‹ L'instinct, ses rapports avec la vie et avec l'intelligenceChapitre 28 sur 50 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

e qu’annonce l'organisation physique de l’homme.

Les organes d'actions, les organes des sens, etc., sont soumis dans l'homme à des lois diamétralement opposées à celles qui les régissent dans l'animal : ils manifestent des accommodations à une fin supérieure, c’est-à-dire à la vie de l'intelligence. Le singe et l'homme. — Tout annonce dans l’homme l’élaboration active d’un principe personnel.

Commençons par appliquer à l’homme la méthode qui nous a permis de nous rendre compte de la nature des animaux. Considérons-le un instant de dehors : et tel qu’il apparaît à nos regards, comparons-le à ce que nous savons des animaux , surtout de ceux qui, en apparence, sont le plus semblables à lui; cherchons à découvrir quelles appropriations son organisme porte, pour ainsi dire , inscrites en lui-même.

ce qu’annonce l’organisation

Mais avant de considérer son organisme, une première chose nous frappe tout d’abord ; c’est la variété indéfinie de ses œuvres. L’homme n'est point enchaîné à une industrie particulière. Toutes celles que les animaux se partagent une à une, il peut à lui seul les réunir et il peut en inventer sans cesse de nouvelles. Cette universalité, cette liberté se manifestent encore avec éclat dans l'indépendance relative où l’homme paraît être à l’égard du temps comme de l’espace. Tous les animaux ont une patrie déterminée, et cette patrie est d’autant plus restreinte, nous dit-on, que l’espèce est plus parfaite (1). En vertu de cette loi, l'induction la moins téméraire nous porte à croire que l’habitat assigné primitivement à l’homme par la nature est le plus restreint de tous : et pourtant l’homme est cosmopolite , moins encore parce qu’il peut se plier et s’acclimater avec le temps aux milieuxles plus divers, que parce qu’il plie et façonne à son gré la nature. De même, bien que son corps accomplisse des évolutions et soit soumis à plusieurs influences périodiques, il semble bien, à considérer ses actions, qu’il est l’être de la nature le plus libre d'agir de mille manières différentes, en tout temps comme en tout lieu.

Si maintenant nous prenons son organisation

(1) M. de Quatrefages, Rapport sur les progrès de l’ anthropologie.

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