‹ L'instinct; Marthe; Dent pour Dent; Le premier client; Oedipe ... voit!Chapitre 90 sur 190 · ACTE TliUlSlliME · texte numérisé non relu

ACTE TliUlSlliME

D'AIiiUEROSE

Pas trop. Il me semble au contraire que je vous dis des choses d'un grand sens. Songpz que ce regard seul pouvait vous faire reconnaître... Car vous avez bien changé, depuis lors, et à votre avantage. Mes compliments! Mais c'est admirable comme la rage et la haine vous restituent le vieil homme !... C'est un éclair, le voile se déchire net... Et vos yeux, les mêmes, exactement les mêmes que le soir oii vous étrangliez votre chef àOran, ces yeux-là, mon bonhomme, c'estvotre nom inscrit enplein visage!... (Geste.) Eh bien, franchement, il fallait avoir assez d'empire sur vous-mêuie pour ne pas les montrer, ces yeux!... L'enjeu valait la peine, fichtre !... D'un côté, la marquise d'Aiguerose; de l'autre, le peloton d'exécution!

MAKTHE, hagarde, qui s'est traînëo jusqu'à d'Aiguerose, les mains tendues comme pour chasser une vision.

Oh ! non!... pas ça!... pas ça!...

GEORGES

Caîmez-vous, Marthe. Cet homme est foui

d'aiguerose De joie, c'est possible, cavalier Verdun.

GEORGES

Le cavalier Verdun est mort !

Ah ! vous êtes paré, parbleu ! Les papiers d'un autre, c'est classique. Mais qu'est-ce que des papiers devant une l)i)nne enquête ?

MARTHE, à d'Aiguerose.

Non : ... Non !.. . Vous ne commettrez pas cette infamie ! . . . Ce n'est pas possible!... Cruel, mais pas lâche!... Vous lï'ètes pas un lâche!... {Suppliante.) Dites... Ce serait aller jusqu'au bout du crime... Vous ne ferez pas cela!...

158 Mjiiii.;

d'aIGUEROSE, niarlolant les syllabes.

Sans hé-si-ter !

MARTUL, inruje jeu.

Vous ne le ferez pas... je barrerai le chemin... Tenez... je vous supplie... Regardez... regardez, je vous supplie...

f.EOKGES

Marthe, je vous en conjure, relevez-vous !

MARTUE, sans l^couter.

Je supplie... Ce serait trop monstrueux... Ecoutez... écoutez... Il vous l'a dit, il a subi toutes les souffrances, toutes les duretés, toutes les misères... Vous, vous avez connu tous les bonheurs... Ah ! je suis folle!... Ce n'est pas cela, pas cela qu'il faudrait vous dire... Mais je ne sais plus... je ne sais plus...

d'aigu EROSE

De grâce, madame, épargnez-moi cette petite scèn Tout à l'heure, vous étiez moins suppliante.

MARTHE, se redressant, brusquement farouche.

Vous avez raison! Pourquoi supplier? Je ne supplie pas, je transige!

DAIGLEROSE

Vous dites ?

Je transige. Toute sa fortune... toute la mienne 1

d'aIGUEROSE, linierrompant.

Ah ! que c'est drôle I Sa fortune! vos fortunes !

Pour sa liberté, oui. Voyons, c'est bien payé ! L'affaire est bonne à prendre!

Page 1