paradoxal, incroyable, quand on le vérifie, se trouve inférieur à la réalité. La vue de tant de travaux, d’efforts pour le bien commun , le spectacle de ces vies méritantes impose à la conscience, *et rend de plus en plus difficile de traiter comme une chose l’être qui veut, travaille et aime.

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