‹ L'instinct; Marthe; Dent pour Dent; Le premier client; Oedipe ... voit!Chapitre 158 sur 190 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

CECILE

Non!

JEAN

D'Arteuill

CÉCILE

Non!

JEAN

Vous sortez de

ses

bras!

CEI ILE

Non ! non! non! De ses bras!... Ah! le malheureux !... Ne dites pas cela !

JEAN

Je le dis parce que cela est, parce que je sais tout, vous entendez tout!. Parce que la douleur ne m'a même pas été épargnée de lire les lettres qu'il vous écrivait, et celle-ci notamment, celle ci... la dernière, celle qui vous fixait le rendez-vous où vous êtes allée.

Cl'.CILE

Ces lettres ne prouvent rien !

JEAN

Elles attestent que vous m'avez misérablement dupé!... Elles remuent toute cette boue de mensonge où vous pataugez depuis deux mois !

CÉCILE

Je ne suis pas sa maîtresse!

JEAN

Oh ! pas de subtilités! Voici des lettres. Les avez-vous reçues?

CÉCILE

Oui.

JEAN

Oui, vous les avez reçues, vous y avez répondu. Vous aimez cet homme. Est-ce faux?... Tenez, dites-moi bien

en face que vous ne l'aimez pas, osez me le dire en face, et je vous croirai !

ChiCILE, après un temps, d'uoe voix laible.

Je ne sais pas.

JEAN, UèspAIe.

Vous voyez bien !

CÉCILE

Je ne sais pas... Ne me faites pas dire autre chose que ce que j'ai dit... Je vous jure que je ne sais pas... Je me suis intéresst'e à lui parce qu'il était faible, souffrant, pitoyable... Sa douleur, sa tristesse, m'ont fascinée; voilà tout ce que je puis vous dire.

JEAN, glacé.

Alors?

CÉCILE

Alors, c'est vrai... Je vous ai promis d'être loyale, je vais lêtre jusqu'au bout... C'est vrai, peu à peu, il s'est imposé à ma vie comme un mal profond et nécessaire... C'est comme s'il m'avait reposé de ce qui m'entoure, de votre force tranquille qui ne cesse de peser sur mes épaules... de vos mains massives et décidées qui plongent tous les jours dans l-i sang... vos mains qui broient, qui coupent, qui coupent!... Il a mis quelque chose d'autre dans celte atmosphère de brutalité qui m'étouffe... 11 a été comme une jolie pensée triste que j'aurais trouvée dans vos livres sanglants... vos traités de boucherie où, à chaque page, on enseigne froidement à scier des membres, à trancher des chairs, à faire éclater des os!... Voilà!... C'est toutce que j'ai pudémèleren moi. Alors?... Est-ce que je l'aime?

(Jean n'a cessé de la regarder fixement. Un silçnce.)

JEAN 1

ri t ■ 1- »

Bien... C'est bien... C'est un coup... très dur... Enfin, je suis fixé; bien. Ah! un dernier mot. Vous... avez fait ce qui était convenu là-dedans?... Vous l'avez vu ce soir!

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