‹ L'instinct (volume 2)Chapitre 31 sur 72 · I.’lNSTIN'CT ET LA SENSIBILITÉ HUMAINE · texte numérisé non relu

I.’lNSTIN'CT ET LA SENSIBILITÉ HUMAINE

breuses de cette môme inclination , sinon dans la diversité des opinions que l'intelligence humaine se fait et d’elle-môme et de la nature divine? Supposons un peuple encore ignorant : il ne soupçonne môme pas la constance et l’unité des lois physiques; il ne connaît aucun moyen de faire tourner à son usage les forces qui agissent autour de lui. Derrière les phénomènes de la nature , il verra donc une puissance particulière, ou tout au moins l’intervention spéciale de la puissance suprême qu’il sera tenté de se représenter surtout comme hostile et irritée contre lui. Faudra-t-il beaucoup d’erreurs encore et beaucoup d’habitudes contractées sous l’empire do ces erreurs pour engendrer les superstitions les plus bizarres, et pour provoquer de sanglants sacrifices destinés à apaiser la colère d’une jalouse divinité? Chez d’autres nations, la science, en montrant l’enchaînement nécessaires des phénomènes , semblera mettre entre l’homme et Dieu l’infini du temps et de l’espace: la pensée s’arrêtera si complaisamment dans les détails de l’œuvre immense, qu’elle ne remontera que rarement jusqu’à la cause première, ou qu’elle croira même souvent ne pas la voir. L’inclination religieuse sera singulièrement faible alors. Elle renaîtra cependant si les circonstances de la vie forcent l’esprit à se replier lui-même; car alors, dans les perspectives de la conscience, il apercevra partout le terme divin

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où tendent ses facultés ; il mesurera la distance qui les en sépare, et l’effort par lequel il essaiera de le diminuer deviendra bien vite le sentiment dont nous parlons.

En môme temps que l’homme agit pour lui, il contribue au bien des autres hommes , et en même temps que ses facultés saisissent de côté et d’autre, au fur et à mesure quelles se présentent , les occasions de se satisfaire , elles se rapprochent ou s’éloignent d’un bien solide, constant, absolu. Pour que l’inclination morale sorte de là , il n’est sans doute pas besoin que l’homme soit en état de raisonner sur le principe de l’obligation, l’idée du bien ou sur la division des devoirs ; mais tout au moins faut-il que l’intelligence saisisse les rapports de ces différents termes : bien particulier et bien universel, bien relatif et bien absolu. Je conçois, par exemple, une action qui ne convient qu’à un état transitoire et passager de mon être. Cette convenance, je l’aperçois, je la juge, c’est-à-dire que j’oppose à cette idée l’idée d’une autre action mieux d’accord avec ce qui m’apparaît comme essentiel et constant dans ma personne morale. Ici encore, si je tends à la moralité, c’est par l’activité de mon intelligence, qui me donne, avec la conscience de moi-même, la perception d’un rapport entre la nature de mon être et la nature des actions à accomplir.

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Mes facultés physiques et morales sont portées à un tel degré d’activité qu’elles ne sauraient plus se renfermer dans le cercle étroit des intérêts individuels. Si elles s’y réduisaient, la langueur et l'inertie les feraient promptement dépérir. Voilà bien la source d’où émanent l’amour de la famille, le patriotisme et l’amitié. La preuve en est que, chez les natures appauvries, ces sentiments ne germent guère, en dépit des liens fragiles qu’on se laisse imposer par la coutume et par la nécessité. Mais pour que ces sentiments puissent éclore et se développer, on conviendra bien qu’il faut le concours d'une opération de l’intelligence ; car il faut toujours que l’individu ait conscience de son état, qu’il entrevoie l'accroissement qu’il peut recevoir; enfin que, jugeant avec plus ou moins de vérité les individus avec lesquels il forme un ensemble , il les considère comme étant pour lui-même une cause de perfectionnement ou de bonheur. La plupart du temps , il est vrai , l’esprit ne s’arrête pas successivement à chacune de ces idées, et ce n’est pas après avoir pesé l’une et l’autre qu’il penche enfin du côté où la raison l’entraîne ; non. L’activité de l’intelligence réunit promptement toutes ces idées et les enveloppe dans une conception d’ensemble que sa complexité rend obscure et confuse. Mais pour n’être point suffisamment analysée, pour être souvent inexacte et incomplète, l’idée n’en est

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pas moins réelle, et l’on peut dire que, sans elle, l’inclination n’existerait pas.

