ACTE PREMIER
arracher à tout ce qui vous tient, vous garder ù moi seul ! . . . Je vous dis que je suis un sauvage, un sauvage !...
MARTUE
Non, vous êtes un blessé. Vous guérirez 1
(Un silence.) GEORGES, humblement.
Vous ne m'en voulez pas de vous avoir parlé ainsi ?
MARTHE, sans répondre, doucement.
Je vous ai dit que, moi non plus, je ne suis pas heureuse
GEORGES
Oui, il y a dans votre regard du courage etdeladouleur, même quand vous souriez... Je sais !
Qu'est-ce que vous savez ?
GEORGES
Tant de choses !... La grossière duperie que fut votre mariage... votre vie sacrifiée à ce misérable pour satisfaire la vanité bourgeoise de vos parents !... Ce que je sais?... Mais tout ce que révèle votre front pâli !...
MARTHE, sourdement.
Soit! Mais ce que vous ne pouvez pas savoir, c'est mon mépris pour la vie même, qui m'a tenue cinq ans enfermée dans des murs infranchissables en me laissant croire qu'il n'y a rien au delà, que tout n'est définitivement que vide, mensonge, lâcheté!... Vousavez souffert, moi aussi... Cela nous rapproche... Nous sommes dt^s égaux... Elmaintenant, taisons-nous... Nousnous sommes
compris, nous nous estimons... (Avec une grande ëmolion.) Ne
gâtons rien... sachons nous taire... ^n veut parler.) Plus un
mot, je vous en prie, plus un mot!... (Ello lui tend la main.)
A bientôt!
(Il lui prend la main, qu'il baise respcclueusoment.)
UN DOMES HQLi:, entrant à droite.
Monsieur le Marquis fait demander à Madame la Marquise si Madame la Marquise peut le recevoir.
(Marthe regarde ÛX"- 'I'— • "■': f^n im„„r,-,M,iil,lnnienl un
signe affirmatif.)
MAHIHE, au domestique.
Priez-le d'entrer. (Le domestique sort, a Georges.; \ .'ii.- inoZ
ce courage ?
GEORGES
Maintenant, j'ai ce couriuf 1