ACTE PR»ÏMIER
Oui.
LE DOCTEUR
Allons! c'est la première du paquet!... A nous les faveurs roses!... Et qu'est-ce que vous avez mis dans cette lettre?
J'ai mis : « Monsieur, vous m'avez sauvé la vie. Si vous n'êtes pas chez moi d'ici une heure pour m'entendre vous remercier, après ce qui s'est passif entre nous déjà, je tiendrai votre abstention pour une otTense. Or, je n'ai personne pour relever cette offense, et je suis une femme. Vous aurez donc commis une lâcheté. »
LE DOCTEUR, bougon.
... Avec laquelle j'ai l'honneur d'être, votre Juliette, ô Roméo !
Voyons, mon ami...
LE DOCTEUR, geste d'humeur.
Ah! tenez, amusez-vous bien. Je ne m'en mêle plus!
. (Il s'éloigne.) GILEOUAIN, à Marthe.
C'est avec ça que vous abattez une assiette à vingt mètres?
Mais oui!
GILEOUAIN, lacrédule et narqrftis.
On demande à voir!
Je n'ai pas vingt mètres de distance ici. Mais si vous voulez que je vous abatte une soucoupe? A quinze mètres, ça fera le compte à peu près.
68' MAUTIIE
GILEQUAIN
Par exemple, si vous faisiez ce lour de force!
Entendu!... Allez dans la serre. Prenez une soucoupe du service à thé, mettez- vous au fond, à gauche... tenez l'objet à bout de bras, et je vais l'abattre.
GILEQUAIN, défrisé.
Merci. Je n'aime point qu'on joue avec les armes à feu! Et puis, vous allez tout démolir ici !
La soucoupe seule! Je vous réponds des dégâts... Allons, vous n'osez pas. A vous la soucoupe, la Berronnière!
LA BERRONMÈRE
Je risque suffisamment ma peau sur mon auto, vous ne voudriez pas... ma chère amie. Du reste, j'ai un rendez-vous, je démarre!
(II lui baise la main et s'éloigne.) MARTUE, riant, à Gilequain.
Vous comprenez, à présent, pourquoi je suis une honnête femme !
LE DOMESTIQUE, annonçant.
Monsieur Georges d'Espar.