‹ L'Institut catholique de Paris, 1875-1901Chapitre 75 sur 112 · Ibid., séance du 31 juillet · texte numérisé non relu

Ibid., séance du 31 juillet

breux instruments, nulle part cependant il ne trouvait un ensemble d'appareils plus perfectionnés que ceux qui étaient mis à sa disposition. Plus de 80.000 francs dépensés en deux ans lui avaient permis de se procurer tous les instruments nécessaires, construits selon les derniers perfectionnements de la science (1).

Depuis cette époque, le cabinet a été tenu soigneusement au courant de toutes les inventions contemporaines, et ce qui n'est pas un petit mérite, beaucoup d'instruments ont été construits sur place, sur les dessins de M. Branly, avec le concours de son liabile préparateur, M. Gendron.

Pour la chimie, on installa, sous la direction de M. Lemoine, un triple laboratoire : un premier, pour la préparation des cours, un second pour les manipulations des candidats à la licence, et un troisième, destiné aux professeurs et aux aspirants au doctorat, en vue de leurs recherches scientifiques. Dès la première année, ces laboratoires s'enrichirent de plusieurs dons, consistant surtout en produits spéciaux de diverses usines, et plus particulièrement intéressants pour la chimie industrielle (2).

Quelques autres apports lui furent faits depuis, parmi lesquels nous citerons de précieux échantillons des produits obtenus par le célèbre professeur Frémy dans ses recherches sur la mine de platine et la synthèse du rubis, et qui furent offerts au laboratoire de l'Institut par son fils, M. le comte Edouard Frémy.

Une riche galerie de géologie et de minéralogie fut formée en peu d'années par les soins de M. de Lapparent, aidé de plusieurs autres savants, ses amis.

1. Assemblée générale des évoques, séances du 25 janvier 1877 et du 30 janvier 1878. Rapports de M. de Lapparent.

2. Assemblée générale des évoques, séance du 25 janvier 1877.

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Le point de départ des collections consista dans une série d'échantillons de minéraux et de fossiles qui avaient appartenu à l'École des Hautes Études ecclésiastiques, mais qui étaient loin de contenir tontes les espèces nécessaires pour les études de licence. On pourvut au plus pressé par quelques acquisitions faites à prix d'argent, puis les lacunes furent comblées, et au delà, par de généreux donateurs.

L'Institut doit un tribut particulier de reconnaissance à M. le marquis de Raincourt, à M. Ferrand de Missol et à M. Bayle, qui consacrèrent spontanément et par pur dévouement un temps considérable à l'organisation, au classement et à l'étiquetage des richesses qui n'avaient pas tardé à affluer sous leurs mains. M. de Raincourt, outre un don princier, poursuivit pendant dix ans, jusqu'à sa mort, avec une patience sans égale, ce délicat et minutieux travail. M. de Lapparent ne recula même pas devant la fatigue des voyages pour rechercher certains échantillons plus rares, et il trouva dans ses relations personnelles le moyen de faire de fructueux échanges.

Composée presque entièrement de dons volontaires, sans qu'il en coûtât rien aux finances de l'œuvre, cette galerie mérita d'attirer l'attention des connaisseurs, surtout comme instrument de travail pour les étudiants sérieux.

M. de Lapparent a lui-môme raconté la genèse de cette galerie dans le Bulletin de l'Institut (1).

« Il s'y rattache, dit-il, tout un ensemble de précieux souvenirs ; et la multitude des noms des donateurs inscrits sur les étiquettes est comme un hymne permanent en l'honneur de l'active charité des amis de l'Institut. Si

1. Histoire d'une collection, la Galerie de géologie cl de minéralogie à l'Institut catholique, in-8°, Poussielgue, 1891.

donc il fallait à notre galerie géologique une devise qui marquât bien son origine, on ne pourrait mieux faire que d'inscrire au-dessus de la porte : Ex omnium car it a te. »

En rendant à tous ces bienfaiteurs de l'Institut ce juste et délicat hommage, M. de Lapparent a pris soin de conserver leurs noms à la postérité.

