ACTE DEUXIÈME
répète et je vous le jure, que le résultat d'un mouvement de pitié. Les apparences seules condamnent mon amie, mais Cécile n'est coupable que d'une imprudence, et, en me rendant complice de cette imprudence, je n'ai fait, moi, qu'obéir aux lois de l'amitié.
ANDRÉ
Vous avez trahi celles de l'hospitalité.
TUÉRÈSE
Vous auriez fait comme moil
ANDRÉ
Non, Mademoiselle. J'ai vu trop de douleurs justifiées dans ma vie, pour m'inléresser aux petits conflits sentimentaux qui vous mettent ainsi l'âme à l'envers. Ma pitié, je la garde pour de la vraie souffrance. La pitié! La pitié de Cécile! Votre pitié! Savez-vous ce qu'elles risquaient de commettre, vos petites pitiés déréglées et romanesques? Elles risquaient de pousser un honnête homme au meurtre !
THÉRÈSE, frissonnante.
Oh!
ANDRÉ
Tout simplement. A l'instant, à l'instant même... il vient de m'avouer que, s'il avait trouvé sa femme à la villa Gabri, il n'aurait pu résister à je ne sais quelle folie homicide! Alors que pensez-vous qu'il aurait fait, s'il avait trouvé d'Arteuil dans cette chambre?
TUÉRÈSE
Ah! Monsieur, c'est épouvantable!
ANDRÉ
Vous en convenez? Il est temps!
THÉRÈSE ^~-" '
Je vais prévenir Cécile et prier Monsieur d'Arteuil de quitter cette maison sur-le-champ.
260 L'INSilNCT
ANORK
Je l'espère. C'est bien pour cela que je vous avais fait appeler... Mais je vous recommande d'agir prudemment. Mon frère ne doit pas encore être couché et ses fenêtres
donnent sur le parc... (Thérèse très émue, »e dirige vers la chambre.) Faites vite ! (Thérèse va ouvrir quand tondant l'oreille il l'arrête d'un
geste.) Attendez donc!... J'entends des pas... (iiva vivement écoutera la porte de gauche.) Oui, OU vient!... Passez par la
serre !... (Thérèse courte la baie.) Ou plutôt nonî... nonl... H''
faites rien... Attendez dehors... je vous appellerai.
(Entendant les pas qui se rapprochent.) Allez!... Allez!...
(Thérèse sort (urtivoment.)