‹ L'Institut catholique de Paris, 1875-1901Chapitre 10 sur 112 · Réunion préparatoire des évêques du 11 août · texte numérisé non relu

Réunion préparatoire des évêques du 11 août

En 1893, il fut rétabli sous le nom clc Commission de permanence, qu'il porte encore aujourd'hui. Cette commission se compose de sept archevêques ou évoques, élus pour trois ans en assemblée générale, et se réunit en juillet sous la présidence de l'archevêque de Paris. Elle est chargée de prendre les mesures urgentes pour la reprise des cours et de préparer les travaux de l'assemblée générale.

En retenant pour eux l'autorité principale sur l'Université naissante et la haute direction du personnel et des études, les évoques assumèrent aussi, comme il est naturel, l'obligation de la faire vivre et de lui procurer régulièrement les ressources financières dont elle a besoin.

L'assemblée générale, tenue le 11 août 1875, décida que pour couvrir les frais de première installation, les évêques feraient un appel collectif à leurs diocésains ; et que, pour assurer l'entretien annuel et le fonctionnement de l'œuvre dans l'avenir ils auraient recours h des quêtes diocésaines annuelles et à des souscriptions particulières et permanentes.

Une lettre collective fut en effet adressée le 8 septembre suivant aux fidèles de tous les diocèses engagés dans le projet de fondation. « Les dépenses à faire, y était-il dit, sont de deux sortes : les frais de premier établissement et ceux que comporte l'entretien annuel, notamment la juste rémunération des nombreux et éminents professeurs qui voudront bien se dévouer avec nous à cette grande œuvre. Il sera pourvu à l'entretien annuel au moyen de souscriptions permanentes et de quêtes diocésaines renmrvelées chaque année, comme cela se pratique dans un État voisin, qui nous offre sur ce point un bon exemple à suivre. . . Pour faire face aux premières dépenses, les évêques ouvrent, dès ce moment, une

lit L INSTITUT CATHOLIQUE DE PARIS

souscription et convient à y concourir tous ceux qui s'intéressent à la haute éducation scientifique, morale et religieuse de la jeunesse française (l). »

Après l'élan de la première heure, qui aATait pourvu largement à tous les besoins, les évoques, ne voulant rien laisser à l'imprévu, déterminèrent la part précise qui devait revenir à chacun d'eux dans l'effort commun. Un tableau de répartition fut dressé et accepté par tous les évoques présents à la séance du 22 juillet 1880, qui déterminait le minimum des apports annuels de chaque diocèse. Ces engagements épiscopaux, modifiés en 1898 quant à la quotité respective, forment la principale assise sur lequel continue à reposer l'existence de l'Institut catholique de Paris.

Les Administrateurs. — L'article 4 de la loi du 12 juillet 1875 statue que « les établissements libres d'enseignement supérieur devront être administrés par trois personnes au moins ».

Conformément à cette prescription légale, les évêques firent choix de trois administrateurs, qui furent investis de la mission de représenter l'Université dans tous les actes officiels.

Ainsi fut constitué, sous l'autorité des évèques, le Conseil d'administration.

Ce Conseil se compose des trois administrateurs, assistés du recteur et du vice-recteur, il a pour secrétaire le secrétaire général de l'Université.

Outre ses attributions légales, il est chargé de surveiller le côté matériel de l'Université et d'assurer la bonne gestion de ses finances. Chaque année il présente son rapport à l'assemblée générale des évèques.

1. Lettre pastorale des cardinaux, archevêques et évêques, du S septembre 1875.

Les trois premiers administrateurs nommés par les évèques, le 10 novembre 1875, furent :

M. Charles Hamcl, avocat, docteur en droit, commandeur du Saint-Sépulcre et de Saint-Grégoire-le-Grand, administrateur-trésorier et président du Conseil.

M. Ferdinand Riant, ancien élève de l'Ecole Polytechnique et de l'Ecole des Mines, membre du Conseil municipal de Paris et du Conseil général de la Seine, commandeur de l'Ordre de Saint-Grégoire-le-Grand.

M. le comte Eugène de Germiny, docteur en droit, qui ne fit que passer.

Il fut remplacé le 24 janvier 1877, par M. Octave Depeyrc, sénateur, ancien garde des sceaux.

Le 7 février 1882, M. Depeyre pria les évèques d'accepter sa démission, et on lui donna pour successeur M. Antonin Pages, docteur en droit, chevalier de la Légion d'honneur, ancien substitut du Procureur général près la Cour de Paris, démissionnaire, et depuis lors, [» résident général des Conférences de Saint-Vincent de Paul.

Enfin, à la mort de M. Riant, les évèques choisirent pour le remplacer, le 21- novembre 1897, M. Paul de Raynal, docteur en droit, ancien substitut du Procureur général près la Cour de Paris.

Les Autorités universitaires. — L'administration du dehors ainsi déterminée, il fallait établir celle du dedans et créer des Autorités universitaires, qui pussent faire face aux exigences quotidiennes d'un corps Avivant toujours en exercice.

Le Chancelier. — Rome désirait voir constituer d'abord une autorité supérieure, celle d'un Chancelier. nommé par le Pape, qui aurait les attributions d'un légat du Saint-Siège près de l'Université. Ce Chancelier

serait obligatoirement, ou du moins ordinairement (nisi alite?' sanctœ Secli visum fuerit), l'évêque dans le diocèse duquel se trouverait le siège de l'Université, afin d'éviter les conflits de juridiction (1).

Les difficultés que rencontra plus tard, comme nous le dirons bientôt, le projet d'institution canonique de L'Université ne permirent pas la réalisation de ce projet.

Toutefois, en 1895, quand furent érigées canoniquement les trois Facultés de Théologie, de Droit canonique et de Philosophie, les statuts de ces Facultés, revus et approuvés par le Saint-Siège, attribuèrent à l'archevêque de Paris, le titre et les pouvoirs de Grand Chancelier sur ces trois Facultés. « Auctoritate et nomme Summi Pontificis Facultatibus prssest, utpote Episcopos Instituti fundatores représentons, Archiepiscopus pro t empare Pariensis, ceu Magnus Caxcellarius (2).

« Si quid opportune constituendam sit, fiât co)isilio collegiorum, Rectoris assensu, et Magni Cancellarii anetoritate (3). »

Les autorités intérieures furent constituées par les évoques dans l'ordre de préséance suivant :

Le Recteur. — « Le Recteur est toujours un ecclésiastique. » Il est nommé et révocable par l'assemblée des évoques; sa nomination est soumise à l'agrément du Saint-Siège. Il est la première autorité universitaire, et il est chargé de l'administration ordinaire de l'Université (4).

En attendant que l'Université se complétât, les évèques jugèrent à propos de surseoir à la nomination d'un recteur proprement dit.

1. Procès-verbal de l'Assemblée générale des évèques du 26 i uillet 1877,

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