LA FEMME
la périodicité. A intervalles réguliers, marqués aussi par la souffrance , reviennent en elle des phénomènes tenant de près aux fonctions de la maternité qu’ils préparent, et qui intéressent si fortement l’organisme entier que , troublés , ils peuvent produire toutes les variétés de la folie.
Mais y aurait-il là de quoi autoriser cette opinion que la femme est une créature intermédiaire, en qui la nature s’est essayée à former un être supérieur? Sans parler des démêlés qu’une pareille thèse aurait avec la physiologie et l’anatomie, rappelons seulement que la femme a la raison. Il est possible qu’elle en use moins librement : mais son âme, c’est l’âme humaine; et bien que ses facultés animales soient plus périodiquement et plus étroitement soumises que celles de l'homme aux nécessité physiologiques, bien que son imagination soit plus fréquemment obsédée par des sensations plus pénétrantes, elle a conscience de son état physique et moral , elle peut comprendre la grandeur de sa mission et en accomplir librement tous les devoirs. Les deux sexes font partie d’une seule et même espèce. Je croirais ridicule d’insister sur des vérités si évidentes.
On nous dira maintenant que l’humanité, dans l'un et l’autre des sexes qui la composent, n’arrive pas tout d'un coup à la plénitude de son développement, et que la raison n’est que bien tard en
482 RKTouns apparkms a l’instinct.
possession d’ellc-inôme. L’enfance n’est-elle pas tout entière livrée à l’instinct ? L’éducation des parents lui infuse, pour ainsi dire, la civilisation que les siècles ont accumulée à l’aide des croisements, de la sélection, de l’hérédité. Mais en attendant, les premiers jours de l’enfant ne peuvent-ils nous donner une image fidèle de la condition primitive de notre espèce, et nous aider à comprendre les évolutions que l’animalité fut capable d’accomplir, s’il est vrai que, chez l’enfant, ce soit de l'instinct que sorte peu à peu l’intelligence?
L’enfant débute par un genre de vie instinctif, c’est ce qu’on ne saurait mettre en doute un seul instant ; nous verrons bientôt quelle est la signification de cet instinct. Mais ce qui est d’abord incontestable, c’est que l'intelligence est soumise à la loi du développement successif et du progrès , et qu’il lui faut des instruments déjà montés et accordés. L’étre physique a cependant des besoins qui ne peuvent pas attendre et qui doivent être immédiatement satisfaits. La sensibilité entre en jeu sous la pression de ces besoins, et elle contraint ellemême les organes à exécuter les mouvements qui doivent apaiser sa douleur. Voilà ce que nous avons indiqué quand nous avons parlé des premières tendances, des premières opérations sensorielles , des premières actions de l’homme. Comme la vie du corps devance de beaucoup celle de l’esprit ,