‹ L'instant éternelChapitre 68 sur 101 · TOUT PARLE DE DEPART · texte numérisé non relu

TOUT PARLE DE DEPART

Tout parle de départ, le vent du sud qui passe,

Les tilleuls effeuillés.

Et le grand fleuve ouvrant, aux confins de Tespace,

Ses yeux ensoleillés.

Tout parle de départ, le souffle des eaux bleues,

Le pont profond et noir, Une barque qui vient de faire tant de lieues

Dans la lune et le soir.

Tout parle de départ, le silence à ma porte.

Et mon âme tout bas, Et, surtout, cet émoi plus vif qui me transporte

Au-devant de son pas.

Tout parle de départ, mes pleurs dans mes mains nues,

L'horloge, le destin.

Et le vol véhément et si changeant des nues

Sur le ciel du matin.

Tout parle de départ, la lampe qui se voile

Et dont meurt le regard Sur mon cœur et mon livre, en un reflet d'étoile...

Tout parle de départ...

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