‹ L'instinctChapitre 39 sur 51 · ET LES LUIS SU' . ILOOIQUES · texte numérisé non relu

ET LES LUIS SU' . ILOOIQUES

taienl de côté el d’aulrc. Ce centre de gravité, c’est tout simplement la loi môme des faits comprise et acceptée par la raison privée et publique. Mais croit-on que ces lois, soit de la morale soit de l’économie politique, triomphent absolument par elles-mêmes '?Croit-on que par elles-mêmes, indépendamment de notre volonté raisonnable dont elles résument les conditions , elles aient le pouvoir de nous conduire à l’ordre et au bien? Ce serait attribuer une efûcacité bien étrange à ce qui n’est en définitive qu’une pure abstraction. 11 y a des nécessités sans aucun doute, mais la lutte de l'homme aveugle et passionné contre ces nécessités ne pourrait-elle pas entraîner l'agitation indéfinie , la stérilité, la ruine et la mort, tout au moins autant que l’ordre et la vie? Ces lois n’ont à proprement parler d’effet salutaire que du jour où nous les comprenons, c’est-à-dire du jour où notre activité se rend compte à elle-même des conditions dans lesquelles elle est appelée à s’exercer. Plus elle s'en rend exactement compte, plus ces lois lui paraissent conformes à ce qui doit être; et du moment où la majorité de la nation comprend, par exemple, certaines lois économiques telles que la raison des savants les a d’abord dégagées , la liberté morale éclairée s’applique à les faire partout triompher; bientôt elle y réussit, car elle va do plus en plus diminuant les exceptions, réduisant à néant l’action

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des causes perturbatrices, au lieu de se laisser égarer par elles (1).

Assurément, quand la raison humaine travaille ainsi à ordonner un groupe de phénomènes en en trouvant la loi, elle ne le fait pas tout d’un coup; car elle ne voit pas toujours l'ensemble tout entier : elle n’embrasse point par avance la suite des vérités particulières qui doivent servir à établir une loi générale, la suite complète des moyens qui doivent la conduire à un but. Une pareille puissance de raison se trouve rarement, soit chez les partis, soit dans les individus, soit dans les gouvernements et dans les écoles philosophiques. Quand, au bout de tâtonnements et d’efforts prolongés, un but se trouve atteint, l'histoire apprécie ce mouvement, elle en voit clairement le terme final , et , par suite , elle peut en marquer sans grande difficulté la direction. On dit alors volontiers que ceux qui ont marché dans cette direction pas à pas l’ont fait par une espèce d'instinct. Il n’est plus nécessaire, je crois, d’expliquer le sens et la valeur de cette métaphore. Cet instinct n’est ici qu'un moindre raisonnement, un raisonnement que nous trouvons court , en le comparant

(t) Ainsi le jirofïrt's semble devoir être de plus en plus la loi de riiumanitê, depuis i[ue rhuiiianité y croit. U itnporluit qu’elle se jugeât perfectible pour le devenir effectivement.

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