‹ L'Institut catholique de Paris, 1875-1901Chapitre 24 sur 112 · Assemblée des évèques des 31 juillet et 1er août ls · texte numérisé non relu

Assemblée des évèques des 31 juillet et 1er août ls

2. Assemblées des évèques des 31 juillet et 1er août 1878 et du 20 janvier 1879.

formel de l'École avant son ouverture, les évoques décidèrent seulement les deux points suivants :

Les clercs feraient d'abord, dans le grand séminaire de leur diocèse respectif, le cours complet de leurs études.

Ensuite quelques-uns d'entre eux, choisis parmi les plus distingués, seraient envoyés chaque année par leurs évoques à l'Ecole de théologie de Paris, pour y suivre, pendant deux ans, un enseignement supérieur et y prendre les grades canoniques.

C'était poser le principe de l'enseignement supérieur à deux degrés.

Gomme l'Université comptait dans sa circonscription trente et un diocèses, et bientôt après, trente-deux, ce mode de recrutement parut devoir suffire pour assurer à l'Ecole un personnel convenable d'étudiants.

L'Ecole ouvrit donc ses cours à la rentrée suivante. Le 7 novembre 1878, le P. Charles-Marie Jovene, de la Compagnie de Jésus, prononça le discours inaugural, auspicalis oratio, dans lequel il rappela les grands exemples des antiques Facultés françaises et traça d'une main ferme les lignes principales des méthodes que l'on se proposait d'appliquer (1).

Se tenant dans le rôle modeste de son titre, l'École théologique n'affecta point les allures d'une Faculté. Elle offrit seulement une direction pour le dogme, l'Écriture sainte, la philosophie et l'histoire ecclésiastique, aux clercs qui, ayant achevé le cours normal d'études du grand séminaire, désireraient s'initier aux recherches plus approfondies, aux méthodes propres à préparer le professeur, l'apologiste ou le prédicateur.

« Nous ne prétendons pas donner à nos élèves la

1. R. P. Ch.-M. Jovene. Thcologicae Facultalis in catholica Parisiensi Universitate auspicalis oralio, in-8°, Lahure, 1878.

science sacrée ; nous nous proposons de leur mettre en mains les méthodes indispensables pour y parvenir, de leur apprendre à étudier les sources, à consulter, dans chaque partie de l'enseignement, les auteurs qui font autorité, des documents que l'on ne puisse récuser, et à fournir les preuves qui défient l'épreuATe d'une discussion scientifique (1). »

L'école débuta avec quatre cours seulement. Le R. Père Jovene, théologien de haute valeur et d'une rare éloquence, fut choisi par les évoques pour professer le cours de théologie dogmatique.

INI. l'abbé Duchesne, l'élève et l'émule du commandeur de Rossi, qui professait déjà à la Faculté des lettres, prit l'histoire ecclésiastique à ses origines et l'étudia en faisant surtout appel aux ressources de la philologie, de l'épigraphie et de l'archéologie.

Un prêtre du clergé de Paris, M. l'abbé Paulin Martin, versé dans la connaissance des langues hébraïque et syriaque, capable de rivaliser avec les érudits allemands dans la critique des manuscrits, inaugura le cours d'Écriture sainte et donna aux étudiants les premières notions de syriaque et d'hébreu.

Enfin, le P. Ceslas Rayonne, de l'Ordre des Frères Prêcheurs, déjà professeur de philosophie à la Faculté des lettres, transféra ses leçons à l'Ecole de théologie, et fit de son nouvel enseignement une sorte d'introduction à l'étude de saint Thomas, afin de familiariser les étudiants au langage de l'École (2).

L'Université catholique de Paris s'accroissait ainsi d'un organe essentiel, et l'œuvre de défense religieuse faisait un pas décisif.

« Quand on a réclamé et obtenu la liberté de l'ensei-

1. R. P. Le Tali.ec. Séance solennelle de théologie, 29 juin 1883.

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