‹ L'instinct; Marthe; Dent pour Dent; Le premier client; Oedipe ... voit!Chapitre 41 sur 190 · MARTHE GEORGES · texte numérisé non relu

MARTHE GEORGES

GEORGES

Ça suffit. Eli bien, voilà... C e.-^i un.- iii.-.iwire, une pauvre histoire... qui donne tout de ni('me un petit frisson. Je vais vous la dire dans le moins de mots possible, et simplement... Je vous demande seulement de ne pas m'interrompre, car je ne l'ai jamais racontée personne, et je ne sais pas trop l'effet (jii'j ça va me faire... de la parler... vous comprenez, de la parler... Enfin, voilà... (Il fait un effort sur lui-mômo.) Voilà! La légende prétend que je suis sorti de rien... C'est vrai. Je suis sorti de rien. Je n'ai pas eu de père, je n'ai pas eu de mère... J'ai été ramassé quelque part dans le ruisseau... Ce jour-là, c'était la Saint-Louis... Et ça se passait à Verdun, de sorte qu'on m'a appelé Louis Verdun... Retenez ce nom, mais ne le prononcez jamais. Il est barré, je l'ai mis sous une pierre qu'on ne peut pas soulever... (Mouvement d© Marthe.) Attendez, attendez... Donc, la charité publique; m'a confié à des paysans... Ils ont élevé la ftête pour l'argent qu'on leur donnait, avec la fureur sournoise de ce que la bêle prenait à leurs propres petits. Ils m'ont rudoyé, ils m'ont appris la vie... Un jour, la bête est partie... Elle a traîné par les roules, elle a mangé l'herbe des talus, rongé l'écorce des arbres, volé la pâtée des chiens dans les fermes... Mais elle était robuste. Elle n'a pas crevé... Elle voulait vivre. Elle a donc planté ses crocs dans la gorge de tous ses ennemis, elle a déchiré

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