I.'l.NSTI.NCT ET ININTELLIGENCE HUMAINE
L'intelligence tuini.iine n'est pas le proJuit de l'instinct ou de la sensation. — Les fonctions mémo des sens, malgré la part d'instijict qu'elles impliquent, ne nous donnent de résultats que gr.lco h une certaine élaboration active du principe personnel. — A quel point le réle de nos sens est restreint dans l'art et dans la science. — Toutes nos connaissances sont des abstractions et des |ierceptinns de rapports. — La perception des rapports provient de la réflexion et .suppose la raison. — Lois de la raison. — I.a connaissance que nous en prenons suppose b son tour la conscience, c'est-h-dire la connaissance que le principe personnel prend directement de lui-méme en agissant, — Comment le jeu naturel de ces diverses facultés enfante le langage.
Aux yeux de la grande majorité des savants, il n’existe entre les facultés de l’animal et celles de l’homme qu’une différence de degré : soutenir le contraire leur semble un pur paradoxe. Après avoir reconnu à l'animal la sensation , une espèce d'imagination, d’associations d’images et de mémoire, n’est-ce pas, dira-t-on , se contredire que de lui refuser l'intelligence? Ces facultés, ajouteront quelques-uns, ne sont-elles pas celles qui engendrent
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toutes les autres ? Et puisque l’intelligence varie d’individu à individu et de peuple à peuple au sein de l'humanité , quoi de plus simple qu’elle varie aussi d’un règne à l’autre dans la suite des êtres vivants?
Je ne m’arrêterai pas à ce dernier argument , qui confond avec les facultés fondamentales de l'intelligence humaine les manifestations et les œuvres de cette même intelligence. Celles-là peuvent être toujours et partout identiques ; celles-ci peuvent indéfiniment varier avec les conditions extérieures et conformément à quelques-unes des lois de notre nature, qui sont la nécessité des efforts continus, l’inégalité des résultats proportionnés aux efforts individuels et la possibilité du progrès. Ce qu’il s’agit d’examiner ici , ce sont les facultés constantes et universelles qui font que tous les hommes se comprennent et s’associent les uns avec les autres. Dans quel rapport sont-elles avec ces facultés animales où nous n’avons vu , on se le rappelle , que des phénomènes consécutifs à l'instinct, immédiatement liés à lui et dépendant de lui?
Du moment que notre corps est construit sur le même plan que celui des animaux , la pure sensation doit se retrouver chez nous comme chez eux. Comme eux nous avons des organes sensoriels, un système nerveux, un cerveau. Par conséquent, les phénomènes du monde extérieur se reflètent ou se
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répercutent en nous ; et de même que certaines substances conservent très-longtemps le mouvement vibratoire qui leur a été communiqué, de même il est possible que le cerveau reproduise sans nous ou malgré nous des images qui auront été une fois imprimées en lui.
Mais ces fonctions sensorielles que nous trouvons au point de départ de toutes nos connaissances, fournissent-elles seulement des matériaux à l’intelligence? L’engendrent-elles tout entière, ou, tout le moins, en font-elles partie? Bien que la doctrine de Condillac soit scientifiquement ruinée, elle n’en forme pas moins le fond de ces psychologies d’emprunt , bâties de pièces et de morceaux mal assortis, qu’on trouve, encore dans la plupart des physiologistes de second et de troisième ordre. Des esprits éminents en sont même encore à nous dire que c'est l’accumulation des impressions et des images qui produit en nous , par des associations devenues insensiblement des habitudes , la science tout entière. Disons-le, ce serait assez mal réfuter cette renaissance de philosophie condillacienne que de s’arrêter encore à voir dans la plupart de nos facultés autant de puissances irréductibles et comme des instincts spéciaux nous donnant ici l'interprétation immédiate des signes, là la perception instinctive et pour ainsi dire la contemplation de l’absolu. Sans avoir la prétention de donner ici une
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théorie de l’intelligence, essayons de recueillir les derniers et les plus authentiques enseignements de la psychologie et de la science. Cherchons si nos facultés proviennent ou non d’une source unique , et si cette source peut être la sensation.
