JEAN, CÉCILE
JEAN, doucement.
D'où venez- vous?
CÉCILE
Je n'ai pas bougé d'ici.
Vous n'êtes pas sortie?
CKCILE
Nou!
JEAN
Non... (Un silence, toujours trfs doux.) Ne perdons pas de temps, voulez-vous? Ce que nous avons à nous dire est très bref... N'essayez pas de m'égarer, vous venez d'échapper à ma poursuite. Vous avez bien fait, cela valait mieux. Vraiment, cela valait mieux. M;iintenanl, je suis calnK>, vous n'échapperiez pas à mes questions... Alors?... (Cécile veut parler.) Attendez... Vous êtes sortie, je !•' sais. André vous a vue, il me l'a dit. Et quand j'ai
ulu vous rejoindre, vous veniez à peine de franchir le portail. Vous voyez... N'éternisons pas... J'ai besoin de la véritt';.
CÉCILK
Vous la saurez.
Tout de suite.
JEAN
CECILE
Tout de suite. Je vous attendais pour vous la dire. J'ai décidé de vous livrer aujourd'hui toute ma pensée, toutes mes pensées, librement et loyalement. C'est le seul moyen que j'aie de pouvoir affronter une fatalité tragique.
(Jean la fixe et ne dit rien. Un temps.) C'CSt aUSSi l'ordre . de ma
conscience. De toutes façons, j'aurais écouté cet ordre, demain, après-demain, bientôt... Les circonstances m'obligent à obéir plus vite. Tant mieux. J'obéis.
JEAN
Quelles circonstances? Encore une fois, laissons les réticences et les phrases vagues. Tout cela doit se résumer dans un aveu.
CÉCILE
Lequel ?
JEAN
Vous avez un amant!