SCÈNE V / ANDRÉ, THÉRÈSE
ANDRÉ
Ah! VOUS êtes là, Mademoiselle?
TnÈRÈSE
Oui, Monsieur. On m'a dit que vous vouliez me parler en secret. J'ai donc guetlé le départ de votre frère. Et mo voilà.
ANDRÉ
Ces façons de mystère ont dû vous indiquer de quoi il s'agit?
TUÉRÈSE
J'avoue que je ne m'en doute pas.
ANDRÉ
Je vais donc vous le dire. Celte maison est menacée d'un drame effroyable, parce qu'un homme vient de s'y introduire en fraude, comme un malfaiteur. Et c'est von*;, Mademoiselle, qui lui avez ouvert les portes.
Monsieur!
Est-ce vrai?
Non!
THERESE
ANDRÉ, avec autorité.
TOÉRÈSE
ANDRÉ, froidement.
Non? Je ne veux pas mettre votre parole en doute et, pour vous le prouver...
(Il se dirige vers la porte de gauche.) THÉRÈSE, àngoisséél"
Où allez-vous?
ACTK DEUXIEME 237
ANDKIÎ
Je vais dire à mon frère que sa femme le demande.
THÉRÈSE, dans un cri de terreur.
Ah 1 ne faites pas celai
ANDRÉ, revenant à elle.
Vous voyez qu'il est inutile de mentir.
TQÉRÈSE, avec douceur.
Oh ! Monsieur !... vous parlez à une femme !
ANDRÉ
Non, Mademoiselle, c'est au complice d'une assez vilaine action que je m'adresse.
XnÉRÈSE
Je n'accepte pas ce jugement.
ANDRÉ
Et les angoisses que je subis depuis une heure, les
accepteriez-vous?
TQÉRÈSE
Ce que vous appelez une mauvaise action n'est qu'un acte de pitié.
ANDRÉ
Permettez... nous n'avons pas le temps de nous payer de mots. Oui ou non, Monsieur d'Arleuil est-il en ce moment sous ce toit? précisons : dans cette chambre ? (Thérèse nô repond pas.) Oui OU uon, l'avez-vous amené!
THÉRÈSE
Au moins laissez-moi vous dire les motifs qui...
ANDRÉ
Oh! non, je vous en prie, ne m'e.xpliquez rien ! Je vous ai posé des questions nettes. S'il vous est pénible d'y répondre, je vais le faire pour vous. Vers sept heures, vous êtes allée par des détours, chez d'Arteuil, et, mes-
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sagère d'une rare complaisance, vous lui avez porté les conventions du rendez-vous. Il s'y trouvait exactement à minuit et demi. Vous l'attendiez dehors, et, bien persuadée que toute la maison était endormie, vous le conduisiez vous-même à la serre qui communique avec les appartements de Cécile. Est-ce exact?
THÉRÈSE
Dans le fait, oui. Mais vous ignorez...
ANDRÉ, interrompant.
C'est exact. Bien. Voilà ce que vous savez. Voici maintenant ce que vous ne savez pas. Pendant que vous exerciez vos bons oflices, mon frère, que vous croyiez couché, se trouvait en réalité dans le parc et moi, qui observais ce manège, j* me disais que le plus vraisemblable des hasards allait probablement déjouer vos précautions, en vous mettant face à face avec Jean. Et j'étais là, tremblant, ne pouvant ni l'éloigner, ni vous prévenir, impuissant à conjurer quelque malheur irréparable. Voilà ce que je viens de subir, et voilà ce que je ne souhaite pas à mon pire ennemi. Peut-être comprendrez-vous maintenant, Mademoiselle, que j'appelle les choses par leur nom et que je vous engage à ne pas mentir, lorsque vous dissimulez la vérité?
TflÉRÈSE
Faites, puisque vous ne voulez pas m'entendra.
ANDRÉ
Qu'avez-vous donc à dire?
TQÉRÈSE
Que mon intervention n'a pas le caractère que vos paroles lui prêtent.
ANDRÉ
Vraiment 1
THÉRÈSE
L'entrevue accordée à ce malheureux n'est, je vous le