Descendons encore un degré. Ne faut-il pas un pareil concours de la conscience pour que du développement de nos facultés personnelles sortent les inclinations, comme la curiosité, l’amour du commandement ou de la propriété, etc.? Ne faut-il pas une incessante comparaison entre l’état où l'on se trouvait hier et celui où on se trouve aujourd’hui, puis la perception de la cause vraie ou fausse de cette amélioration? 11 s’établit encore comme un double courant d’idées allant du souvenir du passé aux imaginations où l’on pressent l’avenir, de l’idée de soi-méme à l’idée des choses qui ont avec soi quelque rapport, et ce serait réduire l’inclination à une abstraction toute pure que de ne pas la voir dans cette direction et ces mouvements que s'imprime à elle-même l’activité de l’intelligence.

Arrivons enfin aux appétits du corps. Si la première origine des inclinations supérieures est dans un certain état de l’âme relativement aux choses du dehors, il est évident qu’ici l’origine de l'appétit est dans un certain état du corps et de ses fonctions.

Or, on ne saurait nier, sans doute, que les attraits purement sensibles ne soient infiniment moins précis et moins spéciaux dans notre espèce. L’homme est exposé assez souvent à s’empoisonner faute d’avertissements préventifs du goût et de l’odorat.

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La surexcitation des organes génitaux, loin de porter également l’individu aux fins voulues par la nature, n’engendre plus d’une fois qu’une sorte de perturbation générale et de vague malaise ; les inclinations morales, quelles qu’elles soient, lesentiment religieux lui-même peuvent en éprouver l’influence. .Malgré tout, bien que l’animalité soit en nous visiblement façonnée en vue d’appropriations supérieures, par notre corps néanmoins nous appartenons à l’animalité. Nous devons donc, pour ce qui concerne le corps, être soumis aux lois de l’animalité, tout au moins aux plus générales.

Et, en effet, quand certains besoins, comme celui d’entretenir ou de transmettre la vie, travaillent l'organisme, il y a toujours telle ou telle partie de l’individu qui est le siège d’une affection plus particulière et par cela même plus précise. Que sont ces affections et ces tendances, quand l’intelligence, qui généralement se mêle à tout et pénètre tout dans notre nature, ne se manifeste pas? Nous aurons plus tard à nous le demander. Pour le moment, en dépit du mot célèbre qui veut que l'homme seul sache manger, nous devons le reconnaître, il existe en nous des appétits qui n’ont rien d’intellectuel. Non-seulement l’organisme tout entier a ses exigences, mais chaque sens en particulier a les siennes, car il aspire à un certain état normal. Tant qu’il n’y est pas parvenu, tant qu’il

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est en deçà ou au delà ; l’esprit ne saurait accomplir paisiblement ses travaux, son attention est tiraillée en sens divers par le besoin et la souffrance. Ainsi donc, il se produit dans notre sensibilité certains mouvements qui ont leur origine dans les fonctions du corps; ils sont moins précis, sans doute, mais enfin ils sont au fond de la môme nature que les . mouvements correspondants qui entrent dans la sensibilité tout instinctive des animaux.

Mais la question n’est pas de savoir si l’instinct se trouve représenté dans la nature humaine comme certains organes atrophiés représentent plus ou moins dans une espèce le groupe dont elle fait partie. La question est de savoir si tous les mouvements de la sensibilité humaine sortent ou non de ces premiers instincts sans l’action d’un principe supérieur. Or, c’est là, je crois, ce qui est impossible à soutenir. Sans nul doute, ces premières inclinations peuvent être considérées comme le premier point de départ de toutes les autres, car elles nous forcent à entrer en communication avec le monde; elles nous poussent à manier les instruments nécessaires pour étendre notre action sur le dehors, et elles donnent enfin le premier éveil à notre puissance personnelle. Mais pour que notre personnalité s’élève à toutes les autres inclinations, que d’états successifs l’intelligence ne doit-elle pas se créer à elle-même par sa propre vertu ! Oui , ces

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premiers appétits constituent, comme nous l'avons dit , la matière d’où sortent les premières inclinations morales; à une condition cependant, c’est que la conscience de soi-même vienne révéler à l’homme l’existence de ses facultés. De celte conscience naît une vie nouvelle qui , au fur et à mesure qu’elle se développe , multiplie les relations de l’individu avec les hommes et les choses; à chacun de ces degrés où le travail de notre activité volontaire et intelligente fait remonter notre nature, la conscience que nous avons de nous-mème et la vue de ces relations variées déterminent en nous des mouvements nouveaux, et ces mouvements tendent eux-mêmes à produire une forme plus riche encore de la vie.

Ni l’une ni l’autre de ces deux théories que nous citions en commençant ce chapitre n’est donc vraie. Les inclinations de la nature humaine ne sont pas des mouvements irréductibles, inexplicables et sans causes; mais, d’autre part, ces causes ne sont pas le concours du mécanisme physiologique avec la pure sensibilité. Les inclinations propres à la nature humaine sont des produits de l’intelligence.