Entre l'intelligence et les impressions physiques que les phénomènes extérieurs produisent dans nos organes, il y a très-certainement un intermédiaire; et, de même que dans le développement de nos inclinations, ici encore ce rôle est joué par l’instinct. Comme nous avons eu occasion de l'indiquer, les mouvements produits par les agents physiques, quand ils aboutissent à notre corps, y font naître des impressions multiples. Les parties si nombreuses et si ténues du système nerveux vibrent chacune à part : la physiologie et la physique analysent , comme on sait , tous ces mouvements avec une précision merveilleuse. Mais lorsque ces actions du dehors parviennent à l’être sensible , celui-ci introduit immédiatement son unité dans ces multiples impressions; et celte unité, avec le bien-être qu’elle procure , il tient à la conserver sous la continuité et la variété des phénomènes. C’est cette tendance instinctive de la sensibilité qui nous permet sans nul doute de distinguer nettement les objets extérieurs et d’introduire un certain ordre au sein de nos impressions sensorielles. Notre sensibilité, en effet, veut se retrouver, et
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■elle se retrouve dans la complication vraiment effrayante des impressions qui viennent affecter notre organisme (1). Par là, elle triomphe des difficultés que nous créent les imperfections si nombreuses, nous dit-on, de l’organe sensoriel. L’oreille désire entendre, et entendre avec une continuité que rien n’interrompe ni ne dérange : les intermittences la fatiguent; et si deux vibrations qui se -contrarient produisent dans les sons entendus des alternatives de force et de faiblesse, la délicatesse de l’oreille est blessée, de même que le nerf optique souffre devant une lumière vacillante. L’oreille ne peut sans doute se satisfaire elle-même; mais elle dirige la voix, qui obéit de son mieux à ses exigences. Quant à l’œil, plus libre d’agir par luimême, il exécute avec toute la promptitude et la sûreté de l’instinct les mouvements que réclame sa sensibilité. S’il restait inerte et passif, les images se peindraient en lui confusément et en petit nombre; mais le besoin de voir, et de voir nettement, fait qu’il porte son regard avec une extrême mobilité sur des points divers de l’étendue. Quand il s’est assez arrêté sur un objet pour en avoir une image précise et distincte , il passe à un nouveau , et ainsi de suite; et cela si promptement, que ceux
(1) Ilolniholtz, Revue des cours scientifiques, 0 mars 1869. — A. I..augel. La voix, l'oreill; et la musique.
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qu’il a successivement regardés il les voit tous en un seul tableau, comme s’ils étaient placés dans un même champ qui fût partout également net. Non moins rapides sont les mouvements d’accommodation par lesquels l’appareil optique s’adapte tour à tour à la vision d’objets diversement éloignés, pour les voir distinctement l’un après l’autre. De pareils mouvements , pour ne citer que ceux-là, ne sont évidemment accompagnés d’aucune espèce de conscience. Ici encore, c’est donc l’instinct qui vient ménager la transition entre les phénomènes du corps et ceux de l’intelligence (1).
Mais loin que cette sensibilité et ces tendances instinctives de nos organes engendrent les facultés supérieures , d’ingénieuses et profondes observations établissent que ces facultés interviennent toujours pour diriger l’instinct et ne lui laissent qu'un rôle tout secondaire. Le nombre et la nature des objets qui attirent le regard de l’animal , en exerçant un certain attrait sur sa sensibilité, sont arrêtés par avance. La plupart du temps c’est l’odorat qui l’attire et qui le guide : c’est donc le sens qui dirige le sens et tout demeure instinctif. Aussi une courte expérience lui suffit-elle pour accommoder ses bonds et son élan à la distance où est le
(t) Holinholtz, Revue (le^ cours scientifiques, 6 mars 1869. — A. Laugcl, L'optique et les arts.
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gibier, soit vu soit flairé. Chez nous, ce qui gouverne l’œil, c’est l'attention intelligente, c’est la volonté de connaître les formes et les distances. Mais connaître, ici, c’est mesurer. Or, la mesure estelle dans notre organe? En aucune façon. On sait comment un changement dans nos habitudes peut dérouter nos sens; et comment le voyageur qui arrive pour la première fois en présence de l'océan ou des montagnes a besoin de choisir des points de repère, puis de comparer et de raisonner pour se rendre un compte à peu près exact des grandeurs et des distances.
Un écrivain aussi honorablement connu des savants que des philosophes, M. Laugel (1), résume ainsi, à ce propos, les plus récentes découvertes de la physique.
« Dans tous les phénomènes, chaque fois que l'esprit compare deux impressions de même nature , il crée en quelque sorte une mesure , et son habileté, son aptitude à apprécier les nuances, les détails, les différences, se proportionnent à cette mesure môme. L’intelligence introduit spontanément l’ordre dans la sensation : la sensibilité se rapetisse et s’enfle comme à volonté; elle se tient toujours en harmonie avec les objets qui la sollicitent... L’esprit obéit donc à une double loi : il
(1) Revue des Deux-Mondes, 15 février 1809.
