‹ L'Institut catholique de Paris, 1875-1901Chapitre 76 sur 112 · I. 'ÉCOLE DES SCIENCES · texte numérisé non relu

I. 'ÉCOLE DES SCIENCES

accompagnés d'instruments de silex placés à côté d'eux et de débris d'étranges parures de coquillages.

M. Charles Courtheau, adjudant d'infanterie de marine. offrit depuis un groupe des serpents du Tonkin; et l'Œuvre de la Sainte-Enfance, une remarquable collection de coquillages vivants de la Nouvelle-Calédonie.

La botanique avait aussi sa part dans les libéralités des amis de l'Université. Pour remplacer l'herbier apporté de Provence par M. l'abbé Conil, longtemps négligé et devenu sans valeur, M. l'abbé Jourdan en avait offert un beaucoup plus riche. Une dame anglaise, Mme Shutlcword, veuve d'un savant botaniste, fit don d'une seconde collection, qui renferme toute la flore d'Europe et une partie de celle d'Amérique.

M. Baudoin et M. Mouillefarine firent aussi présent de plantes rares, et ce dernier ne recula pas devant le travail de classement de plus de 15.000 échantillons dont se composaient alors les divers herbiers. En même temps qu'il présidait à tout ce classement, M. le docteur Tison transformait le jardin de l'Université en un jardin botanique, où il arrivait à grouper jusqu'à 2.223 espèces diverses déplantes (1).

Tout entière aux recherches de laboratoire et aux travaux de l'enseignement, l'École des sciences offre peu d'événements extérieurs capables de nourrir une chronique.

Elle éprouva, vers la fin de l'année 1881, une pénible secousse, qui mit en pleine évidence, sous les regards de tout le monde, combien il en coûte d'user de la liberté, de celle même qui est garantie par les lois. Deux professeurs de l'Ecole, M. de Lapparent et M. Lemoine, le premier, ingénieur au corps des Mines, et le second,

i. Assemblée générali» des évêques du 30 janvier 1878. Rapport do M. de Lapparent, 1878.

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ingénieur des Ponts et Chaussées et examinateur à l'École polytechnique, furent mis en demeure parle Ministre de l'instruction publique, M. Jules Ferry, d'opter entre leur carrière officielle et leur place de professeur à l'Institut catholique. M. de Lapparent eut le généreux courage de sacrifier sa carrière officielle pour rester fidèle à la religion et à la liberté. M. Lemoine, ami de la première heure, maître éprouvé et chrétien fidèle, n'aurait pas hésité à faire le môme sacrifice, si les conseils paternels du vénérable cardinal Guibert ne l'eussent prémuni contre les élans de son désintéressement. Il emporta, en se retirant, l'estime de tous les gens de bien et l'affection de tous ses collègues (1). Ces deux persécutés devaient avoir l'honneur et la joie de se retrouver plus tard sous la coupole de l'Institut de France.

Après la retraite de M. Lemoine, aucun successeur ne lui fut immédiatement donné, et, pendant deux ans, les élèves durent suivre, en Sorbonne, les cours de chimie et d'analyse chimique.

Mais, dès 1883, l'enseignement de la chimie fut repris par un de ses anciens élèves, M. l'abbé Godefroy, qui commença par de simples conférences et devint titulaire de la chaire dès qu'il eut conquis son diplôme de docteur.

L'enseignement des sciences naturelles n'étant plus représenté, depuis 1880, que par le cours de géologie, ce vide se faisait péniblement sentir, surtout parmi les élèves ecclésiastiques. Mgr d'Hulst, qui ne manquait aucune occasion d'exprimer ses regrets pour les suppressions opérées à la suite de la loi du 18 mars 1880, profita de cet état d'insuffisance pour proposer aux évêques réunis le 18 novembre 1886, de reprendre cet enseignement sous une forme un peu différente et

1. Assemblée générale des évêques, juillet 1881. Rapport du recteur.

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de rendre h l'Ecole des sciences son titre de Faculté.

« L'absence de tout enseignement des sciences naturelles, leur dit-il, est grandement à regretter. La commission a préparé un projet qui consisterait à organiser des cours de zoologie et de botanique sur le plan du cours abrégé de géologie que M. de Lapparent fait depuis trois ans. Cet enseignement s'achèverait en une seule année et aurait pour sanction un examen et un diplôme propres à notre Ecole. Les jeunes gens qui préparent chez nous la licence es sciences physiques, pourraient, en prolongeant d'une année seulement leur séjour, revenir dans leurs diocèses avec une formation scientifique complète, qui les mettrait h même d'enseigner tout le programme du baccalauréat es sciences et toute la partie scientifique du baccalauréat es lettres : grand avantage pour les collèges libres et les petits séminaires.

« Si NN. SS. les Evoques peuvent nous promettre quelques sujets pour suivre ce cours d'une année, nous avons en vue deux professeurs docteurs. A ce prix, nous serions en mesure de rendre à notre Ecole de sciences sa forme et son titre de Faculté, ce qui serait une excellente réponse aux craintes et au découragement de plusieurs. »

Le cardinal Guibert proposa de voter sur le principe. La commission devrait adresser une circulaire aux évoques pour savoir s'ils seraient disposés à envoyer quelques sujets, à la rentrée suivante, pour les sciences naturelles. Dans ce cas seulement les cours seraient rétablis et la Faculté reconstituée (1).

La proposition fut adoptée à l'unanimité. La circulaire fut envoyée ; mais elle ne donna pas les résultats attendus, et les cours de sciences naturelles ne furent pas rétablis, ni la Faculté des sciences relevée (2).

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