Projet de Bulle. Archives de l'Institut catholique
ministre de l'Instruction publique, au cardinal Guibcrt, a repris les négociations entamées depuis longtemps avec le Saint-Siège pour obtenir l'Institution canonique des Facultés de théologie. Il n'a plus aujourd'hui à solliciter cette Institution ; il accepte en effet la huile de 1 858 qui la confère. Toutefois avant de faire enregistrer et publier cette bulle, il a cru devoir demander au Souverain Pontife quelques modifications de forme qui ne sauraient soulever d'objections sérieuses (1). »
Pourquoi la Providence ne permit-elle pas qu'aucun de ces projets aboutit? Qu'il nous soit permis d'y voir une marque de sa protection sur l'Eglise de France.
« La société était alors comme imprégnée de doctrines qui renfermaient en elles-mêmes une secrète opposition à l'égard du Saint-Siège. Les amis de la royauté les regardaient comme la conséquence de leurs principes politiques, la magistrature comme un héritage de corps, les légistes et les incrédules comme une arme honnête et reçue pour attaquer l'Eglise, des évoques, des prêtres vénérables par leur âge et par leurs vertus les professaient aArec une bonne foi si parfaite qu'elle enlevait à l'erreur son venin.
« Gomment l'institution nouvelle n'aurait-elle pas subi l'influence d'un pareil milieu? Son enseignement aurait-il eu toute sa liberté ? aurait-il été conforme aux vraies traditions de l'Église?... Au lieu d'être un principe de paix pour l'Église et pour l'État, n'aurait-il pas été un principe de lutte et de discorde? (2) »
Depuis lors les événements ont marché ; la lumière s'est faite dans les esprits, les yeux et les cœurs se sont
1. Lettre de M. Wallon, ministre de l'Instruction publique, au cardinal Guibert, archevêque de Paris, "21 décembre 1875. Archives de l'Institut catholique.
2. M. l'abbé Conil. Discours prononcé à la séance annuelle de l'Institut catholique. 29 janvier 1879.
retournés xavs Home comme vers l'arche du salut, et lo concile du Vatican a mis en un puissant relief les prérogatives du Saint-Siège. L'heure prédestinée était donc venue de reconstituer dans des Universités créées sous le bénéfice d'une loi de liberté, les hautes écoles de théologie.
Non seulement le législateur français de 1875 n'y était pas opposé, mais il s'y montrait favorable; on peut même dire qu'il y encourageait Fépiscopat, et qu'il promettait à l'enseignement théologique la protection ou au moins la bienveillance des pouvoirs publics.
« Il est bien entendu, disait à la tribune de la Chambre, réminent rapporteur du projet de loi sur la liberté de renseignement supérieur, M. Laboulaye, qu'en parlant des trois Facultés (exigées pour le fonctionnement du jury mixte), nous avons en Ame les lettres, les sciences, le droit et la médecine. Nous avons tenu tout à fait en dehors de nos considérations la théologie.
« La théologie, en effet, figure bien sur nos programmes ; il y a bien une Faculté de théologie : et dans celle de Paris, notamment, ont passé les hommes les plus éminents de Fépiscopat ; mais nos Facultés de théologie ne donnent pas de grades. Qu'il se fonde des Facultés sous la direction des èvêques, arec l'institution canonique, nous y applaudirons . Mais, en vérité, quand on supprimerait les Facultés de théologie de l'État, je crois que cette réforme n'exciterait pas de grandes réclamations (1). »
On avait surtout remarqué que le texte même de la loi, se conformant à ces déclarations du rapporteur, et s'abstenant de désigner nommément la théologie, dont l'Etat voulait se désintéresser, lui réservait pourtant sa place par un et cœtera très significatif.