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cherche toujours une mesure, et celte mesure trouvée, il y proportionne la sensibilité. » En d’au- Ires termes, quand les impressions venues du dehors nous assiègent , l’intelligence , par sa libre attention, pose, pour ainsi dire, le terme où doivent se diriger les efforts de l’activité animale de nos sens , et elle règle par cela même la nature de ces efforts. Entre l’impression organique et l’activité intellectuelle se place l’instinct , qui chez nous n’est pas plus indépendant de l’une que de l’autre, et il remplit l’entre-deux.
L’exercice de nos sens est donc , en somme, tout pénétré d’intelligence. A. Comte (1) observait déjà que les notions ne s’acquièrent que par une certaine réitération des impressions. Or, ajoutait-il, l’esprit ne pourrait être passif tout au plus que dans la première perception. Dès la seconde, il est préparé par la précédente combinée avec l’ensemble des notions antérieures. « Rarement, » dit M. Laugel , « nous voyons les choses matérielles deux fois de la môme façon et de manière à en recevoir des impressions identiques. La puissance mystérieuse qui élabore les impressions dirige tout son effort sur ce qu’il y a de plus stable et de plus indestructible dans chaque phénomène. Nous devenons singulièrement indifférents à ce que nous
(1) CitL- par Bù ranci et Ch. Robin, Trailide physiol., p. 64Î-S.
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présente de purement matériel celui de la sensation, pourvu que l’ébranlement physique ne soit pas de telle nature 'qu’il produise l’étonnement ou la douleur... En peu de temps, la vue-sensation s’efface devant la vue-jugement. » Nous comprenons par là que le sens par excellence, celui qui achève l’éducation de tous les autres et nous donne les matériaux des sciences les plus parfaites, soit le toucher. Dans le toucher, comme nous l'avons souvent répété, tout est affaire de relations calculées par l’intelligence; et la main, unité de mesure primitive de tous les hommes, n’est le plus merveilleux des organes que parce qu’il est le plus souple et le plus docile de tous.
Voulons-nous éprouver mieux encore la solidité de ces vérités? Cherchons ce que deviennent les produits de nos sens dans l’art et dans la science. Certaines couleurs affectent un grand nombre d'animaux d’une manière pénible ou agréable; ainsi on connaît l’effet produit sur quelques-uns d'entre eux par le rouge. Dans plusieurs espèces, les sons d’un instrument agissent sur la sensibilité générale à la manière d’un chatouillement tantôt voluptueux , tantôt irritant de l’épiderme. Nos sens, à nous, sont assez indifférents à telle ou telle impression particulière. Ce à quoi nous sommes sensibles, c’est dans la peinture, aux phénomènes de contraste, et dans la musique aux ac-
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cords, simultanés ou successifs, des sons. Ecartons même cette activité supérieure de l’esprit, qui juge les œuvres d’art en les rapportant à un idéal, et cherche à retrouver en elle l’expression de nos sentiments et de nos idées. Prenons les phénomènes en apparence tout sensibles dont tirent parti la musique et la peinture. Ils ne cessent de nous être indifférents que si notre jugement peut retrouver les rapports établis par l’artiste entre les différentes parties de son œuvre; et ici, l’esprit fait mille fois plus pour l’éducation du sens que le sens pour celle de l’esprit. « Il est peu de tableaux où il n’y ait point des lignes qui servent de mètres pour l’appréciation des profondeurs (1). Nous sommes si familiers avec la taille des hommes et des animaux, la hauteur des arbres , des édifices , que la présence de tels objets dans une image fournit immédiatement des données pour mesurer les autres. Les ombres portées , la grandeur , l’inclinaison qu’elles présentent nous sont aussi d’un grand secours, de même que les directions perspectives et l’affaiblissement de la lumière avec la distance. Mais, qu’on le remarque, c’est l'esprit seul qui travaille sur ces données. » Il faut un certain temps à l’esprit pour débrouiller ces données , pour discerner par exemple les lois de la perspective, et
(1) Laugel, L'optiyue et les arts.
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trouver le point juste. auquel tout se réfère dans l’arrangement du paysage ou de la scène. 11 en faut aussi, pour s’apercevoir à quel point telle ou telle figure est éclairée. Car ce n’est pas à l'intensité de la couleur choisie que se mesure l’éclat de la lumière et la vivacité du coloris : c’est à la dégradation bien ménagée des teintes et à la disposition des nuances que l’œil intelligent est obligé de parcourir pour arriver à l’objet éclairé. En résumé, depuis les premiers et maladroits efforts que fait l'enfant pour apprécier les distances des objets qu’il aperçoit, jusqu’à cette sûreté de coup d’œil de l’artiste, créant des espaces artificiels, où il institue, pour ainsi dire, une optique qui rivalise avec celle de la nature, c’est une seule et même éducation qui se continue. Cette éducation est arrêtée dans son développement un peu plus tôt ou un peu plus tard; mais dès le principe, c’est l’intelligence qui juge, compare et raisonne, qui élabore, en un mot, suivant ses propres lois, les matériaux fournis par les sens.
