‹ L'instinct [Texte imprimé]Chapitre 20 sur 44 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

ce qu’annonce l’organisation physique de l’homme.

Les organes d’actions, les organes des sens, etc., sont soumis dans l’homme à des lois diamétralement opposées à celles qui les régissent dans l’animal : ils manifestent des accommodations à une fin supérieure, c’est-à-dire à la vie de l’intelligence. Le singe et l’homme.— Tout annonce l’homme, l’élaboration active d’un principe personnel.

Commençons par appliquer à l’homme la méthode qui nous a permis de nous rendre compte de la nature des animaux. Considérons-le un instant de dehors : et tel qu’il apparaît à nos regards, coniparons-le à ce que nous savons des animaux, surtout de ceux qui, en apparence, sont le plus semblables à lui : cherchons à découvrir quelles appropriations son organisme porte, pour ainsi dire, inscrites en lui-même.

Mais avant de considérer son organisme, une première chose nous frappe tout d’abord : c’est la variété indéfinie de ses œuvres. L’homme n’est point enchaîné à une industrie particulière. Toutes celles que les ani-

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maux se partagent une à une, il peut à lui seul les réunir et il peut en inventer sans cesse de nouvelles. Cette universalité, cette liberté se manifestent encore avec éclat dans l’indépendance relative où l’homme parait être à l’égard du temps comme de l’espace. Tous les animaux ont une patrie déterminée, et cette patrie est d’autant plus restreinte, nous dit-on, que l’espèce est plus parfaite *. En vertu de cette loi, l’induction la moins téméraire nous porte à croire que l’habitat assigné primitivement à l’homme par la nature est le plus restreint de tous : et pourtant l’homme est cosmopolite, moins encore parce qu’il peut se plier et s'acclimater avec aux milieux les plus divers, que parce qu’il plie et façonne à son gré la nature. De même, bien que son corps accomplisse des évolutions et soit soumis à plusieurs influences périodiques, il semble bien, à considérer ses actions, qu’il est l’être de la nature le plus libre d’agir de mille manières differentes, en tout temps comme en tout lieu.

Si maintenant nous prenons son organisation dans son ensemble, assurément elle est soumise aux lois de la matière, aux lois de la vie, et à la plus grande partie des lois de l’animalité proprement dite. Il faut qu’elle se conserve, s’entretienne et se reproduise. Il faut qu’elle se nourrisse, il faut qu’elle se meuve au milieu du monde extérieur et qu’une partie plus délicate d’ellemême soit accessible aux impressions qui établiront entre elle et les choses de la nature une communication incessante. Mais quels sont les moyens qu’elle a pour agir? et quel est le mode de cette communication? Seul

1 M. de Quatrefages, Rapport sur tes progrès de l’anthropologie.

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