CONTRADICTIONS APPARENTES RAMENÉES A LA MÊME LOI
Exceptions et contradictions apparentes rainendes h la même loi et confirmant la théorie. — Instincts induits en erreur ou supprimes [M»r une action exercée sur les organes des sens, etc. — Variations provenant de la variété des circonstances qui influent sur l’organisme. — Les instincts de l'animal à l’état domestique et à l'état sauvage. — lliMe de l'hérédité dans les instincts.
Bien que les caractères que nous avons reconnus aux actes instinctifs et que nous avons essayé d'expliquer se retrouvent dans la généralité des cas, voyons cependant s’il n’existe pas des exceptions au moins apparentes, et demandons-nous si elles ne peuvent se ramener à la même loi.
L’un des caractères qui frappent le plus dans les instincts des animaux , c’est leur infaillibilité. Or, si cette infaillibilité provenait d'une sorte d’intuition ou de science infuse départie on ne sait comment à l'intelligence de l'animal , il semble qu’elle ne devrait jamais être mise en défaut. Si, au con-
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traire, elle n'a pour cause que la perfection môme (le l'organisme, on conçoit que celui-ci, dans un petit nombre de circonstances, puisse égarer l’animal , quand une cause accidentelle est venue le troubler ou l’altérer, ou quand une ressemblance exceptionnelle et fortuite dérange la coïncidence ordinaire des sensations et des besoins.
Or, c’est là effectivement ce (jui se produit. On pourrait en trouver chez les animaux supérieurs un très-grand nombre d’exemples. L’art de les prendre au piège ne suppose-t-il pas justement que leur instinct est guidé par des sensations particulières ? Provoquer par des moyens artificiels des sensations analogues à celles qui les attirent d'habitude, voilà, chacun le sait, en quoi cet art consiste. Il est difficile à pratiquer sans doute, parce que les sens de l'animal ont une pénétration que nous ne pouvons pas toujours soupçonner, et qu’on ne s’adresse pas toujours au sens qui est le guide principal de l’espèce. .4insi aucun changement de forme et de costume ne pourra tromper un animal qui est conduit par l’odorat ou par l’ouïe. Mais enfin l’art dont nous parlons existe, il réussit quelquefois; et la cause qui induit la bête en erreur se trouve être la môme que celle qui , dans fimmense majorité des cas, la mène sûrement à son but.
« 11 n’est pas difficile, » dit Dugès , « de donner le change à l’instinct, malgré ce qu’on a dit de la