LOI DE LA PÉRIODICITÉ
clair quelles doivent régler et diriger toute la vie des plantes.
Mais entre la vie des plantes et la nôtre se place la vie des animaux, et le propre de leur instinct est précisément de sentir à travers l’organisation cette influencedu dehors etd'ycéder. Telle époquevenue, nous sentons comme un vague malaise provenant d’une surabondance de vie qui demande à s’épancher au dehors; mais cette surabondance de vie, c’est librement que nous la faisons servir à un usage plus ou moins noble et dans la mesure où nous le voulons. Chez la plante, cette exaltation de la vie n’a besoin d’être suivie d'aucun mouvement; elle suffit à elle seule, à elle seule elle produit le résultat voulu par la nature. Si donc dans un être intermédiaire nous trouvons une sensibilité qui soit plus que la vie végétative de l’organisme et moins que l’intelligence, nous comprenons que de semblables phénomènes communiquent un moment donné une impulsion vigoureuse et précise d’où résultent des instincts.
Les naturalistes modernes ne démentent point les poétiques peintures de Lucrèce et de Virgile; ils nous décrivent aussi pour leur propre compte les effets étonnants de celle énergie qui s’allume tout à coup dans l’un des foyers de la vie, et qui détermine dans l’animal des mouvements violents vers un but spécial et marqué.
100 l’inbtinct et le milieu.
A l’époque de la reproduction , des mouvements insolites se manifestent dans la plante. Les organes floraux s’agitent, les fleurs femelles, les fleurs mâles se dressent en s’inclinant pour se rapprocher les unes des autres. Souvent les anthères s'ouvrent avec une sorte d’explosion du côté du pistil pour lancer sur lui la poussière fécondante. Le parfum, l’éclat des couleurs, enfin l’élévation souvent extraordinaire de la température de la plante, tout annonce un travail qui a doublé l’intensité de la vie. Or , qui ne sait qu’un pareil travail s'opère aussi à époque fixe dans l’organisation de l’animal (1)? Cette périodicité des influences extérieures coïncidant avec la périodicité des besoins se manifeste chez lui par l’un des faits les plus admirables de la nature : je veux parler des migrations.
On sait comment toutes les parties du globe sont en communication l’une avec l'autre, et comment des courants atmosphériques, les uns accidentels et fortuits, les autres périodiques, d’autres enfin permanents et constants, entretiennent une sorte d’échange et réalisent un équilibre nécessaire entre les différentes températures qui régnent sur les divers points de notre planète. Chacun connaît l’ex-
(!) Chez un grand nombre d’animaux (oiseaux, batraciens...), les testicules s’atrophient (tendant la saison froide, puis au printemps se développent de nouveau , comme les bourgeons et les feuilles des arbres.