SCÈNE III
CHARLOTTE, LUCIEN
LUCIEN
Qu'est-ce que tu écrivais là?
CHARLOTTE
Tiens, lis.
LUCIEN, lisant.
« Lucien^ vous êtes un amour, et fai une envie folle de (embrasser »... Âh ! ma petite Lotte!
(Baiser.)
CUARLOTTE
Crois-tu qu'on s'adore !
LUCIEN
Oui. On me gifle, mais on s'adore.
CHARLOTTE
Des pains et des jeux.
ITi. - LE nilvMIEU CLIENT
C'est exquis î
CBAKI.ul rii
Ahl sapristi !...
LUCIEN
Quoi encore ?
CUARLOTTE
La note du gaz!... As-tu de quoi payer la note du gaz?
LUCIEN, 80 fouillant.
On n'a jamais de quoi payer la note du gaz.
(SoDncrie dans l'antichambre. Tressaillement. Silence.) CHARLOTTE
Qu'est ce que tu me paries que c'est la note du gaz!
SCÈISE IV Les Mêmes, MARIE
MARIE, très émue.
Ah! Madame!. . Monsieur!...
CHARLOTTE
Je le disais bien !
LUCIEN
C'est e//e?
MARIE
Elle?... Non, Monsieur, Lui !
CHARLOTTE
Qui ça, lui?
MARIE
Un client I
CHARLOTTE et LUCIEN, avec une indicible stupear.
Non?
SCHNE IV 175
MAUIE
Si... Si!... Un client... Le premier client l
CQARLOTTE
Un vrai ?
LUCIEN
Pas de l'Assistance?
MARIE
Pas de l'Assistance. Mis comme un prince.
LUCIEN
Ça n'est pas une raison.
MARIE
Oh ! je le lui ai demandé !
CHARLOTTE
C'est l'heure des décisions fortes! Qu'il entre!
LUCIEN, à Charlotta
C'est ça. Laisse-nous.
CHARLOTTE
Laisse-nous!... Ah! non! Laisse-nous!
LUCŒN Moi? (Invoquant la femme do chambre.) Marie?
MARIE
La vérité m'est plus chère que Platon : il a demandé Madame.
LUCIEN, avec éclat.
Il a demandé Madame? Ah J ça, où se croit-il donc, ici?
CHARLOTTE et MARIE, avec angoisse.
Chûûût!!!
MARIE
A présent qu'on le tient, ce serait malheureux tout de même s'il s'en allait !
170 LE riU:M 11:11 CLIENT
LUCIEN
Je ne démarre pas d'ici, c'est mon cabinet.
CilAKLOTTE
C'est le mien!
LUCIEN, s'installant.
Soit. C'est le nôtre. Restons.
MARIE
Au nom des intérêts sacrés de Monsieur et Madame, j'engage Monsieur et Madame à remettre la gifle à tout à l'heure.
CHARLOTTE, à Lucien.
C'est bien. Tu me paieras ça. (a Marie.) Faites entrer.
(Marie sort, Charlotte s'installe à la table, LucieQ, assis devant la cheminée, lui tourne le dos et lit un journal.)