‹ L'instant éternelChapitre 69 sur 101 · AH I VOUS AVEZ RÊVÉ · texte numérisé non relu

AH I VOUS AVEZ RÊVÉ

Ah I vous avez rêvé, petite amante heureuse... Petite amante triste, il faut vous réveiller... Vous donniez à l'aimé votre ardeur amoureuse... Il ne vous parla pas... Vous avez sommeillé...

Vous avez cru goûter sa présence divine Parce que vous goûtiez Péclat du firmament, Et vous avez, hélas 1 porté dans la poitrine Un cœur dont il n'a pas compté le battement.

Faut-il que l'on vous plaigne ou que l'on vous envie, Vous qui teniez aux doigts cet irréel miroir Où ne se montre, enfant, que l'ombre de la vie, Où passe, tout voilé, le mensonge du soir?...

Eh I bien, on vous louera, vous qui fûtes crédule, Qui portiez la chimère en riant dans vos bras, Vous qui baissiez les yeux au fond du crépuscule Tant vous sentiez certain l'amour qui ne fat pas.

N'en sont-ils pas moins vrais les pleurs que vous versâtes

Parce que votre aimé se tut, insoucieux ?...

Et faudrait-il nier Todeur des aromates

Quand ils sont répandus sur les pieds des faux dieux?...

Ah I vous avez rêvé... Mais vous en êtes telle Que la beauté s'arrête en vous voyant venir, Et vous avez, enfant, de votre heure mortelle Fait l'instant éternel qui ne doit pas mourir.

De la vie infidèle il vous reste les charmes D'avoir joint vos doigts blancs et d'avoir espéré.. . Et n'est-ce pas assez que d'avoir eu des larmes Et des yeux aussi beaux, enfant, pour les pleurer?,.

Page 1