Ne pouvant à notre grand regret les citer tous ici, nous croyons cependant devoir rappeler au moins, parmi ceux qui firent les dons les plus considérables :

M. Arnould, magistrat à Chàlons-sur-Marne, pour le don d'une collection complète de minéraux ;

M. Lallemand, pour 200 échantillons des roches d'Auvergne ;

Mlle Monestier-Savignat, de Clermont-Ferrand, pour 900 échantillons de minéraux recueillis par son père ;

M. de Lansac, pour plus de 1.500 échantillons de minéraux bien déterminés et très propres à l'enseignement :

M. Barrande, l'illustre géologue, dont la magnifique collection, le don le plus précieux en ce genre que l'Institut ait reçu, comprenant 1.900 échantillons de fossiles étiquetés avec un soin scrupuleux, représente d'une manière exceptionnelle les terrains anciens ;

M. Albert de Lapparent, M. Amédée Ferrand de Missol, M. le vicomte de Belle, M. Gatteau, d'Auxerre, M. Charles Barrois, de Lille, M. Farges, d'Angers, M. le marquis de Yibraye, M. Bioche, M. le marquis de Boys, pour des apports considérables de fossiles des terrains tertiaires ;

M. le marquis de Baincourt, pour plus de 450 espèces de fossiles des mêmes terrains ;

M. Baoul Tournouér, géologue très distingué, qui avait surtout collectionné les échantillons des terrains

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tertiaires de l'Aquitaine, et dont la collection fut donnée à l'Institut en 1883, par sa famille;

Mme Flottes, pour la riche collection de fossiles de son mari ;

M. l'abbé Le Nordez, MM. Bardin, Choyer, Jannel, de Marsilly, Morière et plusieurs savants étrangers, pour des apports très variés;

Mme veuve Martin de Moussy, pour 500 espèces de fossiles de la Touraine et des minéraux du Brésil ;

M. l'abbé Lambert et M. l'abbé Barges, pour des collections de fossiles d'une grande rareté ;

Mgr Grosleau, évoque d'Evreux, pour une riche collections d'oursins recueillis par M. l'abbé Sorignet, collection d'une haute valeur scientifique, qui appartenait au grand séminaire diocésain, et qui fut cédée à l'Institut en échange d'une collection de fossiles plus pratique pour l'enseignement ;

Enfin la famille de M. Charles Gloria, sous-chef de bureau au Ministère de l'agriculture. Ce savant modeste consacra ses loisirs pendant quarante ans à recueillir dans le bassin tertiaire de Paris, surtout dans les sables de Fontainebleau et d'Étampcs, et à classer avec une merveilleuse habileté une série d'invertébrés fossiles, qui n'a de similaire dans aucun établissement public, même le mieux outillé, et dont la famille Olmer-Gloria et ses autres héritiers firent présent à l'Institut catholique.

La collection de géologie fut divisée en deux parties, les roches et les fossiles.

Les différentes classes de roches furent rangées conformément aux travaux des pétrologistes les plus distingués. Elles comprennent actuellement environ 1.500 échantillons, dont 500 en tiroirs et 1.000 en vitrines. Ces derniers sont placés sur une monture spéciale qui les fait valoir et qui donne à la collection un aspect très flatteur.

La série des fossiles ne comprend pas moins de 38.000 échantillons, répartis sur environ 13.000 cartons, soigneusement étiquetés et rangés suivant l'ordre des terrains. On a chaque jour l'occasion de constater qu'ils font l'admiration des connaisseurs.

La collection des minéraux présente environ 3.000 pièces distinctes.

« Cantonnée, de propos délibéré, dans les limites des vrais besoins d'une Faculté, la Galerie n'est pas tombée dans les conditions d'un musée d'histoire naturelle, et elle a gagné cet inappréciable avantage d'être la seule en France, qui offre constamment aux regards, dans un ordre tout à fait didactique, ce qui convient pour les candidats à la licence, sans crainte d'égarer leur attention sur d'interminables séries d'échantillons (1). »

Les deux autres branches de l'histoire naturelle, la zoologie et la botanique, qui sont le complément de la géologie, avaient été aussi l'objet d'une attention soutenue de la part de M. Alix et de M. Tison.

Une allocation de 1.500 francs permit d'accroître immédiatement le premier fonds du cabinet de zoologie. Une collection de coquilles vivantes, due à la libéralité de M. l'abbé Lambert, une autre, offerte par Mlle Monestier-Savignat, ne tardèrent pas à s'y ajouter.

Ce cabinet s'enrichit rapidement de beaux échantillons des diverses espèces du règne animal, et de presque toutes les pièces nécessaires pour l'anatomie comparée. On peut y voir trois squelettes de l'homme de l'âge de pierre, découverts dans les grottes de Menton. Deux d'entre eux furent offerts par M. Bouvier. Ils sont placés sous vitrines, dans l'état où on les a trouvés,

1. De Lapparent, La Galerie de géologie et cl' minéralogie à l'Institut catholique.

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