LES MIGRATIONS
gés d’aller chercher dans des climats nouveaux une nourriture conforme à leurs appétits et à leurs goûts , car il arrive que la rigueur du froid, faisant disparaître les insectes, prive un grand nombre d’oiseaux de leur chasse habituelle. Suivant l’illustre inventeur de la vaccine, Jenner, ce qui détermine le départ du plus grand nombre , ce sont les changements périodiques qui s’accomplissent dans leurs organes génitaux ; et il est encore certain que beaucoup d’espèces trouvent, en émigrant, un climat plus favorable à l’accouplement et à la propagation de leurs petits, ainsi qu’à leur nutrition. Ces explications, est-il nécessaire de le dire, sont aisément trouvées en défaut dès qu'on cherche à les appliquer à toutes les migrations. Mais on a trèsbien observé que si ces raisons ne peuvent , prises isolément, s’appliquer à tous les cas, il faut néanmoins tenir compte des unes et des autres. Aussi, un savant ornithologiste conclut-il : l'explication par les phénomènes atmosphériques que pressent la sensibilité exquise des oiseaux est certainement la plus vraisemblable. Ajoutons que ce fait coïncide, tantôt avec les circonstances de la génération , du rut, etc., tantôt avec la rareté de la nourriture, tantôt avec l’un et l’autre des deux cas (1).
Concluons à notre tour qu’ici comme ailleurs,
(t) Gerbo. — Dict. de d’Orbigny.
l’instinct et le milieu.
une harmonie vraiment préétablie préside aux instincts, les détermine et les dirige. Sans doute, chez les animaux supérieurs, le milieu interne s'isole et s'affranchit de plus en plus du milieu cosmique. Mais il subit toujours l'influence des conditions atmosphériques. Tous deux paraissent soumis à une loi de périodicité dont l’action toute-puissante ne s’arrêtera que devant l’universalité et la liberté des actions humaines. Nous pouvons donc, dans ce fait particulier, constater deux choses d'un égal intérêt. Nous y voyons d’abord qu’en dehors même de toute hypothèse et de toute conjecture , le milieu constant où vit l'animal achève de déterminer et de fortifier l’impulsion, d'où nous semblent résulter les actes instinctifs. Car, à la périodicité des besoins et des stimulations organiques vient s’ajouter la périodicité des stimulations extérieures. De plus , nous pouvons comme entrevoir cette gradation dans les mouvements émanés de forces distinctes mais destinées à s'équilibrer les unes les autres, et qui constituent, par-dessus l’unité du monde, la diversité infinie de ses phénomènes. Avant tout, se manifestent à nous les mouvements mécaniques de la matière. Ce sont les transformations multipliées de la force physique, les effets variés, divers, mais toujours égaux, de son inépuisable énergie. Ces mouvements se continuent en quelque sorte dans la vie des êtres qu’ils