‹ L'instinct, ses rapports avec la vie et avec l'intelligenceChapitre 29 sur 50 · PHYSIQUE DE L’HOMME · texte numérisé non relu

PHYSIQUE DE L’HOMME

dans son ensemble , assurément elle est soumise aux lois de la matière, aux lois de la vie, et à la plus grande partie des lois de l’animalité proprement dite. Il faut qu’elle se conserve, s’entretienne et se reproduise. Il faut qu’elle se nourrisse, il faut qu’elle se meuve au milieu du monde extérieur et qu’une partie plus délicate d’elle-même soit accessible aux impressions qui établiront entre elle et les choses de la nature une communication incessante. Mais quels sont les moyens qu’elle a pour agir? et quel est le mode de cette communication? Seul entre tous , l’homme n’a reçu ni son vêtement ni sa défense. Sa main n’est ni une arme, ni un outil : elle ne présente aucune appropriation matérielle qui la destine à un usage spécial. A dire vrai, c’est moins un organe d’action qu’un organe sensoriel : lorsque l’homme agit, c’est avec des outils artificiels , c’est surtout en faisant appel aux forces delà nature, qu’il rapproche, combine et fait travailler pour lui.

Quant aux sens, nous l’avons montré déjà, ils sont gouvernés, dans l’animal et dans l’homme, par des lois tout opposées. On sait combien le rôle de la sensation toute pure a diminué dans notre espèce et comment cette sensation ne peut plus être à elle seule et par elle-même notre guide. Mais si nos sens se trouvent être bien inférieurs à l’animal pour l’acuité, la finesse et la sûreté de tel ou tel d’entre

ce qu’annonce l’organisation

eux, en revanche nous les possédons plus complets, plus en harmonie les uns avec les autres, accessibles à des impressions infiniment plus variées, et obéissant tous à la direction d’un principe intérieur, qui s’exerce visiblement et par l’organe de la voix et par celui du toucher actif. Tandis que la partie périphérique du système nerveux , celle qui subit les impressions du dehors, est plus développée dans l’animal que la partie centrale où ces impressions convergent toutes pour persister et laisser des traces plus durables, dans l’homme c’est la proportion inverse qui est la loi. Mais si le cerveau atteint dans ce dernier des proportions plus considérables, néanmoins, là comme partout ailleurs, il ne fait que recueillir les multiples impressions qui affectent l’organisme entier : il ne crée rien , il n'a aucune initiative, par conséquent il n’exerce par lui-même aucune direction. Or, d’autre part, l’organisation générale est loin de circonscrire ces impressions dans un cercle bien arrêté; elle est loin défaire pour notre espèce, comme pour les autres, une sorte de triage spécial qui préserve de la confusion et du chaos les fonctions du système nerveux. Si pesant, si étendu, si bien conformé qu’il puisse être, le cerveau, en recueillant tant d’images qui n'affectent pas d’une manière spéciale un sens ou une autre fonction particulière de la vie, ne fait donc qu'annoncer un principe nouveau et supérieur. N’en

Page 1