‹ L'Institut catholique de Paris, 1875-1901Chapitre 57 sur 112 · Chapitre u, p. 30 et o'ô · texte numérisé non relu

Chapitre u, p. 30 et o'ô

toutes les branches du droit, des conférences préparatoires aux examens, des conférences de parole publique sous la présidence des professeurs, des compositions écrites, des concours de fin d'année, et enfin des concours de doctorat (1).

Elle établit surtout, dès l'origine, le patronat, qui devait être pour les étudiants une sorte de protectorat moral. Chaque élève devait, après quelques semaines de séjour, se choisir, parmi les professeurs, d'accord avec le doyen, un patron qui devenait son conseiller et en quelque sorte le directeur de ses études et de sa vie dans le monde. Cette institution était d'une haute portée morale; elle demandait, d'une part, delà confiance, et, de l'autre, un esprit de sacrifice et de dévouement; bien pratiquée, elle était de nature à produire les résultats les plus avantageux. On voudrait pouvoir constater qu'elle ait continué h être appliquée avec le zèle et la vigueur des premiers jours.

La Faculté se préoccupa, avec une attention non moins louable, de mettre aux mains de ses élèves les instruments de traATail qui leur étaient nécessaires. La bibliothèque fut donc, dès le début, l'objet de tous ses soins. Non seulement elle l'enrichit et la fit enrichir d'ouvrages nombreux et choisis, mais elle passa aA^ec les éditeurs un traité avantageux qui lui permit d'acquérir toutes les thèses de doctorat en droit les plus dignes d'être consultées. Bien que la bibliothèque générale se soit fort accrue depuis lors, la Faculté n'a cessé de travailler activement à améliorer la section qui la concerne plus directement.

1. Il n'est pas sans intérêt de remarquer que plusieurs de ces créations furent aussitôt copiées par l'Etat, notamment la présidence et La direction, par les professeurs, des conférences de parole publique, et les concours de première et de deuxième année.

La situation topographique de l'Université catholique, sur la rive gauche, à une assez grande distance de la Seine, ayant fait craindre que la fréquentation des cours n'en souffrit, la Faculté de droit obtint de l'administration qu'une succursale serait ouverte sur la rive droite. On créa donc en 1877, rue Malesherbes, 23, dans les annexes de l'Ecole Fénelon, un internat dont la direction fut confiée à M. l'abbé Girodon. Des cours de droit y furent faits par les professeurs suppléants, et un cours de droit naturel et de philosophie par le P. Bayonne. Mais les efforts tentés n'ayant pas réussi à grouper un nombre suffisant d'élèves, l'essai ne tarda pas à être abandonné et l'on s'en tint à l'idée d'un centre unique.

Peu de temps après la création de l'Université, le Saint-Siège avait exprimé le vœu, comme nous l'avons rapporté, qu'on y établit le plus tôt possible un enseignement théologique . En attendant que ce vœu put se réaliser, il avait demandé aux évoques fondateurs que le droit canonique fût au moins enseigné dans la Faculté de droit en môme temps que les lois civiles ; et l'assemblée générale s'était unanimement déclarée favorable à ce désir.

En face de ce projet, le doyen de la Faculté, M. Gonnelly, crut devoir faire des réserves. Il pensait que si cette nouvelle chaire était confiée, comme il était naturel, à un ecclésiastique, il serait difficile au doyen laïque de la Faculté de droit de contrôler son enseignement, môme au point de vue purement scientifique. Le nouveau professeur devrait être, à son avis, docteur tout à la fois en droit canon et en droit civil français, d'une doctrine très sure et d'une extrême prudence dans les critiques qu'il aurait à adresser à nos codes. Aussi préférait-il que cette chaire, destinée à être rattachée un jour à l'École théologique, restât provisoirement isolée, sous la seule autorité de la Commission directrice. Son

avis fit impression sur les évèques, qui adoptèrent en principe la création de la chaire de droit canon, rattachée nominalement à la Faculté de droit, mais sans lien hiérarchique avec les autorités de cette Faculté (1). Le projet n'avait pu encore être mis à exécution, quand fut décidée la création d'une École théologique. C'était à elle qu'il appartenait de donner l'enseignement demandé par Rome. Aussi s'empressa- t-elle de le faire, et nous avons dit précédemment comment elle créa une chaire spéciale à cet effet.

S'il était peu favorable à l'entrée du droit canonique dans sa Faculté, le doyen nourrissait d'autres vues et méditait un autre genre d'extension de l'enseignement juridique.

Il avait exposé aux évoques réunis l'utilité de constituer, à côté des cours de droit proprement dit, qui ne s'écartent guère de la théorie pure, une série de cours professionnels, qui formeraient un enseignement pratique, une sorte d'école d'application, en vue de préparer les jeunes gens aux carrières administratives relevant du droit, telles que le notariat, l'enregistrement, l'administration, les finances, la diplomatie, les consulats, etc. Ces cours, d'une haute portée pratique, étendraient le cercle d'influence de l'Université et ne grèveraient pas sensiblement son budget, parce qu'ils donneraient lieu à une rétribution spéciale. Il suffirait de les créer successivement, suivant les occasions et les ressources, mais d'après un plan d'ensemble (2).

Dès ce moment, l'assemblée accepta en principe la création de deux de ces cours, ceux d'enregistrement et de législation industrielle. L'essai de cours d'enregistrement, organisé pour les aspirants au notariat, et confié

1. Assemblée générale des évoques, séance du 24 janvier 1877.

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