Si l’on doutait que la voix et l’oreille fussent soumises à des conditions analogues , on n’aurait qu’à penser aux styles si nombreux que la musique, à l’exemple de tous les autres arts, a successivement adoptés (1). L’auteur de la nouvelle
(t) Hclmholtz, Revue des cours lillér., 20 juin 1868.
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théorie physiologique de la musique résume ainsi le sens de ces variations destinées sans nul doute à se continuer encore. « Une combinaison de sons simultanés , » dit-il , « peut être plus ou moins dure qu'une autre. Cela ne dépend que de la structure anatomique de l’oreille et non de mobiles psychologiques. Mais le degré de dureté que l’auditeur consent à tolérer comme un moyen d’expression musicale dépend du goût et de l’habitude. Il en résulte que le système des gammes , des modes et de leur enchaînement harmonique ne repose pas sur des lois naturelles, invariables, mais qu’il est au contraire la conséquence de principes esthétiques qui ont varié et qui varieront encore avec le développement progressif de l'humanité. » Sans doute , quand un style est adopté, il en résulte des nécessités qui s’imposent à l’oreille, à la voix et à l'imagination des artistes. C’est ici que l’instinct peut intervenir encore, sentant ces nécessités, une fois que le choix libre de l’esprit les a créées, et s’y soumettant au fur cl à mesure quelles l’y contraignent. 11 exécute ainsi en détail les prescriptions de l'intelligence ; mais d’ailleurs il est toujours soumis à ses ordres, à sa direction, à son contrôle. Quant aux principes qui servent de fondement à chacun de ces styles, qui en déterminent et en règlent les divers éléments, il ne faut pas les attribuer à des lois inflexibles. « Car ils ne sont pas
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empruntés aux fatalités naturelles; ils sont les produits du génie de l’invention. » Ajoutons que si c’est le génie qui les découvre, c’est en chacun de nous l'intelligence, le jugement qui les comprend et les applique.
Si la sensation fournit peu de chose à l’art , elle fournit moins encore peut-être à la science. Un aveugle-né peut comprendre l’optique et un sourdmuet l’acoustique. Presque toutes les théories de physique peuvent s’établir sans avoir recours aux sensations, une fois, bien entendu, que ces sensations ont fourni la matière première de la connaissance. C’est une chose aujourd’hui hors de toute contestation que l'image, résultat immédiat de la sensation, est bien la condition et le point de départ de l’idée, mais qu’elle n’entre pourtant pas dans la construction de la science proprement dite, dont les idées sont les seuls éléments (1). Le sourdmuet et l'aveugle-né, à qui on expliquera les lois du son ou de l’étendue, chercheront sans doute à s’en former une image , en recourant aux sensations qu’ils éprouvent d'ailleurs. Cette image sera imparfaite et grossière ; mais quant à la partie essentielle de la connaissance, c’est-à-dire à la notion des rapports qui existent entre les différentes parties du phénomène, tous deux pourront s’en empa-
(1) Vachcrot, Essais de Philosophie critique, p. 51.
l’instinct et l’intelligence hdmaine.
rer; tous deux pourront s’en former les mômes idées que le commun des hommes. « L’esprit humain, » dit M. Cournot, » n’est pas une intelligence pure, mais une intelligence fonctionnant à l’aide d’appareils organiques; la vie intellectuelle est , dans l’homme, étroitement unie à une nature animale, d’où elle tire ce qui doit la nourrir et la fortifier. Nous pouvons sinon dégager complètement l’idée , du moins l’épurer successivement , affaiblir graduellement l’impression sensible ou l’image qui y reste unie dans les opérations de la pensée, et reconnaître clairement que ni les caractères essentiels de l’idée ni les résultats des opérations de la pensée ne dépendent soit de l’intensité de l’image, ou de l’impression sensible. La nature elle-môme , en émoussant graduellement certaines impressions sensibles par le seul effet de l’habitude , se charge de préparer cette analyse que doit ensuite compléter un jugement de la raison qu’on a exprimé dans cet adage aussi vrai qu’énergique : Summum principium remolissimum a sensi- Irus (1). »
Après les explications qui précèdent, on peut comprendre en quoi consiste l’idée. Qui dit idée ne dit pas image imprimée dans notre cerveau su-
(1) Cournot, Essai sur les fondements de nos connaissances , t. I. ch. VII, § m.