A la vérité , cette intelligence ne cherche pas à embrasser tous les aspects de la réalité; elle ne mesure pas toujours exactement toutes les relations qui peuvent exister entre la personne humaine prise dans son tout et les êtres en face des-

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quels elle se trouve. Qu'on prenne un homme dans un moment quelconque : ’la suite des événements qu'il a traversés, les principaux faits de sa vie intérieure ont porté scs facultés à un ton ou à un autre. Il s’aperçoit donc lui -même par un certain côté, et sans analyser les habitudes, les besoins, les idées que son état actuel suppose, c’est de la conscience plus ou moins confuse de cet état qu’il part , si l’on peut dire , pour apprécier à quel point l'objet qui s’offre à lui vient étendre ou compléter son être. Si notre esprit ne fait effort pour s’élever à une liberté plus grande, il ne jugera donc cet objet que par le rapport qu’il peut avoir avec la situation relative peut-être et passagère où nous nous trouvons : puis c’est en vertu de ce jugement qu'il le recherchera ou l’évitera, l'aimera ouïe haïra. Alors l’activité intellectuelle, n’embrassant que deux termes très- rapprochés , ira promptement de l’un à l’autre. Cette rapidité et celte partialité de l’intelligence présentent quelque analogie avec l’instinct , ce sont elles qui constituent chez nous l’état passionné.

L’inclination, en effet, n’est, comme nous l’avons dit, qu’une pure abstraction, si on ne l’envisage passant par les différents états d'amour, de désir, de crainte et d’espérance, qui sont ce qu’on nomme communément les passions. Comment l'animal peut éprouver , sans avoir aucune idée , quelques-unes

de ces passions, on l’a vu. L’animal ne déploie son énergie que pour un très-petit nombre d’objets toujours les mômes. Ces objets reviennent périodiquement l'affecter : ils trouvent son organisation toute préparée soit par les dispositions de sa nature, soit par les habitudes qu’on lui fait contracter et grâce auxquelles on a tourné vers un but déterminé les ressources spéciales de son organisation et de sa sensibilité. Les rapports de ces objets avec l’animal n’ont donc pas à être appréciés par une opération intelligente; c’est par le seul intermédiaire des sens et de l’imagination qu’ils émeuvent l’individu. Chez nous, sans contredit, ni la vue des mets et des boissons, ni la vue de ce que Lucrèce décrit avec son âpre poésie : mulier toto jaclans de corpore amorem, n’ont besoin du concoùrs actif de notre intelligence pour exciter ces appétits et ces mouvements physiologiques , sur lesquels il serait au moins superflu d’insister. Mais pour peu que le mouvement continue, l’intelligence s’en empare, d’abord parce que l’être ne peut pas se scinder et n’agir qu’avec une partie de lui-même, puis parce que ni les sens ni les autres organes ne suffisent à diriger l’individu. A plus forte raison quand il s’agit d’objets qui n’existent véritablement pour nous qu’à la condition d’être connus, les passions qu’ils excitent dans le cœur de l’homme supposent-elles un exercice actif de l’intelligence. Je ne crois pas qu’il

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soit besoin d’insister sur ce point depuis les pages célèbres de Spinosa, et je pense qu’on peut dire de toute passion quelle qu’elle soit ce que Pascal disait si admirablement de l’amour : « L’on a mal à propos ôté le nom de raison à l’amour , et on les a opposés sans un bon fondement l’un à l’autre ; car l’amour et la raison ne sont qu’une même chose. C’est une précipitation de pensées qui se porte d’un côté sans bien examiner tout; mais c’est toujours une raison. »

Le corps néanmoins a une grande part dans la passion. Quelle est-elle? La psychologie du dix-septième siècle voyait dans le trouble physique qui accompagne ordinairement celte précipitation de pensées un phénomène secondaire et accessoire, et il semble que les savantes recherches de M. Claude Bernard sur la physiologie du cœur confirment plutôt qu’elles ne contredisent cette manière de voir.

Le cœur, nous dit l’illustre physiologiste, peut, suivant les influences qu’il subit , ralentir ou précipiter ses mouvements. Suivant qu’il les arrête ou les accélère, il envoie plus ou moins de sang dans les organes, et le cerveau de l'homme éprouve instantanément le contre-coup de ces perturbations du système circulatoire. De là deux états principaux entre lesquels il peut y avoir beaucoup d’intermédiaires : 1° la syncope due à la cessation mo-

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mentanée des fonctions cérébrales par cessation de l'arrivée du sang artériel dans le cerveau ; 2° l’émotion qui, envoyant au cerveau une circulation plus active, surexcite les fonctions cérébrales.

