SCÈNE II / ^ANDRÉ, JEAN
(Celte scf'ne jouée avec une grande émotion, mais sourdcnuiiv. ïù...^ ■ . , .i , y mémo dans les répliques violentes. Afin que se dégage bien l'atmosphère YJ d'une maison endormie.)
ANDRÉ, à Jean qui entre par la baie.
Tu viens de la route?
JEAN
Oui... Cécile est couchée?
ANDRÉ
Depuis longtemps... Tu viens de la route? De quel côté?
JEAN, évasif.
Là-bas...
ANDRÉ
Alors, comment as-tu fait pour traverser le jardin des Silvan?
JEAN, saisi.
Tu m'as donc vu?
ANDRÉ
Sans doute.
248 L'INSTIiNCT
JEAN
Pourquoi ces questions?
ANDHÉ
Pour m'assurer que je no m'étais pas tronnpé ! Ainsi donc, tu es allé épier la villa de d'Arteuil?
JEAN
Kh bien, oui!
Toi!
Moi.
Jean Bernou!.
JEAN
ANDHÉ
JEAN
Lui-même — blotti derrière un arbre, faisant le guet pendant plus d'une demi-heurt!, les yeux fixes, le cœur en tumulte, avec l'angoisse des amoureux et des voleurs.
C'est insensé!
JEAN
C'est pitoyable!
ANDRÉ
A! tu le reconnais toi-même!
JEAN
Je le jeconnais.
ANDRÉ
Allons, il y a progrès depuis tout à l'heure.
JEAN
Il n'y a jamais progrès, ni depuis tout à l'heure, ni depuis hier, ni depuis des siècles. Vois-tu, André- nous ne sommes que de pauvres gens! I
ANDRÉ
Parce que?