Mais d’où part en premier lieu l’action qui détermine l’émotion ou la syncope? Du cerveau , organe de lintelligence. « Le cerveau est le point de départ de l’influence nerveuse sensitive. « Sans doute, suivant le degré de sensibilité de l’organisme, les mêmes idées produiront sur les fibres du cerveau, puis sur le cœur, puis encore sur le cerveau lui-même et sur l’organisme tout entier, une impression plus ou moins vive. Mais cette vivacité de l’émotion sensitive n'est pas tout; j’oserai même dire que ce n’est pas la partie essentielle du phénomène. Elle varie, elle s’affaiblit, elle disparaît ; la passion peut subsister encore avec les habitudes qu’a contractées l’intelligence. C’est donc l’état de l’esprit et la nature de ses pensées qui , en somme, caractérisent le mieux la passion. Si l’on veut définir une passion , c’est de la nature des idées qu’il faudra surtout tenir compte. Nous voyons d’ailleurs que le plus souvent ce sont elles qui produisent ces perturbations des fonctions du cœur.

Mais si les actions sensitives qui exercent sur le cœur les plus énergiques influences sont celles qui partent du cerveau, le cœur peut aussi être affecté

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par des impressions venues du dehors ou des organes internes. Dans ce cas, le principe de la passion n’est-il pas ailleurs ? Ici encore il faut distinguer deux choses : la force ou la faiblesse de la passion et la direction de la passion. Tout ce qui accroît ou surexcite notre énergie vitale peut nous porter à concevoir à la fois plus de confiance en nous-mêmes et un désir plus marqué d’élever plus haut toutes nos énergies , toutes les manifestations quelles qu elles soient de notre propre activité. La tension des organes augmente la tension de l’esprit. C’est ainsi que les excitants passagers, comme le vin et la musique , ou les excitants plus durables , comme les troubles physiologiques de la puberté, l’effervescence du sang dans la jeunesse et la température d’un climat sec et chaud peuvent augmenter la passion. Mais cette force ainsi tendue ne peut se diriger sur un objet sans que l’idée intervienne immédiatement. Les accidents physiologiques sont donc évidemment au nombre de ces causes qui modifient l’état actuel de l’individu , mais de la conscience de cet état ne peut sortir une passion, comme nous l’avons montré, sans le concours de l'intelligence. Cette excitation, d’ailleurs, que fait-elle le plus souvent , sinon redoubler une passion préexistante, qui tourmentait en secret l’individu? Elle le rend plus facile à émouvoir par tout ce qui a trait à sa passion, et elle lui enlève la li-

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berté d’esprit nécessaire pour prêter son attention à tout ce qui lui est contraire ou même étranger. La pensée se porte ainsi d’un côté sans bien examiner tout; mais la pensée agit toujours. C’est parce que la pensée agit conformément à ses lois à elle que, par exemple, la force physique n’empêche pas, tant s’en faut, la faiblesse de caractère, et que le courage dépend de l’éducation de l’esprit, non de la vigueur des organes.

En résumé, nous avons vu chez les animaux deux ordres de fonctions , relatives les unes à la conservation de l’individu , les autres à la reproduction de l’espèce. Tous les états de la sensibilité de l'animal relèvent immédiatement de ces deux grandes fonctions physiologiques et des circonstances extérieures où elles sont obligées de se développer. Un petit nombre d’attraits particuliers , dont la plupart reviennent périodiquement, imposent à cette sensibilité des tendances précises, que l’imagination toute passive rend plus ou moins impétueuses, mais où la pensée n’a aucune part.

Dans l’homme, l’animalité apparaît aussi avec ses besoins fondamentaux; mais à peine le jeu des fonctions corporelles a-t-il donné l’éveil à notre personnalité , que celle-ci , prenant conscience d’elle-même , s’émeut en vertu des rapports qu’elle aperçoit entre elle et les choses. Non-seulement les premières stimulations physiologiques n’engendrent

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pas tous les mouvements de la sensibilité humaine, mais les quelques mouvements quelles provoquent immédiatement dans le corps et en vue des besoins du corps, ne peuvent même pas se continuer d’eux-mêmes et s’achever sans l’intervention d’une autre activité. Que cette dernière soit souvent excitée, agitée, troublée par la sympathie qui l’unit à l'activité vitale et à la sensibilité corporelle, rien de plus vrai ; mais ces excitations , ces agitations et ces troubles ne l’empêchent pas de se développer en vertu de lois tout autres que les lois de l’animalité. Nous trouvons là un principe supérieur et d’un autre ordre. Mais nous comprendrons mieux encore la nature de ce principe, quand nous aurons étudié les lois de l’intelligence. .

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